Peut-être n'était-ce pas limpide ? Mon propos se voulait éclaircir (sans mauvais jeu de mots) posément un débat où la contextualisation historique de la traite négrière était interprétée comme une négation de cette dernière :
« [...] Bon, là tu troll. Sauf erreur (si ça existe je veux bien un exemple) il n'existe aucune société actuelle dont l'essor et la richesse ont été basés sur l'esclavage des blancs. L'esclavage des noirs a littéralement construit l'Occident[...]
[...] Je suis ravi de découvrir que l'Occident n'existe vraiment que depuis le XVIIIème siècle... »
[...]T'es tellement à côté de la plaque, je ne sais pas si tu mens sciemment ou si tu ne veux juste pas voir la réalité [...]
L'idée consistant simplement à souligner explicitement que l'esclavage pour autant qu'on (ou précisément que je) le sache est très généralisé sur toute la période historique de l'humanité et la surface de la planète.
Visiblement c'est raté puisque, pour vous, préciser ce rapport d'environ quatre cents à cinq mille (nonobstant les extensions spatiales et démographiques) semble revenir à zéro. Si le sujet était moins sinistre et plus propice à l'eutrapélie, je suggérerais bien une transition de Python2 vers Python3...
Tant que j'y suis, pourquoi ne pas aggraver mon cas en faisant remarquer l'évolution remarquable et salutaire des mentalités qui correspond à la traite négrière. Ne hurlez pas immédiatement, et laissez-moi expliquer :
Dans les sociétés esclavagistes il semble que la question de l'injustice de telles pratiques se soit toujours posé. Aussi loin que remonte mes connaissances en tous cas, soit environ mille ans avant Jésus-Christ. Le Pentateuque semble ainsi distinguer l'esclavage des Hébreux (toléré uniquement sous certaines conditions), et celui des étrangers ; sans donné les clefs des raisonnements président à l'établissement de ce distingo. La même distinction (mutatis mutandis) est opérée indépendamment par Aristote dans les politiques au IVème siècle avant J.-C. On peut imaginer que les causes/raisonnement aboutissant aux mêmes conclusion sont sensiblement les mêmes. Il justifie cela par la supériorité naturel du Grec sur le barbare.
Visiblement cette justification par le fait — un esclave est un esclave donc inférieur — a semblé suffire pendant bien longtemps. Puis on s'est mis à importer des esclaves noires. Voilà qui permettait à bon compte de substituer au distinguo faiblard d'Aristote (et à travers lui de tous les tenant de l'esclavagisme) une justification sensible : « les noirs (et pas mal d'autres au passage) sont des êtres inférieurs ; ça se voit ! » L'esclavagiste avait trouvé un élément concret pour justifier de la réification de sa victime.
Là ou progrès il y a peut-être selon moi, c'est dans l'apparition de ce besoin d'étayer un habitus devenu donc de toute évidence immoral (et donc dans la conscience de cette immoralité). Là ou Aristote pouvait se contenter de la satisfaction des loisirs acquis grâce à l'esclavage — c'est le fondement de son raisonnement ; la mentalité évoluant (trop lentement certes) condamnait plus fermement l'inacceptable et demandait une justification plus substantielle. C'était le début de la fin. Il fallu bien se rendre à l'évidence que les populations non européennes étaient tout aussi humaine que les autres.
En résumé, il me semble que le passage de l'esclavage généralisé à l'esclavage sur la base de différences ethniques marquées peut être interprété comme un signal de l'évolution des mentalités en direction de l'abolition. Non sans victimes, atermoiements, et exceptions encore trop nombreuses, malheureusement.
[^] # Re: Plus gros problème du libre
Posté par ǝpɐןƃu∀ nǝıɥʇʇɐW-ǝɹɹǝıԀ (site web personnel) . En réponse au journal Richard Stallman, l'affaire Epstein et des positions franchement douteuses. Évalué à 5.
Peut-être n'était-ce pas limpide ? Mon propos se voulait éclaircir (sans mauvais jeu de mots) posément un débat où la contextualisation historique de la traite négrière était interprétée comme une négation de cette dernière :
L'idée consistant simplement à souligner explicitement que l'esclavage pour autant qu'on (ou précisément que je) le sache est très généralisé sur toute la période historique de l'humanité et la surface de la planète.
Visiblement c'est raté puisque, pour vous, préciser ce rapport d'environ quatre cents à cinq mille (nonobstant les extensions spatiales et démographiques) semble revenir à zéro. Si le sujet était moins sinistre et plus propice à l'eutrapélie, je suggérerais bien une transition de Python2 vers Python3...
Tant que j'y suis, pourquoi ne pas aggraver mon cas en faisant remarquer l'évolution remarquable et salutaire des mentalités qui correspond à la traite négrière. Ne hurlez pas immédiatement, et laissez-moi expliquer :
Dans les sociétés esclavagistes il semble que la question de l'injustice de telles pratiques se soit toujours posé. Aussi loin que remonte mes connaissances en tous cas, soit environ mille ans avant Jésus-Christ. Le Pentateuque semble ainsi distinguer l'esclavage des Hébreux (toléré uniquement sous certaines conditions), et celui des étrangers ; sans donné les clefs des raisonnements président à l'établissement de ce distingo. La même distinction (mutatis mutandis) est opérée indépendamment par Aristote dans les politiques au IVème siècle avant J.-C. On peut imaginer que les causes/raisonnement aboutissant aux mêmes conclusion sont sensiblement les mêmes. Il justifie cela par la supériorité naturel du Grec sur le barbare.
Visiblement cette justification par le fait — un esclave est un esclave donc inférieur — a semblé suffire pendant bien longtemps. Puis on s'est mis à importer des esclaves noires. Voilà qui permettait à bon compte de substituer au distinguo faiblard d'Aristote (et à travers lui de tous les tenant de l'esclavagisme) une justification sensible : « les noirs (et pas mal d'autres au passage) sont des êtres inférieurs ; ça se voit ! » L'esclavagiste avait trouvé un élément concret pour justifier de la réification de sa victime.
Là ou progrès il y a peut-être selon moi, c'est dans l'apparition de ce besoin d'étayer un habitus devenu donc de toute évidence immoral (et donc dans la conscience de cette immoralité). Là ou Aristote pouvait se contenter de la satisfaction des loisirs acquis grâce à l'esclavage — c'est le fondement de son raisonnement ; la mentalité évoluant (trop lentement certes) condamnait plus fermement l'inacceptable et demandait une justification plus substantielle. C'était le début de la fin. Il fallu bien se rendre à l'évidence que les populations non européennes étaient tout aussi humaine que les autres.
En résumé, il me semble que le passage de l'esclavage généralisé à l'esclavage sur la base de différences ethniques marquées peut être interprété comme un signal de l'évolution des mentalités en direction de l'abolition. Non sans victimes, atermoiements, et exceptions encore trop nombreuses, malheureusement.
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace