Je vais probablement avoir un avis radicalement opposé à la population de linuxFR, veuillez m'excuser par avance.
Je considère que l'Être Humain n'est pas quelqu'entité avec un état naturel sacré inaliénable. Je considère que l'Être Humain est social et, de fait, constitué en partie par la société à laquelle il appartient, et ce indépendamment de sa volonté individuelle.
Lorsque qu'il manque à quelqu'un une caractéristique naturelle humaine, on considère cela comme un handicap : pas de capacité à se déplacer avec ses jambes, pas de vision, surdité, etc. Il me semble consistant de considérer que lorsqu'il manque à quelqu'un une caractéristique sociale, on doit au même titre considérer cela comme un handicap. Exemples qui me viennent à l'esprit : ne pas savoir lire, ne pas parler le langage du pays dans lequel on habite, etc. Ces handicaps pouvant être liés à la technologie, comme l'incapacité à utiliser un ordinateur ou internet par exemple.
Il faut bien réaliser que ceci reste vrai si le handicap est choisi, pour l'exemple, la surdité qui est parfois choisie.
Notre société possédant en quasi-intégralité un smartphone, il ne me semble pas inconsistant de traiter l'absence de smartphone comme un handicap social.
Une fois cette catégorisation faite, tout semble beaucoup plus consistant. Lorsqu'on construit des infrastructures ou lorsqu'on propose un service, on s'assure que les handicapés puissent utiliser ces infrastructures ou services jusqu'à un certain point. Ce point étant un arbitrage politique et budgétaire : on veut que tout le monde ait les mêmes droits, mais on ne va pas sacrifier une trop grande partie de la population pour une minorité d'handicapés.
Par exemple l’accessibilité du logement aux PMR, à une époque l'arbitrage était "tout nouveau logement doit être accessible, mais pas de remise aux norme des anciens". Donc on avait un accès à du logement, mais pas la garantie extrême que tout PRM puisse loger partout. On remarque que l'arbitrage a changé récemment pour des raisons politiques/budgétaires, maintenant c'est "20% des nouveaux logements" (je crois). De même, certaines lignes de transports sont accessibles, mais pas toutes (ex, la majorité des métros parisiens), la mise à niveau étant longue et coûteuse, on a arbitré de ne le faire que sur une fraction des transports pour ne pas imposer un coût très fort à la collectivité, la contre-partie étant que les PRM ne peuvent pas prendre tous les transports.
Pourquoi les handicapés du smartphone ne seraient pas logés à la même enseigne ? On peut leur garantir le droit à un compte bancaire, mais pas forcément d'y avoir accès avec autant de facilité qu'un utilisateur de smartphone.
On peut étendre la notion de handicap socio-technologique à d'autres modes de vies : absence de compte bancaire (jusqu'à il y a quelques décennies, c'était encore courant de ne pas en avoir), non-utilisation de carte bancaire (idem - et on revoit ça apparaître par choix maintenant), non-utilisation d'ordinateur ou d'internet (rarement par choix, malheureusement), etc.
Bref. Voilà mon point de vue : c'est un handicap, choisi.
Et spécifiquement, je trouve que quitte à se battre pour l'accessibilité d'un handicap, il y a plus important que celui la. Après, je comprends que ce n'est pas parce qu'on dépense de l'énergie pour une cause qu'on serait prêt à en dépenser autant pour une autre, quand bien même soit-elle plus importante. Donc je n'en veux à personne. Je respecterais même plus la démarche comme une expérience sociale ou artistique en fait.
# L'absence de smartphone comme handicap
Posté par Vlobulle . En réponse au journal Dématérialisation de la carte vitale : Quid des accès aux soins?. Évalué à -3. Dernière modification le 27 avril 2019 à 15:58.
Je vais probablement avoir un avis radicalement opposé à la population de linuxFR, veuillez m'excuser par avance.
Je considère que l'Être Humain n'est pas quelqu'entité avec un état naturel sacré inaliénable. Je considère que l'Être Humain est social et, de fait, constitué en partie par la société à laquelle il appartient, et ce indépendamment de sa volonté individuelle.
Lorsque qu'il manque à quelqu'un une caractéristique naturelle humaine, on considère cela comme un handicap : pas de capacité à se déplacer avec ses jambes, pas de vision, surdité, etc. Il me semble consistant de considérer que lorsqu'il manque à quelqu'un une caractéristique sociale, on doit au même titre considérer cela comme un handicap. Exemples qui me viennent à l'esprit : ne pas savoir lire, ne pas parler le langage du pays dans lequel on habite, etc. Ces handicaps pouvant être liés à la technologie, comme l'incapacité à utiliser un ordinateur ou internet par exemple.
Il faut bien réaliser que ceci reste vrai si le handicap est choisi, pour l'exemple, la surdité qui est parfois choisie.
Notre société possédant en quasi-intégralité un smartphone, il ne me semble pas inconsistant de traiter l'absence de smartphone comme un handicap social.
Une fois cette catégorisation faite, tout semble beaucoup plus consistant. Lorsqu'on construit des infrastructures ou lorsqu'on propose un service, on s'assure que les handicapés puissent utiliser ces infrastructures ou services jusqu'à un certain point. Ce point étant un arbitrage politique et budgétaire : on veut que tout le monde ait les mêmes droits, mais on ne va pas sacrifier une trop grande partie de la population pour une minorité d'handicapés.
Par exemple l’accessibilité du logement aux PMR, à une époque l'arbitrage était "tout nouveau logement doit être accessible, mais pas de remise aux norme des anciens". Donc on avait un accès à du logement, mais pas la garantie extrême que tout PRM puisse loger partout. On remarque que l'arbitrage a changé récemment pour des raisons politiques/budgétaires, maintenant c'est "20% des nouveaux logements" (je crois). De même, certaines lignes de transports sont accessibles, mais pas toutes (ex, la majorité des métros parisiens), la mise à niveau étant longue et coûteuse, on a arbitré de ne le faire que sur une fraction des transports pour ne pas imposer un coût très fort à la collectivité, la contre-partie étant que les PRM ne peuvent pas prendre tous les transports.
Pourquoi les handicapés du smartphone ne seraient pas logés à la même enseigne ? On peut leur garantir le droit à un compte bancaire, mais pas forcément d'y avoir accès avec autant de facilité qu'un utilisateur de smartphone.
On peut étendre la notion de handicap socio-technologique à d'autres modes de vies : absence de compte bancaire (jusqu'à il y a quelques décennies, c'était encore courant de ne pas en avoir), non-utilisation de carte bancaire (idem - et on revoit ça apparaître par choix maintenant), non-utilisation d'ordinateur ou d'internet (rarement par choix, malheureusement), etc.
Bref. Voilà mon point de vue : c'est un handicap, choisi.
Et spécifiquement, je trouve que quitte à se battre pour l'accessibilité d'un handicap, il y a plus important que celui la. Après, je comprends que ce n'est pas parce qu'on dépense de l'énergie pour une cause qu'on serait prêt à en dépenser autant pour une autre, quand bien même soit-elle plus importante. Donc je n'en veux à personne. Je respecterais même plus la démarche comme une expérience sociale ou artistique en fait.
Voilou :-)