Les 50% c'est cette partie : "entre 500 et 1000 Mrds de dollars en numéraire en circulation (et dix fois plus en monnaie électronique), pour 5000 Mdrs échangés par jour rien que sur les marchés financiers" : les 5000 par rapport aux 1000x10.
Pour le rapport (numérique) entre le finance et l'économie réelle je ne sais pas. Une partie des opérations financières sert quand même à investir dans des sociétés, même si une très grosse partie doit consister en transactions ultérieures, effectivement. Je n'ai pas non plus compris cette partie de son raisonnement.
On peut faire une tentative avec le PIB par exemple, ce qui donnerait une limite (très) basse : le PIB des États-Unis est de 19377 milliards de dollars si j'en crois Wikipédia. On peut supposer que l'essentiel est payé en dollars, donc le niveau d'échange minimum du dollar pour de vraies transactions pourrait se situer autour de cette somme. 19377 / 365 = 53 milliards par jour. Comparé à 5-10.000 milliards en circulation (chiffres d'arnaudus), on est vers 0,5-1% par jour.
Sauf que c'est une valeur super-minimale :
- Les achats de nouvelles actions de sociétés ou les prêts en dollars (bons du Trésor, ...) sont des opérations caractéristiques de la monnaie. À la limite même la spéculation sur des titres de sociétés pourrait être considérée comme une utilisation habituelle de monnaie (contrairement à la spéculation sur la monnaie elle-même, simplement échangée avec d'autres monnaies, c'est peut-être de ça que parlait arnaudus ?).
- Elle ne tient pas compte des dollars échangés ailleurs dans le monde (monnaie utilisée dans certaines transactions internationales ; d'un côté ce n'est pas nécessaire pour qualifier une monnaie, c'est un peu propre à certaines d'entre elles seulement, de l'autre des dollars ont été créés pour servir à ces échanges, donc il faut en tenir compte pour calculer le rapport entre les échanges et la monnaie existante).
- En se concentrant sur le PIB (soit la somme des valeurs ajoutées, pas des transactions), j'ai considéré qu'on achetait systématiquement un produit réalisé par une seule société ou personne. En pratique j'achète du pain à un boulanger, qui a acheté de la farine, de l'eau et de l'énergie à d'autres, et ainsi de suite : le prix total du pain (qui correspond à sa valeur ajoutée totale) a été échangé plusieurs fois entre les producteurs (plusieurs transactions, pour une somme de x fois le prix du pain). Plus le produit est complexe et plus il y a d"intermédiaires et plus ce facteur est élevé. Je ne sais pas s'il existe des chiffres pour l'estimer. On porterait sans doute le pourcentage précédent vers quelques % par jour, j'imagine (sans tenir compte des points précédents, juste pour le calcul basé sur le PIB).
J'ai sans doute oublié d'autres utilisations de la monnaie, donc les valeurs doivent être supérieures.
Côté bitcoin, il y a clairement beaucoup de spéculation dessus, le taux d'utilisation pour des transactions réelles devrait être très inférieur aux 0,5% annoncés.
Ceci étant dit, le fait qu'une monnaie soit beaucoup utilisée ou non ne me paraît pas très utile pour déterminer si c'est une monnaie ou non. Elle peut ne pas être très utilisée parce qu'elle sert à entasser de l'argent ou bien parce qu'elle sert de monnaie occasionnelle.
Sauf qu'on peut observer le cours du bitcoin et se dire qu'il n'a rien à voir avec celui d'une monnaie d'échange : ses variations sont clairement dues à la spéculation. Ce n'est pas le cas des monnaies réelles : le fait qu'on puisse les échanger massivement contre de vrais biens et services, à grande échelle, leur donne en quelque sorte une "valeur réelle" (floue bien sûr). Un dollar ne pourrait pas se mettre à valoir 10 euros (ou même plusieurs euros), sauf choc économique majeur bien sûr. Tout simplement parce que si c'était le cas tous les possesseurs de dollars changeraient leurs dollars en euros pour acheter des biens, services, actions ou autres en euros, ce qui ferait chuter le cours du dollar par rapport à l'euro.
Plusieurs facteurs déterminent le cours des monnaies réelles, que je n'ai pas tous en tête, mais ça inclut assez largement ce qu'on peut acheter avec et la quantité de monnaie en circulation, contrôlée par la banque centrale. Pour le bitcoin, le fait que la masse monétaire ne soit pas contrôlée pose des problèmes de régulation de l'ensemble (les banquiers centraux régulent l'évolution de la valeur d'une monnaie réelle, ce qui est un point important) ; et l'évolution des cours laisse supposer que c'est surtout utilisé pour de la spéculation, sinon dès que son cours augmente trop par rapport au dollar tout le monde le vendrait pour acheter des dollars. Qui utilise une monnaie qui ne permet pas d'acheter à manger alors que son cours varie autant par rapport aux monnaies réelles/traditionnelles ? Être payé dans une monnaie dont le cours fluctue aussi violemment n'est possible que si elle permet réellement d'acheter des biens et services importants ou si on fait de la spéculation dessus.
Les monnaies traditionnelles sont des monnaies réelles parce qu'elles sont les monnaies de pays (avec des individus qui s'en servent pour leurs échanges, à grande échelle) et (dans une moindre mesure) qu'une banque régule leur valeur.
Concernant les monnaies sans banque centrale : le fait que personne de bien identifié ne puisse influer sur la monnaie ne signifie pas que personne ne peut influer dessus ou que la situation est meilleure du point de vue des citoyens (comme pour n'importe quel autre marché, sauf que la monnaie a un rôle important dans toute l'économie). Que ce soit le rêve d'anarcho-capitalistes je comprends, que ça fasse rêver les rebelles de gauche je n'ai jamais bien compris : si on peut identifier des problèmes avec le système financier ce serait plutôt qu'il n'est pas assez / pas bien régulé, que les banquiers sont trop libres de faire ce qu'ils veulent : retirer aux banques centrales le contrôle du cours de la monnaie ne va pas changer tout ça.
[^] # Re: Le problème majeur du Bt est qu'il ne s'échange pas, ce n'est pas une monnaie
Posté par ylsul . En réponse au journal Le Bitcoin va-t-il détruire la planète ? Contre‐point. Évalué à 3.
Les 50% c'est cette partie : "entre 500 et 1000 Mrds de dollars en numéraire en circulation (et dix fois plus en monnaie électronique), pour 5000 Mdrs échangés par jour rien que sur les marchés financiers" : les 5000 par rapport aux 1000x10.
Pour le rapport (numérique) entre le finance et l'économie réelle je ne sais pas. Une partie des opérations financières sert quand même à investir dans des sociétés, même si une très grosse partie doit consister en transactions ultérieures, effectivement. Je n'ai pas non plus compris cette partie de son raisonnement.
On peut faire une tentative avec le PIB par exemple, ce qui donnerait une limite (très) basse : le PIB des États-Unis est de 19377 milliards de dollars si j'en crois Wikipédia. On peut supposer que l'essentiel est payé en dollars, donc le niveau d'échange minimum du dollar pour de vraies transactions pourrait se situer autour de cette somme. 19377 / 365 = 53 milliards par jour. Comparé à 5-10.000 milliards en circulation (chiffres d'arnaudus), on est vers 0,5-1% par jour.
Sauf que c'est une valeur super-minimale :
- Les achats de nouvelles actions de sociétés ou les prêts en dollars (bons du Trésor, ...) sont des opérations caractéristiques de la monnaie. À la limite même la spéculation sur des titres de sociétés pourrait être considérée comme une utilisation habituelle de monnaie (contrairement à la spéculation sur la monnaie elle-même, simplement échangée avec d'autres monnaies, c'est peut-être de ça que parlait arnaudus ?).
- Elle ne tient pas compte des dollars échangés ailleurs dans le monde (monnaie utilisée dans certaines transactions internationales ; d'un côté ce n'est pas nécessaire pour qualifier une monnaie, c'est un peu propre à certaines d'entre elles seulement, de l'autre des dollars ont été créés pour servir à ces échanges, donc il faut en tenir compte pour calculer le rapport entre les échanges et la monnaie existante).
- En se concentrant sur le PIB (soit la somme des valeurs ajoutées, pas des transactions), j'ai considéré qu'on achetait systématiquement un produit réalisé par une seule société ou personne. En pratique j'achète du pain à un boulanger, qui a acheté de la farine, de l'eau et de l'énergie à d'autres, et ainsi de suite : le prix total du pain (qui correspond à sa valeur ajoutée totale) a été échangé plusieurs fois entre les producteurs (plusieurs transactions, pour une somme de x fois le prix du pain). Plus le produit est complexe et plus il y a d"intermédiaires et plus ce facteur est élevé. Je ne sais pas s'il existe des chiffres pour l'estimer. On porterait sans doute le pourcentage précédent vers quelques % par jour, j'imagine (sans tenir compte des points précédents, juste pour le calcul basé sur le PIB).
J'ai sans doute oublié d'autres utilisations de la monnaie, donc les valeurs doivent être supérieures.
Si on s'en tient aux actions échangées (ce qui inclut sans doute pas mal de spéculation, mais on peut considérer que c'est une utilisation habituelle de monnaie), il semblerait que les sommes échangées soient à nouveau proches des 0,5-1% par jour (https://fr.statista.com/statistiques/570729/principales-places-boursieres-internationales-dans-le-monde-en--par-montant-des-actions-echangees/ ; attention, la page n'indique pas que toutes ces transactions ont été réalisées en dollars, mais ça donne une idée de l'ordre de grandeur).
Côté bitcoin, il y a clairement beaucoup de spéculation dessus, le taux d'utilisation pour des transactions réelles devrait être très inférieur aux 0,5% annoncés.
Ceci étant dit, le fait qu'une monnaie soit beaucoup utilisée ou non ne me paraît pas très utile pour déterminer si c'est une monnaie ou non. Elle peut ne pas être très utilisée parce qu'elle sert à entasser de l'argent ou bien parce qu'elle sert de monnaie occasionnelle.
Sauf qu'on peut observer le cours du bitcoin et se dire qu'il n'a rien à voir avec celui d'une monnaie d'échange : ses variations sont clairement dues à la spéculation. Ce n'est pas le cas des monnaies réelles : le fait qu'on puisse les échanger massivement contre de vrais biens et services, à grande échelle, leur donne en quelque sorte une "valeur réelle" (floue bien sûr). Un dollar ne pourrait pas se mettre à valoir 10 euros (ou même plusieurs euros), sauf choc économique majeur bien sûr. Tout simplement parce que si c'était le cas tous les possesseurs de dollars changeraient leurs dollars en euros pour acheter des biens, services, actions ou autres en euros, ce qui ferait chuter le cours du dollar par rapport à l'euro.
Plusieurs facteurs déterminent le cours des monnaies réelles, que je n'ai pas tous en tête, mais ça inclut assez largement ce qu'on peut acheter avec et la quantité de monnaie en circulation, contrôlée par la banque centrale. Pour le bitcoin, le fait que la masse monétaire ne soit pas contrôlée pose des problèmes de régulation de l'ensemble (les banquiers centraux régulent l'évolution de la valeur d'une monnaie réelle, ce qui est un point important) ; et l'évolution des cours laisse supposer que c'est surtout utilisé pour de la spéculation, sinon dès que son cours augmente trop par rapport au dollar tout le monde le vendrait pour acheter des dollars. Qui utilise une monnaie qui ne permet pas d'acheter à manger alors que son cours varie autant par rapport aux monnaies réelles/traditionnelles ? Être payé dans une monnaie dont le cours fluctue aussi violemment n'est possible que si elle permet réellement d'acheter des biens et services importants ou si on fait de la spéculation dessus.
Les monnaies traditionnelles sont des monnaies réelles parce qu'elles sont les monnaies de pays (avec des individus qui s'en servent pour leurs échanges, à grande échelle) et (dans une moindre mesure) qu'une banque régule leur valeur.
Concernant les monnaies sans banque centrale : le fait que personne de bien identifié ne puisse influer sur la monnaie ne signifie pas que personne ne peut influer dessus ou que la situation est meilleure du point de vue des citoyens (comme pour n'importe quel autre marché, sauf que la monnaie a un rôle important dans toute l'économie). Que ce soit le rêve d'anarcho-capitalistes je comprends, que ça fasse rêver les rebelles de gauche je n'ai jamais bien compris : si on peut identifier des problèmes avec le système financier ce serait plutôt qu'il n'est pas assez / pas bien régulé, que les banquiers sont trop libres de faire ce qu'ils veulent : retirer aux banques centrales le contrôle du cours de la monnaie ne va pas changer tout ça.