• [^] # Re: Le petit XKCD du jour

    Posté par . En réponse au journal web. Évalué à 1.

    notre cerveau à tendance à s'interdire toute forme de pensée contestataire.

    Sur le fond, la déclaration des droits de l'Homme te garantit des droits, mais elle n'oblige pas l'État à te mettre dans les conditions psychologiques idéales pour les faire valoir.

    J'ai du mal à marcher dans de tels arguments. C'est un peu comme de dire que l'abondance de publicités nuit à ta liberté, parce qu'elle te conditionne à acheter telle ou telle marque et donc modifie ton libre arbitre. Honnêtement, c'est sans fin. Si on accepte de tels arguments, la seule conclusion acceptable serait que la liberté n'est garantie que si tu vis seul en ermite sans aucun moyen de communication avec l'extérieur ni sans aucun livre à lire, puisque toute discussion, échange d'argument, débat politique, etc., sont des moyens de modifier tes opinions, et donc d'altérer ton libre arbitre.

    J'ai surtout entendu ce genre de raisonnement chez des gens très contestataires envers la société (anticapitalistes, autonomistes...) ; l'idée sert en général à justifier pourquoi la société n'appuie pas leur démarche. La rhétorique sous-jacente, c'est «s'ils étaient mis dans les bonnes conditions, la majorité de la population partagerait mon point de vue et soutiendrait mes opinions contestataires»; autrement dit, ça revient à nier le libre-arbitre des autres afin d'expliquer pourquoi on se sent seul à s'indigner, contester, se battre contre le système et contre une (pseudo?) oppression.

    Au passage, l'argument est de facto contradictoire. À ma connaissance, les gens qui ont le plus le sentiment d'être surveillés (par Google, par l'État, par leur FAI...) sont aussi ceux qui sont les plus activement contestataires.