• # Mainteneur, communauté et BÉPO

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal 6 ans de projets libres: bilan et bien être du mainteneur. Évalué à 8.

    Hello,

    J'apporte mon grain de sel à ce journal, parce que si les projets et technologies sont différentes de mon expérience, j'ai l'impression que le ressenti est proche.

    Maintenir un projet

    Entre l'automne 2014 et l'été 2016, j'ai été « directeur technique » de Zeste de Savoir. C'est un bien grand terme pour dire que mon rôle était de gérer la cohérence technique du projet et à s'assurer qu'il avance (et des fois à coder moi-même).

    Mais même comme ça, avec une association derrière et pas mal de contributeurs motivés, l'effet d'usure se fait sentir. Parce qu'on a l'impression de tourner en rond, que la gestion prends du temps, parce qu'on a envie de passer à autre chose.

    Il faut savoir passer la main (c'est difficile) et surtout savoir la passer avant qu'il ne soit trop tard (c'est encore plus difficile). Parce que l'usure est un processus lent et pernicieux : au bout d'un moment, gérer le projet devient une routine, et tout à coup on se rends compte qu'on ne peut plus y participer sans râler, ou qu'on y va qu'à reculons – et là il est plus que temps de partir avant que quelque chose casse, soit chez soi (cf les cas de burnout), soit dans le projet.

    Et je ne parle même pas de la gestion de l'humain, qui devient catastrophique quand l'usure arrive (déjà que personnellement je ne suis pas bon là-dedans et déteste ça). Et un projet où chaque PR ou issue peut devenir un conflit sans prévenir, c'est pas terrible (heureusement, on a limité la casse de ce point de vue sur Zeste de Savoir).

    Un projet avec du monde derrière

    L'avantage de Zeste de Savoir, c'est qu'entre l'association et la communauté, il y a du monde pour développer. Généralement.

    Sauf que ça ne veut pas dire que trouver quelqu'un pour reprendre la gestion est facile. Il faut quelqu'un de confiance, qui partage la même ligne directrice, en qui on (l'association, en particulier) a totalement confiance, qui a le temps et la motivation de s'occuper tout ça.

    Quand je vois comme on a galéré pour trouver quelqu'un (deux personnes en fait, qui se partagent le travail), je me dis que pour tous ces projets petits en équipe de dev mais connus donc avec une vraie charge de travail, l'abandon du contributeur principal c'est probablement la mort du projet, sauf miracle.

    Mais comment faire en sorte que ces transitions se passent mieux ? Surtout que du côté développeur occasionnel, ou utilisateur du produit, le phénomène d'usure peut être complètement invisible – donc comment proposer son aide si on ne sait pas qu'il y a un besoin à ce niveau ?

    Je n'ai pas de réponse. Peut-être que l'organisation en associations et/ou communautés de développeurs pour rassembler la maintenance de projets semblables peut aider ? J'ai quand même un doute en pratique

    BÉPO

    Digression : je me suis aussi mis à BÉPO. On m'avait dit que c'était catastrophique pour développer. C'est vrai que taper de l'anglais n'est pas le plus agréable (le w est particulièrement inaccessible) ; mais au final je trouve que cette disposition est aussi bonne que AZERTY pour le développement (Java, Python principalement). Ou aussi mauvaise, comme vous voulez :)

    La connaissance libre : https://zestedesavoir.com