• [^] # Re: s/cloud/crime/

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal CloudFlare au milieu. Évalué à 10. Dernière modification le 07 octobre 2015 à 21:07.

    Il y a en effet plein de petits « dealers » sur la toile qui ont absolument besoin d’avoir une page html traditionelle, car il est très facile de monétiser une page web (publicité par exemple), et c’est là que cloudflare intervient.

    J’en profite donc pour partager une pensée personnelle à propos de bittorent que je vais employer comme exemple de « petit commerce ».

    En soit bittorrent est un outil neutre (je ne suis pas convaincu que tous les outils soient neutres, non, mais certains le sont, bittorrent est de ceux-là), mais par contre, le protocole bittorrent manque cruellement d’un mécanisme d’annonce de contenu.

    Et je pense que cet oubli (ou le fait que cette absence n’aie jamais été comblée) n’est pas anodin. En effet, même sans l’intégrer au protocole bittorrent, on aurait pu imaginer un réseau p2p faisant seulement office d’annuaire et voilà, un protocole à la façon du bon vieil emule, mais ne partageant que des « graines ». C’est techniquement très accessible. Mais voilà, ça n’existe pas ou cela semble très confidentiel.

    Tous les prédécesseurs de bittorrent (emule, kazaa, etc.) fournissaient un annuaire intégré, bittorrent ne le fait pas. J’ai comme l’impression que ce n’est pas une lacune involontaire : la « graine » d’un torrent est une information monnayable, et il y a une énorme industrie qui s’enrichit sur la fourniture d’annuaire de « graine » : publicité, proxy-captcha, etc.

    L’utilisateur de bittorrent est toujours obligé de passer par des portails qui sont tout sauf peer to peer, traditionnellement de bonnes vieilles pages html...

    Ainsi Bittorrent est une énorme régression, car il permet toute une industrie mafieuse que ne permet pas un réseau totalement décentralisé où les pairs annoncent aux pairs leurs fichiers : il n’y a plus seulement des individus qui s’échangent des fichiers, mais des « dealers » qui monétisent l’accès à l’échange de fichier.

    Avec bittorrent, puisqu’il faut passer par des annuaires centralisés pour récupérer les « graines », l’utilisateur qui télécharge illégalement un film (par exemple) n’est pas seulement hors la loi en téléchargeant le film, il est surtout complice d’une industrie.

    Et c’est là que cloudflare rentre en jeu. Je viens de faire un bref test que vous pouvez reproduire en toute légalité : installez et lancez tor browser, faites une recherche rapide sur le moteur de recherche par défaut avec le mot clé "torrent", vous devriez tomber sur une page référençant des annuaires de torrent, tentez d’accéder à autant d’annuaires que vous pouvez : vous n’aurez même pas besoin de rechercher un film ou n’importe quoi (jusqu’ici vous ne faites que naviguer et vous êtes toujours dans la légalité), et essayez de ne pas passer par cloudflare... essayez seulement...

    Et oui, la « personne » qui profite le plus de toutes ces activités illégales est probablement cloudflare.

    Bref, il y a des millions de sites qui essaient chacun de se faire de l’argent avec des pubs, en redistribuant des malwares, ou en faisant résoudre des captcha à leurs utilisateurs en les attirant avec des choses excitantes (films « piratés », etc.), et il y a une « personne » qui se sucre sur ces millions de petit business douteux : cloudflare.

    cloudflare a réussi à se placer comme fournisseur d’accès à tous ces petits dealers, c’est une forme de blanchiment au bénéfice de cloudflare seul (les petits dealers qui se nourrissent avec de l’argent sale paient leur accès à cloudflare, mais dans les mains de cloudflare, cet argent est propre).

    J’ai développé l’exemple du commerce de « graîne » bittorrent, mais on peut imaginer des tas d’autres scénarios du même type.

    ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes