• [^] # Re: Schism tracker

    Posté par . En réponse à la dépêche L’expression musicale sous GNU/Linux. Évalué à 7.

    Vous allez tous un peu loin là...

    Certains types de tracker utilisent effectivement des samples (échantillons sonores), mais là on n'est pas dans le cas de rap qui repiquent des extraits musicaux sur plusieurs secondes.

    Dans ce type de musiques, les instruments doivent être différencés donc il n'est pas évident de juste récupérer un extrait de disque. Et si on le fait, le son isolé doit être retravaillé une fois importé dans le tracker (définition des points d'arrêt, de la boucle).

    Et je ne sais pas si vous savez comment ça fonctionne pour les samples, mais pour créer les différentes notes, le son est interpolé. Par exemple si la note qu'on a pu isoler depuis un extrait sonore est un RÉ, le mieux est de la transposer un ton plus bas, vers le DO (merci audacity !), pour l'importer dans le tracker. Ensuite, on définit ce DO de base (ainsi que si on fait une boucle sur la fin pour que ça se répète de façon fluide si on maintient la note pendant 5 secondes alors que l'extrait de base ne fait qu'1/2 seconde), et si on joue la note MI, ça va interpoler le DO pour que ça sonne comme un MI. Sur une courte distance ça va, mais vous imaginez bien que si on interpole sur plusieurs octaves, sur un son spécifique comme un son de piano, ça ne va plus trop sonner très naturel.

    Mais depuis ImpulseTracker (et schism fonctionne comme ça), en plus d'un sample de base, on peut également définir des instruments, c'est à dire qu'on peut assigner plusieurs samples dans un même instrument, pour une meilleure définition (par exemple un sample par octave, ou même un sample par note).

    Tout ça pour dire que si on part d'un sample issu d'un disque d'un "ayant-droit", ça ne va non seulement plus se reconnaître (sauf si c'est pour repiquer une partie de la musique sur plusieurs secondes), mais en plus ça sera tellement anecdotique et ciblé que l'on ne saura pas si le véritable ayant droit est le compositeur d'origine, ou le facteur d'instrument (Roland, Yamaha...).

    Donc en général, pour utiliser des samples soit on les créé soi-même, soit on repique des sons et instruments déjà préparés depuis un autre morceau pour tracker. On en trouve des quantités ici : http://modarchive.org/

    Les puristes dédaignent un peu le repiquage de sons, mais c'est toléré. D'ailleurs c'est pas pire que d'utiliser des sons d'usine d'un synthé.

    Enfin, pour le cas des "chiptunes", à l'origine ça n'utilise pas de sample (même si en théorie ça a pu les englober par la suite, à l'arrivée de l'amiga), mais des sons synthétisés, donc ça dépend du tracker utilisé. Par exemple pour avoir des sons NES authentiques, il y a http://famitracker.com/ ou http://deflemask.com/ . Une fois la musique exportée en ROM, on peut la rejouer sur du matériel d'origine.

    On peut aussi utiliser des VST et autres synthés virtuels (il y en a pour LMMS) ou des samples similaires, mais ça sera moins "authentique".

    En parlant de ça, je viens de tomber sur ce concours, qui propose périodiquement de composer avec un unique synthé virtuel, il y en a parfois des libres dedans : https://sites.google.com/site/kvrosc/

    "Ce n'est pas à l'état de tout savoir sur ses citoyens, mais au citoyen de tout savoir sur l'état."