Sur ces données, combien étaient renseignées volontairement par l'utiliateur? Le niveau de fiabilité est très différent dans les deux cas. Tout ce qui est déduit du comportement de navigation n'est pas fiable, ça ne serait par exemple pas opposable devant un tribunal.
La NSA avait accès aux traces GPS, aux réseaux de personnes (untel est ami avec untelle sur Facebook, lui a envoyé un mail, un SMS ou l'a appelé par téléphone), aux historiques de sites consultés et plein d'autres choses. Ils sont intéressés par croiser les données : si une personne Américaine a passé des coups de fil vers l’Afghanistan, a téléphoné à d'autres personnes américaines pour lesquelles on pense qu'elles se sont radicalisés d'un point de vue religieux, qu'elle a commandé des câbles électriques sur Amazon et qu'elles consultent les sites web d'un paquet de magasins qui vendent de l'engrais, la NSA va se dire qu'elle prépare potentiellement un attentat et va envoyer le SWAT lui rendre une petite visite de courtoisie. Pour les personnes à l'étranger, les actions sont plutôt la torture à Guantánamo ou l'envoi de drones tueurs, pas les tribunaux. Un autre domaine qui intéresse beaucoup les services secrets est l'espionnage économique : ça peut être très intéressant de savoir que les dirigeants de deux grands groupes se sont retrouvées dans la même pièce au même moment.
Mais, encore une fois, l'espionnage par des États est une problématique différente de celles par les grandes sociétés de consommation. Il se trouve juste que la NSA a trouvé pratique de piocher dans les base de données des GAFAM et vu les montants investis là dedans, ça montre que ces bases de données ont beaucoup de valeur.
Oui, mais si on prend Firefox, c'est globalement la même chose.
Firefox est plus respectueux de la vie privée que Chrome (ou moins pire, selon le point de vue adopté). Ils essayent de s'améliorer mais c'est compliqué. Un des motto du web est d'assurer la compatibilité avec les sites existants : c'est toujours possible d'afficher dans la dernière version des navigateurs des sites qui ont été fait il y a 10 ou 20 ans. Et beaucoup de choses dans le monde du web ont été standardisées à une époque où on n'avait pas conscience des dérives possibles en termes de vie privée (par exemple, les cookies, ça date du siècle dernier). Enfin, les GAFAM ont des moyens bien supérieurs à ceux de Mozilla.
Pour Mozilla, il est important que Firefox conserve des parts de marché significatives pour pouvoir peser sur les standards dans le futur. Cela demande de consacrer beaucoup d'efforts aux performances, à l'implémentation des dernières nouveautés HTML5, CSS4, ES6+, etc. Et, au final, cela limite fortement ce que Firefox peut faire pour limiter les atteintes à la vie privée.
comme si Firefox obéissait plus à n'importe quelle demande d'un tiers plutôt qu'à son utilisateur.
J'aime beaucoup le texte "User-agent: moz://a" de Steve Klabnik à ce sujet. Il souhaite changer la vision de Firefox, passer d'un navigateur à un User-Agent, c'est-à-dire se recentrer sur être au service de l'utilisateur plus que sur un navigateur dont le rôle est de faire de ce que les sites web lui disent de faire.
[^] # Re: Manipulation
Posté par Bruno Michel (site web personnel) . En réponse à la dépêche Protéger sa vie privée sur le Web, exemple avec Firefox. Évalué à 8.
La NSA avait accès aux traces GPS, aux réseaux de personnes (untel est ami avec untelle sur Facebook, lui a envoyé un mail, un SMS ou l'a appelé par téléphone), aux historiques de sites consultés et plein d'autres choses. Ils sont intéressés par croiser les données : si une personne Américaine a passé des coups de fil vers l’Afghanistan, a téléphoné à d'autres personnes américaines pour lesquelles on pense qu'elles se sont radicalisés d'un point de vue religieux, qu'elle a commandé des câbles électriques sur Amazon et qu'elles consultent les sites web d'un paquet de magasins qui vendent de l'engrais, la NSA va se dire qu'elle prépare potentiellement un attentat et va envoyer le SWAT lui rendre une petite visite de courtoisie. Pour les personnes à l'étranger, les actions sont plutôt la torture à Guantánamo ou l'envoi de drones tueurs, pas les tribunaux. Un autre domaine qui intéresse beaucoup les services secrets est l'espionnage économique : ça peut être très intéressant de savoir que les dirigeants de deux grands groupes se sont retrouvées dans la même pièce au même moment.
Mais, encore une fois, l'espionnage par des États est une problématique différente de celles par les grandes sociétés de consommation. Il se trouve juste que la NSA a trouvé pratique de piocher dans les base de données des GAFAM et vu les montants investis là dedans, ça montre que ces bases de données ont beaucoup de valeur.
Firefox est plus respectueux de la vie privée que Chrome (ou moins pire, selon le point de vue adopté). Ils essayent de s'améliorer mais c'est compliqué. Un des motto du web est d'assurer la compatibilité avec les sites existants : c'est toujours possible d'afficher dans la dernière version des navigateurs des sites qui ont été fait il y a 10 ou 20 ans. Et beaucoup de choses dans le monde du web ont été standardisées à une époque où on n'avait pas conscience des dérives possibles en termes de vie privée (par exemple, les cookies, ça date du siècle dernier). Enfin, les GAFAM ont des moyens bien supérieurs à ceux de Mozilla.
Pour Mozilla, il est important que Firefox conserve des parts de marché significatives pour pouvoir peser sur les standards dans le futur. Cela demande de consacrer beaucoup d'efforts aux performances, à l'implémentation des dernières nouveautés HTML5, CSS4, ES6+, etc. Et, au final, cela limite fortement ce que Firefox peut faire pour limiter les atteintes à la vie privée.
J'aime beaucoup le texte "User-agent: moz://a" de Steve Klabnik à ce sujet. Il souhaite changer la vision de Firefox, passer d'un navigateur à un User-Agent, c'est-à-dire se recentrer sur être au service de l'utilisateur plus que sur un navigateur dont le rôle est de faire de ce que les sites web lui disent de faire.