C'est sur cette petite (enfin, petite ...) merveille que j'ai écris mes premiers programmes, en fortran, puis en assembler (appelé SPS, Symbolic Programming System).
Mémoire à tores de ferrite, cycle de 2 micro-secondes ! Je ne me souviens plus des KIPS (kilo instruction par seconde)... Entrées-sorties par ruban perforé, pour les plus riches par cartes perforées. Écriture sur une machine à écrire à boule, pour les plus riches, une imprimante allant à la vitesse incroyable de 100 lignes de 132 caractère à la minute.
Les nombres étaient stocké en décimal, sur 4 bits, codés en BCD. La machine ne savait, à proprement parler, ni additionner, ni, encore moins, multiplier (ne parlons pas de diviser). Elle utilisait une table dans les premières positions de mémoire, les additions et multiplications se faisait (par hardware) en double indexant la table avec les deux chiffres à additionner, même chose pour la multiplication. Je ne vous raconte pas ce qu'il se passait lorsqu'un bug venait détruire les tables d'addition / multiplication ... Mais, au surplus, cela avait un avantage : on pouvait construire un générateur de nombres, aléatoires pratiquement absolu en transférant dans les tables add/mul des résidus de mémoire (après avoir, bien évidemment sauvegardé ces tables, sauvegarde, et ensuite restauration, se faisaient avec une seule instruction). Bon, ces générateurs ne fournissaient pas de séries reproductibles et donc étaient difficiles à utiliser pour des méthodes de type Monte-Carlo.
La mémoire paraissait phénoménale (20.000 ou 40.000 chiffres décimaux). Cela permettait de faire des programmes relativement importants (sans graphisme bien entendu). L'un de mes premiers programmes était le calcul des trajectoires d'électrons dans des champs électro-magnétiques (optique électronique). Tout cela tenait en 2 programmes contenus dans 40.000 digits. Maintenant, il faudrait, au bas mot quelques dizaines de Mb, mais, en contrepartie, on aurait un zoli dessin illustrant les trajectoires. Bon, ce genre de programmes dans l'équivalent de 20 ko, comme disait l'autre, on ne savait pas que c'était impossible, alors on l'a fait.
Je pense que vous avez compris : un gros coup de nostalgie ... C'est cette machine qui a transformé l'ingénieur en génie électrique que j'étais en un ingénieur en informatique et qui a conditionné toute ma carrière.
À cette époque (en 1966), les copains de l'école d'ing me disaient : "tu es con, ne pars pas dans une impasse, d'ici 5-10 ans, les machines se programmeront elles-même". Lorsque l'on se rencontre, pour des bouffes d'anciens, je n'ai pas la cruauté de leur rappeler leurs prévisions, et encore moins de leur dire que j'ai, tout au long de ma carrière, gagné 3-4 fois plus que la majorité d'entre eux.
# IBM 1620
Posté par abgech . En réponse au sondage Mon processeur préféré ?. Évalué à 8.
Évidemment, cela date un peu : IBM 1620 ! (http://www.computerhistory.org/projects/ibm_1620/)
C'est sur cette petite (enfin, petite ...) merveille que j'ai écris mes premiers programmes, en fortran, puis en assembler (appelé SPS, Symbolic Programming System).
Mémoire à tores de ferrite, cycle de 2 micro-secondes ! Je ne me souviens plus des KIPS (kilo instruction par seconde)... Entrées-sorties par ruban perforé, pour les plus riches par cartes perforées. Écriture sur une machine à écrire à boule, pour les plus riches, une imprimante allant à la vitesse incroyable de 100 lignes de 132 caractère à la minute.
Les nombres étaient stocké en décimal, sur 4 bits, codés en BCD. La machine ne savait, à proprement parler, ni additionner, ni, encore moins, multiplier (ne parlons pas de diviser). Elle utilisait une table dans les premières positions de mémoire, les additions et multiplications se faisait (par hardware) en double indexant la table avec les deux chiffres à additionner, même chose pour la multiplication. Je ne vous raconte pas ce qu'il se passait lorsqu'un bug venait détruire les tables d'addition / multiplication ... Mais, au surplus, cela avait un avantage : on pouvait construire un générateur de nombres, aléatoires pratiquement absolu en transférant dans les tables add/mul des résidus de mémoire (après avoir, bien évidemment sauvegardé ces tables, sauvegarde, et ensuite restauration, se faisaient avec une seule instruction). Bon, ces générateurs ne fournissaient pas de séries reproductibles et donc étaient difficiles à utiliser pour des méthodes de type Monte-Carlo.
La mémoire paraissait phénoménale (20.000 ou 40.000 chiffres décimaux). Cela permettait de faire des programmes relativement importants (sans graphisme bien entendu). L'un de mes premiers programmes était le calcul des trajectoires d'électrons dans des champs électro-magnétiques (optique électronique). Tout cela tenait en 2 programmes contenus dans 40.000 digits. Maintenant, il faudrait, au bas mot quelques dizaines de Mb, mais, en contrepartie, on aurait un zoli dessin illustrant les trajectoires. Bon, ce genre de programmes dans l'équivalent de 20 ko, comme disait l'autre, on ne savait pas que c'était impossible, alors on l'a fait.
Je pense que vous avez compris : un gros coup de nostalgie ... C'est cette machine qui a transformé l'ingénieur en génie électrique que j'étais en un ingénieur en informatique et qui a conditionné toute ma carrière.
À cette époque (en 1966), les copains de l'école d'ing me disaient : "tu es con, ne pars pas dans une impasse, d'ici 5-10 ans, les machines se programmeront elles-même". Lorsque l'on se rencontre, pour des bouffes d'anciens, je n'ai pas la cruauté de leur rappeler leurs prévisions, et encore moins de leur dire que j'ai, tout au long de ma carrière, gagné 3-4 fois plus que la majorité d'entre eux.