Comme tu le dis bien, ça a un coût de faire les choses proprement, mais ne pas les faire proprement - ou ne pas les faire du tout - a aussi un coût.
Je pense que je n'ai jamais dit le contraire. C'est juste que le coût de ne pas chiffrer ses données est, pour la plupart des applications, négligeable. Et quand le coût de se faire piquer ses données n'est pas négligeable (par exemple, identifiants bancaires), le risque que ce problème arrive en se faisant pomper un disque dur est en général minime par rapport aux autres facteurs de risque.
Ma réaction initiale portait sur l'assertion "chiffrer c'est bien", qui pourrait induire en erreur beaucoup de gens. Je pense qu'un bon conseil, c'est justement de ne pas chiffrer son disque si on ne connait pas sur le bout des doigts les algos de chiffrement et la mise en oeuvre pratique. Chiffrer sans comprendre ce qu'on fait, c'est bien pire que de ne pas chiffrer.
Là, paf, partage d'expérience personnelle : à un moment (je ne sais pas si c'est toujours le cas), Ubuntu proposait de chiffrer par défaut le répertoire /home. Bercé de conseils du type "chiffrer c'est bien", je me mets à chiffrer toutes mes nouvelles installations. Sauf que le système adopté (je ne sais même pas quel algorithme était utilisé) se basait sur un triplet uid / login / password pour déchiffrer (je ne sais pas si c'est courant). Du coup, le jour où il a fallu bricoler les uid pour un partage nfs -> blam. Si c'est la première fois que le gag t'arrive, tu n'as évidemment pas noté les anciens uid. Évidemment qu'il fallait faire autrement, qu'il y avait certainement des manières de faire qui fonctionnent, mais ce que je veux dire, c'est que chiffrer les disques n'est pas du tout une opération transparente, même pour le bricolage de base. On peut aussi citer évidemment la récupération des données d'un disque sur une machine cassée, qui nécessite 2 journées de Googleage et tests quand on ne l'a jamais fait. Certaines fonctionnalités du système ne fonctionnent plus (par exemple, updatedb et locate quand les /home sont chiffrés). Bref, encore une fois, je vois l'intérêt de chiffrer un disque quand il existe des risques substantiels de se faire piquer des données critiques (et que le vol du disque est le moyen le plus pratique de piquer les données), mais ça concerne, quoi? quelques petits pourcents de la population? Le reste a 1000 fois plus de chances de se faire emm*der par des effets secondaires du chiffrage que de se faire piquer des données.
Honnêtement, si je perds mon portable, quelle est la probabilité que le petit malin qui le récupère ait la volonté de regarder mes données, plutôt que de le refourguer reformatté le plus vite possible? Quelle est la probabilité qu'il ait la volonté de booter la machine sur une clé USB avec un système qui sait lire ext4? Quelle est la probabilité qu'il passe plusieurs heures, voire plusieurs jours, à aller chercher à la main dans les répertoires critiques (profile Firefox? mailbox?) des informations confidentielles, sans avoir aucune idée de ce qu'il va trouver et de comment il pourrait les valoriser? Il va essyer de revendre quoi? Le contenu des centaines de fichiers qui s'appellent data.txt? Divulguer le code source de "launchscript.sh"? Mes cookies linuxfr? Je me trompe peut-être, mais j'estime que la probabilité que ça arrive dans la vraie vie est inférieure de plusieurs ordres de grandeur à, par exemple, être victime d'une usurpation d'identité par voie "classique" (sans ordinateur) ou d'une arnaque bancaire. Bien sûr, on peut jouer à chiffrer ses données, et c'est probablement très formatteur, mais il ne faut pas croire que c'est réellement utile.
[^] # Re: Pour finir, n'oublie que chiffrer, c'est bien.
Posté par arnaudus . En réponse au journal Truecrypt 7.1a déclaré relativement sûr. Évalué à 5.
Je pense que je n'ai jamais dit le contraire. C'est juste que le coût de ne pas chiffrer ses données est, pour la plupart des applications, négligeable. Et quand le coût de se faire piquer ses données n'est pas négligeable (par exemple, identifiants bancaires), le risque que ce problème arrive en se faisant pomper un disque dur est en général minime par rapport aux autres facteurs de risque.
Ma réaction initiale portait sur l'assertion "chiffrer c'est bien", qui pourrait induire en erreur beaucoup de gens. Je pense qu'un bon conseil, c'est justement de ne pas chiffrer son disque si on ne connait pas sur le bout des doigts les algos de chiffrement et la mise en oeuvre pratique. Chiffrer sans comprendre ce qu'on fait, c'est bien pire que de ne pas chiffrer.
Là, paf, partage d'expérience personnelle : à un moment (je ne sais pas si c'est toujours le cas), Ubuntu proposait de chiffrer par défaut le répertoire /home. Bercé de conseils du type "chiffrer c'est bien", je me mets à chiffrer toutes mes nouvelles installations. Sauf que le système adopté (je ne sais même pas quel algorithme était utilisé) se basait sur un triplet uid / login / password pour déchiffrer (je ne sais pas si c'est courant). Du coup, le jour où il a fallu bricoler les uid pour un partage nfs -> blam. Si c'est la première fois que le gag t'arrive, tu n'as évidemment pas noté les anciens uid. Évidemment qu'il fallait faire autrement, qu'il y avait certainement des manières de faire qui fonctionnent, mais ce que je veux dire, c'est que chiffrer les disques n'est pas du tout une opération transparente, même pour le bricolage de base. On peut aussi citer évidemment la récupération des données d'un disque sur une machine cassée, qui nécessite 2 journées de Googleage et tests quand on ne l'a jamais fait. Certaines fonctionnalités du système ne fonctionnent plus (par exemple, updatedb et locate quand les /home sont chiffrés). Bref, encore une fois, je vois l'intérêt de chiffrer un disque quand il existe des risques substantiels de se faire piquer des données critiques (et que le vol du disque est le moyen le plus pratique de piquer les données), mais ça concerne, quoi? quelques petits pourcents de la population? Le reste a 1000 fois plus de chances de se faire emm*der par des effets secondaires du chiffrage que de se faire piquer des données.
Honnêtement, si je perds mon portable, quelle est la probabilité que le petit malin qui le récupère ait la volonté de regarder mes données, plutôt que de le refourguer reformatté le plus vite possible? Quelle est la probabilité qu'il ait la volonté de booter la machine sur une clé USB avec un système qui sait lire ext4? Quelle est la probabilité qu'il passe plusieurs heures, voire plusieurs jours, à aller chercher à la main dans les répertoires critiques (profile Firefox? mailbox?) des informations confidentielles, sans avoir aucune idée de ce qu'il va trouver et de comment il pourrait les valoriser? Il va essyer de revendre quoi? Le contenu des centaines de fichiers qui s'appellent data.txt? Divulguer le code source de "launchscript.sh"? Mes cookies linuxfr? Je me trompe peut-être, mais j'estime que la probabilité que ça arrive dans la vraie vie est inférieure de plusieurs ordres de grandeur à, par exemple, être victime d'une usurpation d'identité par voie "classique" (sans ordinateur) ou d'une arnaque bancaire. Bien sûr, on peut jouer à chiffrer ses données, et c'est probablement très formatteur, mais il ne faut pas croire que c'est réellement utile.