• [^] # Re: ?

    Posté par . En réponse au journal Vote électronique : on continue avec Java. Évalué à 4.

    alternance ou pas. et rien ne dit qu'il serait obligatoire d'être dans la majorité que pour en bénéficier

    Je ne comprends pas le raisonnement. La mise en place démocratique des machines à voter nécessite l'accord de la majorité. Or, le raisonnement complotiste consiste à dire que si les élus votent en faveur des machines, ce n'est pas parce qu'ils sont stupides et qu'ils ne comprennent pas les risques, c'est parce qu'ils souhaitent frauder. Par conséquent, un complot visant à détourner la démocratie nécessite que la majorité des députés soient dans la combine, ainsi que les chefs de partis, le gouvernement, etc, et tout ça, sans qu'un seul membre de l'opposition ait le moindre doute. Ça, c'est du côté des politiques. Ensuite, il faut évidemment des complicités dans les services de l'État, dans les boites privées qui vont être impliquées dans le marché des machines à voter. Enfin, il faudra aussi évidemment contrôler les médias et les instituts de sondage, qui ne manqueraient pas de repérer les divergences entre les sondages et les résultats des élections. Et attention, il faut que tout ça soit fait de manière à ce que personne ne vende la mèche lors des périodes d'alternance, où l'autre parti est au pouvoir et contrôle les services de l'État.

    Sérieusement, j'ai l'impression encore une fois de discuter avec quelqu'un qui joue. Tu joues à te faire peur, alors qu'il me parait évident qu'il est totalement délirant d'imaginer un complot sur la base d'un tel scénario : ça ne tient pas une seconde, c'est mécaniquement, humainement, et logiquement impossible.

    Évidemment, ce qui est possible, c'est qu'un très faible nombre de personnes soutiennent les machines à voter pour tricher, et essayent de convaincre les autres en leur mentant. Mais on retombe alors dans l'hypothèse de l'incompétence ; les députés feraient leur choix parce qu'ils sont stupides et incompétents, ils seraient les victimes du complot et pas les instigateurs.

    comme à peu près tout ce n'est une question que de moyen.

    Non, ça ne marche pas comme ça—ou disons plutôt, que les moyens n'augmentent pas linéairement avec le nombre de personnes impliquées. Tu as un problème de taille, c'est qu'une part de la population est incorruptible. C'est une faible part—tu peux par exemple estimer la proportion réelle de résistants pendant une guerre, la proportion de médecins qui ne font pas de dépassements d'honoraires alors que leur cabinet est plein, la proportion de flics qui contactent l'IGPN au lieu de tremper dans les magouilles des collègues, etc. Mais dès que ton complot implique des dizaines de personnes, alors tu peux être certain qu'il n'est plus secret. Tu peux faire pression sur les familles, mais il te faut payer encore de nouvelles personnes, etc.

    Évidemment, il y a un truc que je ne peux pas prouver, c'est l'absence de gros complots tellement bien foutus que personne n'est au courant. Mais on ne peut pas prouver l'inexistance, donc ce n'est pas une faiblesse de mon argument. Par contre, tu devrais pouvoir argumenter tes propos en citant des gros complots "nationaux" ourdis par des politiques dans leur intérêt propre, et dévoilés seulement longtemps après. Je pense que ça n'existe pas—le seul cas ambigü serait celui de l'assassinat de JFK, mais ça serait potentiellement un complot majeur sur le plan politique, mais assez réduit en ce qui concerne les personnes impliquées, rien à voir avec le remplacement des urnes par des machines à voter.