Mais ils seront que l'adresse IP X.Y.W.Z est allé voir des articles sur Le Figaro portant exclusivement sur des mouvements syndicalistes, qu'il est allé régulièrement sur un forum de syndicalistes, qu'il va en même temps voir des vidéos pornographiques sur Youporn portant souvent les tags homosexuels, etc.
Certes, mais en quoi est-ce différent d'une banque, qui sait quand et où tu as dépensé de l'argent, qui est ton employeur, où tu pars en vacances, et qui sait avant ta femme quel cadeau tu lui as acheté? De ton assurance, qui sait tout de ta baraque, du nombre de km que tu fais avec ta voiture, de tes dépenses de santé, et de ton dossier médical si elle assure aussi ton crédit immobilier?
Ce que je veux dire, c'est que le monde est plein d'entreprises privées qui possèdent beaucoup, beaucoup de données sur toi. Rien que ton FAI connait plus de trucs sur toi que Google. Si le gouvernement s'intéresse à toi, il demande à ta banque, à la sécu, et à ton FAI, et il a toutes les données qu'il souhaite, et bien plus encore. La seule différence, c'est que tu n'est pas un vrai client de Google. Mais sur le fond, ça fait des décennies que des entreprises ont des données sur ta vie privée, et qu'il faut juste espérer qu'elles respectent la loi, qu'elles stockent bien ces données de manière à ce qu'un tiers ne puisse pas y accéder, etc.
Mais c'est planqué dans des recoins bien perdus et tu dois souvent le faire plusieurs fois suivant les services utilisés.
Je parlais des conditions d'utilisation de Google analytics, qui sont assez claires : il est dit que les cookies sont anonymes, qu'il est impossible de traquer les utilisateurs entre les sites, etc. Encore une fois, je ne nie pas que Google aurait la possibilité de recueillir toutes ces données s'il le voulait, et s'il ciblait particulièrement certains internautes. Mais ça ne pourrait se faire qu'au prix de mensonges énormes et de violation des lois sans commune mesure avec ce qu'il leur est reproché par les CNIL européennes, par exemple.
Avec beaucoup moins de budgets et de personnels, la NSA arrive à analyser près de 1% du trafic mondial. En tout cas des méta-données.
Je pense que c'est ça l'astuce : aucune entreprise ou organisation ne pourrait traiter autant de données, mais la NSA a des pouvoirs spéciaux : elle peut croiser les données traitées individuellement par les FAI, par Google, par les opérateurs télécom, etc. Ce n'est pas les données brutes qu'elle récupère, mais des données déja analysées—et ça, ça me parait tout à fait possible. Si tu sniffes internet au hasard, tu vas te taper des flux de streaming, des bouts de fichiers excel attachés à des emails dont tu n'as pas la fin... Le vrai défi, c'est l'analyse des données. Le fait de disposer de pétabytes de données brutes non contextualisées me semble finalement peu inquiétant, sauf pour l'analyse a posteriori.
[^] # Re: Qu'est-ce que la vie privée?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Comment réduire les attaques à notre vie privée sur le web. Évalué à 0.
Certes, mais en quoi est-ce différent d'une banque, qui sait quand et où tu as dépensé de l'argent, qui est ton employeur, où tu pars en vacances, et qui sait avant ta femme quel cadeau tu lui as acheté? De ton assurance, qui sait tout de ta baraque, du nombre de km que tu fais avec ta voiture, de tes dépenses de santé, et de ton dossier médical si elle assure aussi ton crédit immobilier?
Ce que je veux dire, c'est que le monde est plein d'entreprises privées qui possèdent beaucoup, beaucoup de données sur toi. Rien que ton FAI connait plus de trucs sur toi que Google. Si le gouvernement s'intéresse à toi, il demande à ta banque, à la sécu, et à ton FAI, et il a toutes les données qu'il souhaite, et bien plus encore. La seule différence, c'est que tu n'est pas un vrai client de Google. Mais sur le fond, ça fait des décennies que des entreprises ont des données sur ta vie privée, et qu'il faut juste espérer qu'elles respectent la loi, qu'elles stockent bien ces données de manière à ce qu'un tiers ne puisse pas y accéder, etc.
Je parlais des conditions d'utilisation de Google analytics, qui sont assez claires : il est dit que les cookies sont anonymes, qu'il est impossible de traquer les utilisateurs entre les sites, etc. Encore une fois, je ne nie pas que Google aurait la possibilité de recueillir toutes ces données s'il le voulait, et s'il ciblait particulièrement certains internautes. Mais ça ne pourrait se faire qu'au prix de mensonges énormes et de violation des lois sans commune mesure avec ce qu'il leur est reproché par les CNIL européennes, par exemple.
Je pense que c'est ça l'astuce : aucune entreprise ou organisation ne pourrait traiter autant de données, mais la NSA a des pouvoirs spéciaux : elle peut croiser les données traitées individuellement par les FAI, par Google, par les opérateurs télécom, etc. Ce n'est pas les données brutes qu'elle récupère, mais des données déja analysées—et ça, ça me parait tout à fait possible. Si tu sniffes internet au hasard, tu vas te taper des flux de streaming, des bouts de fichiers excel attachés à des emails dont tu n'as pas la fin... Le vrai défi, c'est l'analyse des données. Le fait de disposer de pétabytes de données brutes non contextualisées me semble finalement peu inquiétant, sauf pour l'analyse a posteriori.