Nulle part je n'ai lu dans les écrits de Catherine Vidal que "les hormones ont une influence complètement négligeables sur le comportement", au contraire, elle précise qu'elles peuvent y participer, mais pas à tous, ni nécessairement avec une grande influence. On sait qu'elles en ont par exemple sur les cycles sexuels et donc il est logique d'en observer sur les comportements associés.
Par contre, ce qui est dit très clairement c'est que les fonctions cognitives comme l'aptitude au langage, la logique, la réflexion, la mémoire, l'imagination etc. ne sont statistiquement pas corrélées au sexe. Donc il n'y a effectivement aucune raison de penser que filles et garçons aient des capacités techniques différentes. Mais plus loin encore, on ne trouve pour l'instant pas non plus de lien clair entre les hormones et "états d'âme" comme agressivité, dépression, nervosité, empathie... Ce qui est expliqué par le fait que le cortex pré-frontal, qui gère beaucoup de nos comportements, a très peu de récepteurs hormonaux, et que chez l'homme, tous les instincts sont tamponnés par l'éducation et l'apprentissage, aucun ne s'exprime à l'état "brut".
Du coup, je ne vois absolument aucune manière d'apporter la moindre réponse à la question d'un éventuel effet des hormones, qui ne saurait être que très très minime, s'il existe seulement, sur la "perception de la discipline informatique", donc en toute franchise, je ne vois pas l'intérêt de cette question.
Par contre, ce qui est certain, c'est que l'informatique n'est présentée qu'à des gens qui ont déjà été baignés depuis leur enfance dans une société qui pousse les individus à se "conformer" à un certain nombre d'idées reçues sur les capacités techniques de chacun, et l'on sait que cette influence sociale est réelle, voire handicapante. Là, oui, la "perception" de la discipline informatique est biaisée, mais pas par les hormones. Et ce biais s’auto-entretient : plus on répète à des gens qu'ils ne sont pas faits pour une activité, plus on augmente leur stress en rapport à cette activité et plus ils ont de chances d'échouer, ce qui conforte les observateurs de l'idée reçue. De multiples expériences ont été réalisées à ce sujet, notamment sur les rapports des filles aux maths.
Voici un exemple très classique de découragement pour l'informatique, raconté par un informaticien : http://www.mhfreq.org/2014/01/je-voudrais-parler-a-un-technicien/
Examiner ce genre de témoignage, imaginer des stratégies de communication pour faire cesser les idées reçues et les comportements sexistes éventuels à l'échelle de chacun me semble simplement beaucoup plus constructif que de s'interroger sur l'hypothétique influence d'hormones sur des différences qui n'ont simplement pas été observées. (je ne te visais pas particulièrement, c'était une observation générale sur le thème prépondérant des commentaires)
[^] # Re: Au sujet de la neurobiologie...
Posté par Aquilegia . En réponse à la dépêche Les femmes dans l'informatique. Évalué à 10. Dernière modification le 11 mars 2014 à 16:33.
Nulle part je n'ai lu dans les écrits de Catherine Vidal que "les hormones ont une influence complètement négligeables sur le comportement", au contraire, elle précise qu'elles peuvent y participer, mais pas à tous, ni nécessairement avec une grande influence. On sait qu'elles en ont par exemple sur les cycles sexuels et donc il est logique d'en observer sur les comportements associés.
Par contre, ce qui est dit très clairement c'est que les fonctions cognitives comme l'aptitude au langage, la logique, la réflexion, la mémoire, l'imagination etc. ne sont statistiquement pas corrélées au sexe. Donc il n'y a effectivement aucune raison de penser que filles et garçons aient des capacités techniques différentes. Mais plus loin encore, on ne trouve pour l'instant pas non plus de lien clair entre les hormones et "états d'âme" comme agressivité, dépression, nervosité, empathie... Ce qui est expliqué par le fait que le cortex pré-frontal, qui gère beaucoup de nos comportements, a très peu de récepteurs hormonaux, et que chez l'homme, tous les instincts sont tamponnés par l'éducation et l'apprentissage, aucun ne s'exprime à l'état "brut".
Du coup, je ne vois absolument aucune manière d'apporter la moindre réponse à la question d'un éventuel effet des hormones, qui ne saurait être que très très minime, s'il existe seulement, sur la "perception de la discipline informatique", donc en toute franchise, je ne vois pas l'intérêt de cette question.
Par contre, ce qui est certain, c'est que l'informatique n'est présentée qu'à des gens qui ont déjà été baignés depuis leur enfance dans une société qui pousse les individus à se "conformer" à un certain nombre d'idées reçues sur les capacités techniques de chacun, et l'on sait que cette influence sociale est réelle, voire handicapante. Là, oui, la "perception" de la discipline informatique est biaisée, mais pas par les hormones. Et ce biais s’auto-entretient : plus on répète à des gens qu'ils ne sont pas faits pour une activité, plus on augmente leur stress en rapport à cette activité et plus ils ont de chances d'échouer, ce qui conforte les observateurs de l'idée reçue. De multiples expériences ont été réalisées à ce sujet, notamment sur les rapports des filles aux maths.
Voici un exemple très classique de découragement pour l'informatique, raconté par un informaticien : http://www.mhfreq.org/2014/01/je-voudrais-parler-a-un-technicien/
Examiner ce genre de témoignage, imaginer des stratégies de communication pour faire cesser les idées reçues et les comportements sexistes éventuels à l'échelle de chacun me semble simplement beaucoup plus constructif que de s'interroger sur l'hypothétique influence d'hormones sur des différences qui n'ont simplement pas été observées. (je ne te visais pas particulièrement, c'était une observation générale sur le thème prépondérant des commentaires)