• [^] # Re: Déjà vu

    Posté par . En réponse au journal [trolldi] filtrage contre les maquereaux. Évalué à 8.

    De toute façon, toute relation marchande implique une contrainte, on ne peut pas faire de distinction libre/non libre dans ce cas là. C’est pour cela qu’il y a des lois qui définissent précisément ce qui est de l’ordre du marchand de ce qui ne peut l’être.

    Justement, c'est bien l'objet du débat. Si des femmes sont volontaires, pour de vrai, je ne vois aucune raison de les empêcher de faire ce qu'elles veulent.

    Même sans études, la non-liberté des prostituées est absolument évidente, du fait même que les femmes sont très majoritairement plus touchées que les hommes.

    Même sans études, la non-liberté des sage-femme est absolument évidente, du fait même que les femmes sont très majoritairement plus touchées que les hommes.
    Même sans études, la non-liberté des secrétaires est absolument évidente, du fait même que les femmes sont très majoritairement plus touchées que les hommes.
    Du coup je ne vois pas le rapport entre la majorité sont des femmes et c'est une preuve de non-liberté...

    Tu sais ce qui ne colle pas ici? C'est "touchées". "Touchées" part du principe que les femmes, encore une fois, sont victimes du métier de prostituée. Et ce qu'on se tue à dire depuis le début, c'est que ce n'est pas le cas de toutes les prostituées. Mais celles qui l'ont voulu et souhaitent le rester sont minoritaires, donc la justice pour elles, c'est pas important...

    Notez à ce sujet que les défenseurs de la prostitution émettent des arguments qui sont parfaitement pertinents pour l’esclavage par contrat (un homme pouvait se rendre esclave d’un autre pour rembourser une dette par exemple, esclavage qui existe encore... et qu’on peut retrouver dans la prostitution !). C’est un indice qu’ils sont foireux. Et ça montre l’état de barbarie de notre société actuelle : tous les poncifs réactionnaires pour justifier l’injustice y passent ("ça a toujours été", "je veux" sans me préoccuper du tort que ça peux causer, "puisque c’est pareil pour... alors il faut l’accepter aussi pour..."). De la nature des arguments utilisés, on sait tout de suite qui est de gauche et qui est de droite, pratique.

    Avant, le point Godwin, c'était à la mention d'Hitler et/ou des nazis. Mais grâce aux nouveaux grands influents de l'UMP, il suffit maintenant d'attendre que le "de droite" apparaisse dans la conversation.

    Tu souhaites réparer une grande injustice: aujourd'hui, les femmes ont le droit de se prostituer. C'est franchement dégueulasse, arrêtons ça au plus vite.

    Globalement, la liberté est une notion délicate et très subjective, il faut savoir qu’un maître, un exploiteur, ira toujours défendre sa liberté d’exploiter, d’être propriétaire (d’esclaves), d’avoir des services d’une prostituées, etc. L’égalité lève l’ambiguïté... (et les êtres humains sont libres si et seulement si ils peuvent se considérer à égalité, ce qui est de manière évidente faux dans une relation marchande et donc dans la prostitution).

    Tu considères qu'un homme qui paie les services d'une prostituée est un maître qui achète, ne serait-ce que provisoirement, une esclave.
    Faudrait déjà clarifier la notion d'esclave, parce que dans l'esclavagisme, il peut y avoir droit de vie ou de mort arbitraire du maître sur l'esclave, autrement dit: aucune limite.
    Je ne crois pas qu'on puisse dire ça d'une relation client-prostituée, même si on la paie très très cher!

    De plus, tu considères que dans une relation marchande, il n'y a pas d'égalité, et la prostituée est donc la partie faible, asservie.
    Est-ce que je peux dire qu'elle est l'esclavagiste au premier resto dans lequel elle rentre?

    Finalement, tu rates même le point essentiel qui te tiens le plus à cœur: est-ce que coller des amendes aux clients va améliorer, ne serait-ce qu'un tout petit peu, les conditions de vie des prostituées mises de force sur le trottoir?

    Indice:
    -la prostitution existe dans les pays où elle est interdite
    -il reste d'autres pays où les mêmes réseaux mafieux pourront transférer leur business, quitte à gagner un peu moins, mais en prime, avec de la chance, dans ces pays, les esclaves ne seront même pas aidées si elles appellent à l'aide.

    Par contre, on ne les verra plus dans nos rues: mission accomplie?