Un rapport, remis le 5 juin au ministre de la Sant?, estime qu’il est possible de transmettre aux assureurs compl駑entaires les informations contenues dans les feuilles de soins 駘ectroniques. Des deux solutions envisag馥s, le document soutient celle prot馮eant l’anonymat des assur駸.
Les donn馥s informatiques concernant les patients ne sont aujourd’hui transmises qu’aux seuls assureurs obligatoires, principalement les caisses d’assurance maladie. Mais depuis quelques ann馥s, les mutuelles comme les soci騁駸 d’assurance r馗lament de pouvoir elles aussi acc馘er ? ces informations.
En f騅rier dernier, le ministre de la Sant?, de la Famille et des Personnes handicap馥s, Jean-Fran輟is Matt駟, avait command? ? Christian Babusiaux, conseiller ma?tre ? la Cour des Comptes, un rapport sur la question.
Dans son texte, le magistrat juge possible une diffusion 駘argie de ces informations. Et, "sous r駸erve que les garanties n馗essaires soient r騏nies", avance deux solutions.
L’anonymat en question
La premi鑽e pr騅oit le transfert des donn馥s de sant? de mani鑽e anonyme. En clair, les infos seraient transmises aux organismes compl駑entaires, mais elles passeraient par l’interm馘iaire d’un tiers pour effacer les identit駸 des assur駸. Ce qui permettrait aux assurances de mieux conna?tre les remboursements effectu駸 - nombre de consultations chez le dermatologue, de radios du thorax ou de bo?tes d’aspirines - mais pas de fliquer leurs clients.
C’est, selon les conclusions du rapport, "la plus simple, la plus protectrice des droits, la plus rapide ? mettre en place et la moins entach馥 d’incertitudes". C’est aussi la solution pr馭駻馥 du ministre et du Collectif interassociatif sur la sant? (Ciss), qui regroupe 24 associations d’usagers.
La F馘駻ation fran軋ise des soci騁駸 d’assurance (FFSA) n’est pas du m麥e avis. Selon un de ses dirigeants, elle juge l’anonymisation compliqu馥, co?teuse et bien moins efficace que la seconde solution propos馥 dans le rapport Babusiaux : transmettre la feuille de soin directement par le m馘ecin, avec l’accord de l’assur?. Si ce syst鑪e devait 黎re choisi, les soci騁駸 d’assurance promettent des formules plus intelligentes et mieux adapt馥s aux besoins des clients : ces derniers signeraient un contrat pr馗isant dans quels cas les donn馥s seraient communiqu馥s. Lors de la r饌lisation de l’acte m馘ical, le patient aurait cependant la possibilit? de refuser la transmission de ces informations... mais, toujours selon ce dirigeant de la FFSA, le remboursement pourrait alors 黎re moindre.
"Un tel syst鑪e suppose un texte l馮islatif organisant les garanties appropri馥s", pr馗ise le rapport Babusiaux. Les d駱ut駸 sont justement en train de plancher sur la question en transposant une directive europ馥nne de 1995. Pour l’instant, le texte vot? en premi鑽e lecture dit tout et son contraire. Il interdit "de collecter ou de traiter des donn馥s ? caract鑽e personnel [...] qui sont relatives ? la sant? ou ? l’orientation sexuelle". Sauf "consentement expr鑚 de la personne concern馥". La nuance est de taille. Et le rapport est tr鑚 clair : les garanties avanc馥s en l’騁at par le projet de loi sont insuffisantes. Sous cette forme, le texte pourrait m麥e 黎re jug? non conforme ? la Constitution.
Le consentement, un leurre
En mai dernier, les associations d’usagers r騏nies au sein du Ciss avaient d駛? r饌gi au projet de loi : "Nous affirmons qu’un tel ’consentement expr鑚’ est un leurre dans la mesure o? il existe une relation dominant/domin?, ce qui est notoirement le cas dans une relation assureur/assur? dans le champ de la sant?."
Les conclusions du rapport Babusiaux n’ont pas rassur? les repr駸entants des usagers, puisqu’il est propos? de laisser le choix aux assureurs entre l’anonymisation et la transmission par consentement. "Dans cette derni鑽e solution, rien ne nous garantit l’騁anch駟t? des informations recueillies. Tout simplement, nous ne voulons pas qu’une soci騁? qui fait commerce de contrats d’assurance en tout genre ait des infos sur les m馘icaments consomm駸 par ses clients", d駭once Jean-Luc Bernard, vice-pr駸ident de l’Association de lutte, d’information et d’騁ude sur les infections nosocomiales (LIEN) et porte-parole du Ciss sur cette question.
D鑚 2004, des exp駻imentations vont commencer afin de v駻ifier la viabilit? des deux propositions. Seule note d’optimisme : le ministre de la Sant? a affich? sa nette pr馭駻ence pour la solution la plus protectrice de la vie priv馥.
Le rapport Babusiaux:
http://www.sante.gouv.fr/htm/actu/b...
Le Ciss:
http://www.leciss.org
La FFSA:
http://www.ffsa.fr