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Neith II

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Pour les articles homonymes, voir Neith (homonymie).

Neith II
Image illustrative de l’article Neith II
Restitution de la pyramide de Neith à Saqqarah.
Nom en hiéroglyphe
N35
X1
R24 B7
Transcription N.t Période Ancien Empire Dynastie VIe dynastie Famille Grand-père paternel Téti Grand-mère paternelle Ipout Ire Grand-père maternel Khoui Grand-mère maternelle Nebet Père Pépi Ier Mère Ânkhésenpépi Ire ou Ankhésenpépi II Conjoint Mérenrê Ier (?) Deuxième conjoint Pépi II Enfants avec le 2e conjoint ♂ Mérenrê IINitocris (?) Fratrie Mérenrê Ier, Horneterikhet Sépulture Nom Pyramide de Neith II Type Pyramide à faces lisses Emplacement Saqqarah Découvreur Gustave Jéquier Objets Textes des pyramides
sarcophage en granite rouge d'Assouan
Coffre à vases canope
Vaisselles en diorite et albâtre modifier  

Neith II[note 1] est la fille de Pépi Ier, l'épouse de Pépi II et la probable mère de Mérenrê II, trois rois de la VIe dynastie.

Généalogie

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Le titre « fille aînée du roi de son corps Mennéfer-Méryrê » indique de manière certaine que Neith II était la fille du roi Pépi Ier [2] ,[3] ,[4] . L'identité de sa mère est plus incertaine ; en effet, deux éléments apportent des éléments sur le nom de la mère du roi, mais les interprétations divergent :

  • un décret découvert dans le temple funéraire de Neith II par Gustave Jéquier et publié en 1933 ; ce décret la décrit comme « mère du roi » et donne également le nom d'une « mère du roi » Ankhésenméryrê l'Aînée[5] , Ankhésenméryrê étant un nom porté par Ânkhésenpépi Ire et Ânkhésenpépi II,
  • une scène publiée en 2001 et mise au jour par Audran Labrousse dans la cour à portique du temple funéraire d'Ankhésenpépi II ; la scène montre la reine Ankhésenpépi II avec une jeune femme de taille réduite du nom de Neith, toutes deux dans une barque en train de chasser[6] .

Michel Baud restait en 1999 réservé sur le choix de la mère de la reine, aucun élément n'étant décisif ne permettait de choisir entre l'une des Ankhésenpépi[7] . Toutefois, selon Gustave Jéquier [5] et Vivienne Gae Callender[3] , le décret indiquerait que la mère du roi était Ankhésenpépi Ire, car le qualificatif « Aînée » renvoit systématiquement à Ankhésenpépi Ire et non pas à sa jeune sœur Ankhésenpépi II. Callender ajoute que la scène du temple funéraire d'Ankhésenpépi II ne prouve pas que cette reine était la mère de Neith II car cette dernière n'y est pas décrite comme étant « sa fille », comme cela est l'usage[3] . Cependant, selon [4] , le décret renvoit non pas à Ankhésenpépi Ire mais à Ankhésenpépi II, non pas tant parce que cette dernière est la mère de Neith II mais celle de Pépi II, le décret ayant été retrouvé dans un complexe funéraire associé à celui du roi. Il ajoute également que, malgré l'absence de la mention « sa fille », la scène est typique d'une scène montrant une reine avec sa fille, ce qui rend la relation entre les deux reines certaine[4] .

Le titre « épouse du roi sa bien-aimée Men-Ânkh-Néferkarê » indique de manière certaine que Neith II était l'épouse du roi Pépi II [2] ,[8] ,[9] . Il est possible qu'elle ait également épousé son (demi-)frère Mérenrê Ier : en effet, l'un des obélisques flanquant l'entrée du temple funéraire de la reine la décrit comme la fille de Pépi Ier et l'épouse de Pépi II, tandis que le deuxième, fragmentaire, mentionne simplement les rois Pépi II et Mérenrê Ier, suvis chacun par le titre « iryt-pât ». Baud et Gourdon réfute cette union, indiquant que le texte n'a pas obligatoirement contenu un titre de parenté, Baud ajoutant d'ailleurs que le haut du hiéroglyphe restant, celui du hibou, ne peut introduire un titre d'épouse du roi[10] ,[4] . Jéquier[11] et Callender[8] considèrent quant à eux que Neith II était l'épouse de Mérenrê Ier, Callender indiquant d'ailleurs que le titre de « iryt-pât » précède systématiquement le nom d'une épouse.

Une fausse porte lacunaire, retrouvée à proximité de la pyramide royale de Neith II, mentionne un « fils aîné du roi, Nemtyemsaf »[12] . La localisation de la découverte permet de déduire que Neith II était très certainement la mère de ce prince, qui est probablement identique au roi dont Neith II est la mère[13] .

Deux éléments présentent Neith II comme une mère d'un roi :

  • le titre de « mère du roi » associé à son nom et présent sur le décret précédemment mentionné[5] ,
  • une scène fragmentaire représentant la reine coiffée du vautour, coiffe portée seulement par les mères de roi[14]  ; à côté de la tête de la reine se trouve un cartouche ajouté postérieurement à la scène et malheureusement partiellement détruit de manière intentionnelle, et dont la lecture fait donc l'objet de débats (seul le premier signe, celui du soleil Rê, est parfaitement lisible)[15] .

Ce cartouche détruit est en général identifié au roi Mérenrê Nemtyemsaf attesté sur la table d'Abydos en tant que successeur de Pépi II, même si la lecture Mérenrê fait débat car attestée uniquement sur la table d'Abydos [note 2] )[17] ,[18] . Bien que ce Mérenrê est en général compris comme un fils de Pépi II[17] , Callender suppose qu'il soit le fils de Neith II et de Mérenrê Ier[18] .

Percy Newberry et Vivienne Callender proposent une reconstruction du cartouche détruit par ...karê, ce qui leur fait dire que le nom du roi inscrit devait être Menkarê, deuxième successeur de Mérenrê Nemtyemsaf selon la table d'Abydos[19] ,[20] . Comme l'indique Baud, le décret pourrait ne pas avoir été fait par le fils de la reine Neith II[7] , Callender, qui est en accord avec cette idée, indique qu'il pourrait s'agir d'un petit-fils[18] , peut-être Menkarê[21] .

La tradition décrivant Nitocris [note 3] comme la sœur de Mérenrê II, ce dernier étant par ailleurs un fils de la reine Neith II et du roi Pépi II[23] (ou du roi Mérenrê Ier selon Callender[18] ), certains égyptologues font alors d'elle la fille de ce couple Neith II et de Pépi II[23] / Mérenrê Ier[18] .

Neith II porte les titres suivants :

  • « Iryt-pât » (jry.t-p`t) ;
  • en tant que fille royale : « Fille du Roi » (sȝ.t nsw.t), « Fille aînée du Roi de son corps » (sȝ.t nsw.t smsw.t n ẖ.t=f) et « Fille aînée du Roi de son corps Mennéfer-Méryrê » (sȝ.t nsw.t smsw.t n ẖ.t=f Mn-nfr Mry-Rˁ) ;
  • en tant qu'épouse royale : « Épouse du Roi » (ḥm.t-nsw.t), « Épouse du Roi sa bien-aimée Men-Ânkh-Néferkarê » (ḥm.t-nsw.t mry.t=f Mn-ˁnḫ Nfr-kʒ-Rˁ), « Grande des louanges » (wr.t ḥs.t), « Grande du sceptre-hétès » (wr.t ḥts), « Celle qui voit Horus et Seth » (mȝȝ.t Ḥrw Sts̆), « Suivante du Grand » (ẖt.t-Wr), « Celle qui se joint au bien-aimé des Deux Maîtresses » (smȝw.t-mry-Nbty), « Celle qui s'assoit avec Horus » (tjst-Ḥrw) et « Compagnon d'Horus » (smr.t-Ḥrw) ;
  • en tant que mère royale : « Mère du Roi » (mw.t-nsw.t).

Biographie

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Neith II était une reine importante dont les titres de « fille du roi », d'« épouse du roi » et de « mère du roi », associés à un petit complexe pyramidal complet, démontrent l'influence et l'importance qu'elle exerça sur son temps.

Certains auteurs, dont Newberry[19] et Christiane Zivie-Coche [25] pensent que Neith II a régné à la suite de son fils mort prématurément et de ce fait l'associent à la reine Nitocris mentionnée par Manéthon de Sebennytos dans son histoire de l'Égypte, les Ægyptiaca , qu'il écrivit pour le compte de Ptolémée Ier. De nombreuses légendes contribuent à faire de ce personnage une figure haute en couleur et légendaire dont le public grec était friand. Cependant, comme l'indique Callender, cette hypothèse n'est pas envisageable car Neith II était la fille aînée de Pépi Ier et devait donc nécessairement être déjà décédée à la mort de Pépi II, ce dernier ayant au un règne assez long[8] .

Sépulture

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Pyramide où se trouvent les tombeaux de Pépi II et de Neith II.
Article détaillé : Pyramide de Neith II.

La sépulture d'Neith II est une pyramide à faces lisses située à l'ouest de celle de Pépi II est accolée à la pyramide de Ipout II. Elle a été découverte et fouillée par Gustave Jéquier vers le début du XXe siècle [26] .

La pyramide, aujourd'hui presque entièrement détruite, a une longueur de 24 m et une hauteur de 21,50 m[27] . Outre des vestiges du viatique funéraire qui l'accompagnait dans son voyage dans l'au-delà, le caveau de la reine était décoré sur sa paroi ouest d'un motif de façade de palais et, pour les autres parois, de Textes des pyramides [28] , qui ont été traduits en français par Claude Carrier[29] . Neith II serait donc la deuxième ou la troisième épouse royale[note 4] à recevoir le privilège d'accéder à l'immortalité au moyen de ces textes sacrés autrefois réservés au seul souverain et maître de l'Égypte.

Notes et références

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  1. La très grande majorité des auteurs nomme cette reine simplement Neith, sans numéro. En effet, le nom de la reine Neith Ire a été découvert dans son complexe funéraire qu'en 2021[1] .
  2. Il s'agit d'une liste royale inscrite plusieurs siècles après la fin de la VIe dynastie, plus précisément au début de la XIXe dynastie. Silke Roth propose par exemple la lecture Ânkhkarê[16] .
  3. Nitocris serait à identifier à Netjerkarê de la liste d'Abydos et de Neith-iqerty du Canon royal de Turin [22] .
  4. La première pyramide de reine à textes est la pyramide d'Ânkhésenpépi II. La pyramide de Béhénou est datée de la fin du règne de Pépi Ier-début du règne de Pépi II, avant celle de Neith II, par Yannis Gourdon[30] , tandis qu'elle est datée de la même période que celle d'Oudjebten dans la deuxième moitié du règne de Pépi II par Vivienne Gae Callender[31] et Miroslav Verner [32] .

Références

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  1. Hawass 2022, p. 21-30.
  2. a et b Baud 2005, p. 506.
  3. a b et c Callender 2011, p. 277.
  4. a b c et d Gourdon 2016, p. 95.
  5. a b c et d Jéquier 1933, p. 5.
  6. Gourdon 2016, p. 50, fig. 10 et 95.
  7. a et b Baud 2005, p. 507.
  8. a b et c Callender 2011, p. 278.
  9. Gourdon 2016, p. 94-95.
  10. Baud 2005, p. 506-507.
  11. a et b Jéquier 1933, p. 4.
  12. Jéquier 1933, p. 55.
  13. Gourdon 2016, p. 97.
  14. Callender 2011, p. 275.
  15. Callender 2011, p. 276.
  16. Roth 2001, p. 156.
  17. a et b Gourdon 2016, p. 98.
  18. a b c d et e Callender 2011, p. 279.
  19. a et b Newberry 1943, p. 51-54.
  20. Callender 2011, p. 276-277.
  21. Callender 2011, p. 344.
  22. Callender 2011, p. 276-279, 313-316 et 344.
  23. a et b Tyldesley 2008, p. 63.
  24. Jéquier 1933, Pl. Va.
  25. Zivie-Coche 1972, p. 125.
  26. Jéquier 1933.
  27. Verner 2020, p. 308.
  28. Gourdon 2016, p. 251.
  29. Carrier 2010.
  30. Gourdon 2016, p. 299.
  31. Callender 2011, p. 299.
  32. Verner 2020, p. 299.

Bibliographie

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