Sommaire
- IaaS : Infrastructure as a Service
- SaaS : Software as a Service
- PaaS : Platform as a Service
- Cloud Souverain
Ce journal est la suite du premier morceau de journal qui a attiré quelques curieux, et des commentaires sympathiques.
Le document du NIST dĂ©crit donc 3 modĂšles de services (IaaS, PaaS, SaaS) qui sont l'objet de nombreux contresens, quiproquos ou autres tentatives de positionnement marketing fumeux. Le concept clĂ© dans les modĂšles de services, c'est la logique mĂȘme de "as a Service", qui reprend les caractĂ©ristiques dĂ©taillĂ©es prĂ©cĂ©demment. On achĂšte l'accĂšs Ă une ressource et non plus la ressource elle mĂȘme.
IaaS : Infrastructure as a Service
Dans le cas de "l'infrastructure", le fournisseur de cloud va mettre Ă disposition des composants d'infrastructures (des serveurs, du stockage, du rĂ©seau, etc.) le plus souvent virtualisĂ©s, ce qui lui permet d'assurer les 5 caractĂ©ristiques essentielles pour que ce soit du vrai "cloud" (et non pas du "kloud" de Mr Presgurvic), mais attention ce n'est pas toujours le cas ! C'est pour cela qu'il faut bien lire les petites lignes des contrats, ou mieux, demander Ă vos acheteurs et vos juristes prĂ©fĂ©rĂ©s d'Ă©plucher les petites lignes des contrats pour vous. On comprend ainsi mieux la logique de "as a Service", qui amĂšne Ă passer plus de temps sur les contrats et moins de temps sur les infrastructures. Les fournisseurs vendent donc maintenant de l'accĂšs Ă des ressources, opĂ©rĂ©es suivant des standards, et non plus les ressources elles mĂȘmes que vous devez opĂ©rer ou faire opĂ©rer chez vous. C'est la magie du "Cloud Computing". Les DRHs, les DAFs et les DSIs sont ravis, car votre boite a besoin de moins de personnels (barbus et pĂ©nibles) pour configurer, installer et surveiller les babasses, moins de CAPEX (matĂ©riels chers, compliquĂ©s Ă amortir et au cycle de vie assez courts), et la DSI rĂ©agit plus vite que son ombre pour mettre Ă disposition une infrastructure compliquĂ©e pour un projet VIP (toute ressemblance ...).
Dans ce modÚle de service, la fourniture de serveurs virtualisés s'accompagne en général du systÚme d'exploitation et de l'accastillage nécessaire pour administrer (supervision, sauvegarde, etc.) le serveur, mais pas plus. On peut noter que notre OS préféré s'est taillé une confortable part de marché sur les différentes offres de IaaS, y compris chez Microsoft (d'ailleurs les Romuliens y ont pris gout !).
SaaS : Software as a Service
Le "Software as a Service" est un modĂšle de service ou l'application est accessible Ă l'aide d'un client standard (client lĂ©ger, navigateur web) et provisionnĂ© Ă la demande. Ce modĂšle est largement proposĂ© au grand public, parfois mĂȘme "gratuitement", l'exemple emblĂ©matique Ă©tant la suite en ligne proposĂ©e par google (gmail, google docs, google drive, etc.). Un quiproquo classique consiste Ă confondre la suite proposĂ©e (les fonctionnalitĂ©s) et le modĂšle de service SaaS de Google. Ce qui fait de l'offre de Google une offre de "Cloud Computing", c'est la façon dont vous pouvez vous enrĂŽler et ensuite accĂ©der aux solutions. Par suite, le fait de mettre en place un petit serveur chez vous pour stocker vos donnĂ©es et celle de votre moitiĂ© avec une solution dite de "Cloud Personnel" (c'est nulle part dans l'ISO !) ne fait pas de vous un fournisseur de "cloud" (la bise aux devs de CozyCloud, OwnCloud, NextCloud, et j'en oublie).
Pendant ce temps là , dans l'entreprise, de l'autre coté du datacenter, nos clients internes préférés (RH, Finance, Marketing, etc.) n'ont pas attendu la DSI et sont allés faire leur marché sur les internets, munis d'une expression de besoin sous powerpoint, d'une carte bleue en état de marche et des conseils avisés d'un consultant à chemise Desigual. La "magie du Cloud Computing", appliqué au SaaS, c'est que les métiers n'ont plus besoin de la DSI, ils peuvent acheter 300 comptes Salesforce en 10 minutes, ou externaliser la paie en 3 clics. La bonne nouvelle, c'est que nos nouveaux amis les acheteurs et les juristes sont sur le coup eux aussi. Sur ces sujets là , il est capital d'avoir des RSSIs qui soient vigilants, ainsi qu'un correspondant CNIL (en fonction de la taille de la boite). A chaque apéro de l'eurocloud, on me raconte des histoires qui glacent le sang à propos de données personnelles ...
Attention, de nombreuses applications hĂ©bergĂ©es historiques, Ă la demande ("on demand"), ont Ă©tĂ© rhabillĂ©es sauce "SaaS" avec l'avĂšnement du "Cloud Computing". LĂ aussi, la lecture minutieuses des petites lignes du contrat, l'audit de l'infrastructure, de ses performances ou des conditions d'hĂ©bergement peut sâavĂ©rer nĂ©cessaire avant de faire le pas. Il ne faut pas nĂ©gliger non plus le coĂ»t d'intĂ©gration de la solution "SaaS" Ă l'existant.
PaaS : Platform as a Service
Le "Platform as a Service" est un modĂšle ou le fournisseur met Ă disposition une "plateforme", qui se compose d'un ou plusieurs composants d'infrastructures et/ou des logiciels prĂ©paramĂ©trĂ©s (en plus du systĂšme d'exploitation). Cette plateforme va permettre au client de dĂ©velopper son propre code. C'est le modĂšle le plus complexe Ă apprĂ©hender, et les solutions proposĂ©es par les fournisseurs sont extrĂȘmement variĂ©es. Entre la dĂ©finition du NIST (2011) et maintenant, de nombreuses solutions ont Ă©mergĂ©es chez les grands fournisseurs (e.g. Google App Engine, BlueMix chez IBM, OpenShift chez RedHat)
De nombreuses offres intermédiaires (MBaaS, DBaaS, iPaaS, aPaaS, FaaS) sont apparues et ont surfé sur la vague du "as a Service". La plupart peuvent se raccrocher à un des 3 grands modÚles, évitez d'en rajouter ("PAAS++", ce n'est pas une bonne idée).
Cloud Souverain
L'Ă©tat français a trĂšs tĂŽt compris l'intĂ©rĂȘt stratĂ©gique du "cloud computing" et a tout mis en oeuvre pour faire Ă©merger des champions nationaux grĂące Ă l'initiative AndromĂšde qui consistait Ă dĂ©penser intelligemment 150 millions d'euros issu du grand emprunt. Ayons une pensĂ©e pour les barbus qui ont participĂ© dans les diffĂ©rents projets des diffĂ©rentes sociĂ©tĂ©s Ă©ligibles (Cloudwatt, Numergy) ou pas, pour les moustachus d'Ikoula qui proposent dĂ©jĂ le "cloud gaulois", les octavistes d'OVH et les gars de Outscale (y'a que chez eux que j'ai jamais jouĂ© mais ils sont sympas).
En 2015 ont été publiés par la DINSIC des référentiels trÚs intéressants et des guides à destination des collectivités qui précisent notamment les définitions "en bon français" et un concept trÚs intéressant, le "cloud souverain" :
"Dans un contexte dâexternalisation des ressources informatiques, le concept de souverainetĂ©
des données est essentiel.
Tout client, confiant ses données à un prestataire hébergeur, doit pouvoir disposer :
âą dâune garantie technique, sur le niveau de sĂ©curitĂ© offert par le prestataire et ses sous-traitants
pour garantir la protection et la confidentialité des informations (dispositifs anti-intrusion, dispositifs
de cryptage...) ;
âą dâune garantie juridique, sur dâune part la non-utilisation des donnĂ©es par un tiers, dâautre
part le non-accĂšs aux donnĂ©es par un tiers en vertu de rĂ©glementations nâassurant pas une
protection optimale.
Ces Ă©lĂ©ments doivent pouvoir ĂȘtre contractualisĂ©s et vĂ©rifiĂ©s auprĂšs des diffĂ©rents fournisseurs,
dâoĂč lâimportance des projets de labels et de certifications portĂ©s au niveau de lâĂtat."
puis
"Concernant la juridiction française, qui sâapplique Ă certains types de donnĂ©es (donnĂ©es personnelles,
notamment donnĂ©es de santĂ©), la souverainetĂ© pourra ĂȘtre garantie si :
âą dâune part, le Datacenter hĂ©bergeant les donnĂ©es est localisĂ© en France ;
âą dâautre part, lâentitĂ© juridique qui opĂšre le Datacenter est de droit français.
Le « Cloud souverain » ne doit donc pas sâentendre exclusivement comme « un acteur dont lâĂtat
est actionnaire », mais sâĂ©tend à « un acteur disposant dâun hĂ©bergement en France avec un
actionnaire majoritaire français (voir europĂ©en si les rĂ©glementations sâuniformisent au sein des
pays de lâUnion) »."
Ils ont fini par comprendre que les données des boites françaises (et du public français) sont hébergées dans les datacenters de Google, Amazon, Facebook ou Microsoft situés en Irlande ou en Hollande. Choses étonnantes en 2017, Amazon, Microsoft et leurs amis vont ouvrir des datacenters dans l'hexagone.
On attend impatiemment la mise au point d'un OS souverain pour aller avec.
L'ANSSI de son coté a planché sur des certifications pour pouvoir estampiller les "clouds" avec deux niveaux : élémentaire ou standard (Diffusion Restreinte).
Si votre boite a un statut d'OIV (Opérateur d'Importance Vitale), je vous conseille de lire ces documents
avec attention pour éviter des migrations idiotes dans les mois qui viennent.
J'espÚre que cela vous a plu, la permanence sera assurée dans les commentaires par les méta-experts de la moulosphÚre.
# Opérer
PostĂ© par Thierry Thomas (site web personnel, Mastodon) . ĂvaluĂ© Ă 6.
Parmi les diffĂ©rents anglicismes que lâon rencontre souvent, il y en a un qui mâincommode plus que dâautres : « opĂ©rer ». Explications sur la banque de dĂ©pannage linguistique.
[^] # Re: Opérer
PostĂ© par Enzo Bricolo đ âđ . ĂvaluĂ© Ă 3.
Merci pour ce lien que je bookmarke immédiatement ... pardon ... que "j'ajoute à la longue liste de mes liens favoris afin de pouvoir le retrouver rapidement".
# Cloudwatt/Numergy
PostĂ© par barmic . ĂvaluĂ© Ă 5.
Il s'agissait lĂ uniquement d'arroser les grandes entreprises d'informatique. Une façon de crĂ©er de l'activitĂ© mĂȘme si c'est pour ne rien faire.
Sinon des 3 les PaaS est de loin le plus large, il couvre des usages trÚs différents entre le serveur d'application java sur le quel on dépose un war/ear et les derniÚres lambda d'Amazon. Il arrive aussi souvent d'avoir de la composition entre les formes. D'avoir une base de données en SaaS, l'exécution du code en PaaS et d'avoir éventuellement quelque machine en IaaS pour des besoins précis.
Tous les contenus que j'écris ici sont sous licence CC0 (j'abandonne autant que possible mes droits d'auteur sur mes écrits)
# Quelques nouvelles du front dans la vrai vie ...
PostĂ© par Christophe B. (site web personnel) . ĂvaluĂ© Ă 2.
Bonjour,
Je me permet d'émettre un avis car il s'agit de choses que je cÎtoie tout les jours ...
C'est presque vrai, sauf que quand ça merde (eh cela merdera un jour ou l'autre) ... eh ben ... faut rappeler les barbus pénibles qui sont encore plus pénibles car contrariés.
Chez certains hébergeurs (claoudeurs ?) parfois il y a des barbus ... parfois non .. alors on empilent des briques sans se poser de questions en fonction du contrat vendu, personne n'a de vision globale de l'infra et au moindre problÚme il n'y a plus personne.
Le client n'a plus que la menace ultime ... je vais voir ailleurs ... pour que cela bouge
IAAS c'est bien, surtout que la plupart des développeurs, ont besoin de To pour bosser sinon c'est pas des z'hommes
Alors les copies d'environnements de plusieurs 100 de go vont bon train ...
En final faut pas se leurrer cela revient à payer une infra tout les ans, on gagne en souplesse mais je ne suis pas convaincu que le gain financier soit présent. mais au moins il est prévisible ... ce qu'apprécient les financiers.
Dans certains services informatiques hypertrophiés oui ... mais avec une équipe et une infra qui tient la route c'est pas sur ...
En France ? avec la complexité des programmes de paie ... la législation qui changent tout le temps et la redoutable DSN ...
si tu connais des noms ... essaye de nĂ©gocier avec l'URSSAF peut ĂȘtre qu'il te donneront un pourcentage de l'amende
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