• [^] # Re: Un peu fort...

    Posté par . En réponse au journal D'après Vidberg, la contrefaçon c'est le vol. Évalué à 6. Dernière modification le 09 octobre 2013 à 23:36.

    Je vois ce que tu veux dire et j'ai, malheureusement, une très légère tendance à l'emphase quand j'écris.

    Mais même si on se ne va pas en justice pour un oui ou pour un non, il reste, néanmoins, que le terrain légal est loin d'être une jolie prairie doucement bercée par une petite brise printanière dans lequel s'ébattent joyeusement de gentils petits juristes. C'est plutôt un champ de mine.

    Rien que pour acheter le moindre bidule sur internet, si on veut s'assurer de bien rester sur le terrain légal, il faut lire et accepter des conditions générales de ventes qui sont, au pauvre et innocent consommateur que je suis, l'équivalent juridique du manuel d'utilisation de bash à Mme Michu.

    Bref, je n'y comprend pas grand chose. (Pas au manuel de bash, ça, ça va. Encore qu'il y a des trucs vraiment tordus là-dedans...) Comme j'ai autre chose à faire, je coche, ne sachant point quel pacte maléfique j'ai pu ainsi signé. Auquel cas, si je voulais retrouver une certaine sérénité, et savoir sur quoi je m'engage et si ces conditions sont légales ou pas, il faudrait que je soumette le point à un avocat spécialisé, ce qui risque de rendre le coût d'acquisition du dit bidule bien au delà de mes finances. Et elles ne sont pas aussi fournie que celle du dit avocat. Bon tu me diras, doit bien y avoir l'équivalent de la communauté du libre en matière de droit... et en se renseignant un peu, c'est peut-être jouable, enfin, en attendant, je coche et j’achète. J'ai sûrement tord.

    Cette discussion me rappelle quand j'ai été surveillant de collège. Les ado étaient toujours entrain de demander si ils avaient le droit ou pas de faire ceci ou cela, et si on avait le malheur de les punir, ils étaient toujours à menacer de porter plainte pour un oui ou pour un non. Par exemple, si on leur confisquait leur téléphone portable. Alors, toute la difficulté était de leur faire comprendre que pour vivre en société, l'idée n'est pas seulement de se demander si on a le droit ou pas de faire quelque chose, (du genre utiliser le téléphone en classe) même si cela a bien entendu son importance (surtout pour des ados), mais d'être attentif aux autres et à agir dans l’intérêt général, et que si tout le monde agit ainsi, les choses vont naturellement mieux, et que le recours à la règle pour résoudre les conflits reste marginal. Car il est bien évident qu'il faut des règles claires et faire en sorte que tout le monde les comprenne et les applique, mais ce qui fera de eux des adultes, c'est avant tout leur capacité à l'être parmi les autres, et qu'on aura beau écrire toutes les lois et les règlement que l'on veut, sans cette qualité, il n'est tout simplement pas possible de vivre en société. Bon, pour être franc, cela n'a pas été de la tarte de leur faire passer ça, et de ce que j'entends par ci, par là, ça semble de plus en plus compliqué.

    Au delà de ça, je pense réellement qu'il y a une certaine fuite en avant à vouloir ramener tout problème de société à une question légale, une fuite en avant face à une incapacité à vivre ensemble de plus en plus en forte, que je mets volontiers sur le dos d'un individualisme lui-même provoqué par la société de consommation. La force de ce modèle de société réside dans sa capacité à émanciper l'individu, mais c'est aussi, paradoxalement, ce qui semble l'affaiblir.

    Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.