• [^] # Re: travail hebdomadaire

    Posté par . En réponse au journal Travail dominical. Évalué à 10.

    Ca veut pas dire que t'es un chretien fondamentaliste, hein, mais nier que la seule raison pour laquelle on a ce debat, c'est le fort ancrage chretien de la societe francais, c'est un peu se mettre la tete dans le sable.

    N'importe quoi. Quel déni de réalité.

    Le dimanche, c'est le jour où on peut faire un repas de famille en étant plus ou moins sûr que tout le monde pourra venir. C'est le jour du match de foot parce qu'en général les gens travaillent pas. C'est le lendemain du soir où on peut faire une beuverie tranquillement jusqu'à pas d'heure. C'est le jour ou on peut se reposer sans que le voisin tonde la pelouse. C'est le jour de Auto/moto - Téléfoot - Drucker. Et du bon marché de Saint-Aubin, à Toulouse.

    C'est le jour où la société peut oublier collectivement que la vie, c'est pas que le travail.

    Rien à voir avec le christianisme. Sinon évidemment les raisons historiques. Mais à ce compte-là on pourrait aussi virer les jours fériés religieux. Ben non.

    Alors oui, tout le monde aime pas les repas de famille (pas trop mon truc non plus), ou le foot, ou même les beuveries (il paraît). Ce ne sont que des exemples.

    Mais l'interdiction du travail le dimanche c'est une barrière réelle et symbolique à pas faire sauter. Une fois que ça a sauté, la majoration n'est plus qu'un curseur qui va tendre doucement vers 0.

    Parce que ça dérange pas certains de bosser le dimanche, on l'autoriserait ? Pour que ça soit obligatoire pour tout le monde ?

    Des volontaires ? Vous plaisantez ? Le salarié est subordonné. Les volontaires, ça se désigne. Vous vivez dans quel monde ? Et le peu de volontaires qu'on trouve, c'est surtout pour la majoration de salaire, pas pour échapper au repas avec tonton Gérard. Le problème ne serait-il pas tout simplement le salaire ?

    Peut-être que des arrangements seraient possibles, et bien sûr qu'une interdiction pure et simple ça interdit des arrangements particuliers, mais le contexte ne rend pas la négociation possible.

    On a en ce moment un lobby patronal puissant avec un gouvernement néolibéral qui se plie en quatre pour devancer ses désirs, et des syndicats en difficulté (voire coupés de leur base). Tout ça via le filtre des médias (qui appartiennent aux patrons qui veulent ouvrir le dimanche) qui préfèrent les petites phrases et les micro-trottoirs aux débats de fond.

    Alors défendre l'interdiction c'est un choix pragmatique aussi, un mot d'ordre compréhensible. Et puis je ne vois pas d'alternative, à vrai dire. Par interdiction, il faut comprendre évidemment "interdiction sauf pour les boulots où c'est obligatoire (santé / énergie / transports, etc) et alors avec une belle majoration".

    Et moi aussi, si je bossais pour moi, ça me dérangerait pas de faire du code le dimanche. D'ailleurs ça m'arrive déjà pour le plaisir. Mais c'est un choix. On me l'impose pas.

    On est pas tous des cadres célibataires sans enfant, et savoir à l'avance que dans 4 mois on est sûr que le dimanche on sera tous les deux libres avec les gosses, ça permet de s'organiser, et de vivre, tout simplement.

    Et puis on a pas autre chose à branler le dimanche que d'aller faire les magasins de meubles et la Foir'fouille ? Faut-il vraiment qu'on fasse trimer des gens le dimanche juste pour ça ?

    C'est aussi une question de projet de société.

    (Je reconnais que mon opinion peut varier avec le temps au gré des circonstances. Aujourd'hui, j'interdirais bien le travail le lundi.)