Sur le fond du problème, je suis d'accord, mais je trouve l'argumentation du blog profondément fallacieuse par moments.
Par exemple, il semble admis que les employés de Pôle Emploi sont des fonctionnaires inutiles, c'est doublement faux : 1) ils ne sont pas fonctionnaires, et 2) ils sont productifs, au moins en partie (quand ils ne font pas de paperasserie), puisqu'ils donnent des conseils aux chômeurs et qu'ils les mettent en relation avec les employeurs. Dans un monde avec un revenu de base, en gros, les fonctions de l'ancienne ANPE seraient toujours utiles, c'est juste les ASSEDIC qui sauteraient.
Par ailleurs, focaliser sur le chômage est, à mon avis, très très loin d'une vision d'ensemble du revenu de base. L'assurance chômage est justement un des services de l'État qui fonctionnent plutôt pas mal : c'est globalement à l'équilibre quand on fait une moyenne crise/non crise, la paperasserie n'est pas franchement insurmontable (puisqu'on ne travaille pas, il n'y a aucun coût direct à remplir les papiers, on peut considérer que c'est presque un "bullshit job" en échange des allocations, ce n'est pas très différent de beaucoup d'autres boulots). Il me semble évident que le problème n'est pas le chômage, mais les autres périodes d'inactivité : enfance, maladie, vieillesse, bénévolat. Ces périodes sont financées par le travail des autres, et c'est ça qui est impossible à gérer, puisque les changements démographiques, culturels, etc. vont sans arrêt bouger les lignes, et on n'est jamais à l'équilibre.
Mais bon, le truc que je trouve le plus maladroit, c'est l'argument du "situation réelle que je tiens de première main". D'une part, je dirais "refnec". D'autre part, je dirais "argument fallacieux, biais cognitif". En gros, tu connais un non-fumeur souffrant d'un cancer du poumon, et tu en conclus que la clope n'est pas dangereuse. C'est vraiment ça ton argument : il est évident que les formateurs de Pôle Emploi ne sont pas nés comme ça, ils sont embauchés à un moment. Il est aussi évident que certains sont chômeurs avant d'être recrutés, comme c'est le cas de beaucoup de gens. Il est donc totalement logique qu'il existe des formateurs qui sont d'anciens chômeurs. Le fait que tu en connaisses un n'est donc absolument pas surprenant, tu ne fais que prouver qu'il en existe au moins un, ce que personne n'aurait probablement contesté. Bref, tu es dans l'argumentation fallacieuse la plus totale, la généralisation à partir d'un cas spécifique. Je ne pense pas qu'il soit légitime d'essayer de convaincre avec de tels arguments. Au contraire, il faut citer des vraies études universitaires, dire que c'est soutenu par des économistes sérieux, y compris par le prix Nobel d'économie Maurice Allais, etc. Le fait que le beau-frère de ta voisine ait fait ci ou ça ne me semble pas particulièrement pertinent pour la démonstration.
# Attention à la qualité de l'argumentation
Posté par arnaudus . En réponse au journal Initiative citoyenne pour le revenu de base. Évalué à 10.
Sur le fond du problème, je suis d'accord, mais je trouve l'argumentation du blog profondément fallacieuse par moments.
Par exemple, il semble admis que les employés de Pôle Emploi sont des fonctionnaires inutiles, c'est doublement faux : 1) ils ne sont pas fonctionnaires, et 2) ils sont productifs, au moins en partie (quand ils ne font pas de paperasserie), puisqu'ils donnent des conseils aux chômeurs et qu'ils les mettent en relation avec les employeurs. Dans un monde avec un revenu de base, en gros, les fonctions de l'ancienne ANPE seraient toujours utiles, c'est juste les ASSEDIC qui sauteraient.
Par ailleurs, focaliser sur le chômage est, à mon avis, très très loin d'une vision d'ensemble du revenu de base. L'assurance chômage est justement un des services de l'État qui fonctionnent plutôt pas mal : c'est globalement à l'équilibre quand on fait une moyenne crise/non crise, la paperasserie n'est pas franchement insurmontable (puisqu'on ne travaille pas, il n'y a aucun coût direct à remplir les papiers, on peut considérer que c'est presque un "bullshit job" en échange des allocations, ce n'est pas très différent de beaucoup d'autres boulots). Il me semble évident que le problème n'est pas le chômage, mais les autres périodes d'inactivité : enfance, maladie, vieillesse, bénévolat. Ces périodes sont financées par le travail des autres, et c'est ça qui est impossible à gérer, puisque les changements démographiques, culturels, etc. vont sans arrêt bouger les lignes, et on n'est jamais à l'équilibre.
Mais bon, le truc que je trouve le plus maladroit, c'est l'argument du "situation réelle que je tiens de première main". D'une part, je dirais "refnec". D'autre part, je dirais "argument fallacieux, biais cognitif". En gros, tu connais un non-fumeur souffrant d'un cancer du poumon, et tu en conclus que la clope n'est pas dangereuse. C'est vraiment ça ton argument : il est évident que les formateurs de Pôle Emploi ne sont pas nés comme ça, ils sont embauchés à un moment. Il est aussi évident que certains sont chômeurs avant d'être recrutés, comme c'est le cas de beaucoup de gens. Il est donc totalement logique qu'il existe des formateurs qui sont d'anciens chômeurs. Le fait que tu en connaisses un n'est donc absolument pas surprenant, tu ne fais que prouver qu'il en existe au moins un, ce que personne n'aurait probablement contesté. Bref, tu es dans l'argumentation fallacieuse la plus totale, la généralisation à partir d'un cas spécifique. Je ne pense pas qu'il soit légitime d'essayer de convaincre avec de tels arguments. Au contraire, il faut citer des vraies études universitaires, dire que c'est soutenu par des économistes sérieux, y compris par le prix Nobel d'économie Maurice Allais, etc. Le fait que le beau-frère de ta voisine ait fait ci ou ça ne me semble pas particulièrement pertinent pour la démonstration.