Et pourquoi, être forcement drogué à en être béat? Pourquoi l'idée d'avoir une molécule qui permettrait juste de supprimer les risques de tomber en dépression, de diminuer les sautes d'humeur?
C'est mieux, mais appliqué systématiquement plutôt qu'en traitement pour les gens effectivement malades, ça constituerait une intrusion de la science dans quelque chose d'assez intime — l'humeur, donc —, qui me ferait froid dans le dos.
Quant à diminuer les sautes d'humeurs, quand celles-ci ne sont pas pathologiques, ou essayer de supprimer toute tristesse, ça me semble intrinsèquement une mauvaise idée, parce qu'il me semble qu'il est nécessaire de faire l'expérience de la tristesse pour pouvoir apprécier le bonheur qu'on peut avoir. Prenons l'exemple de la mort d'un proche : dans un tel cas, proposer un médicament qui supprime la tristesse me semblerait inhumain, le deuil est triste par nature, mais est malgré tout nécessaire.
Fabriquer des bébés. Ça, c'est le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley, qui n'est pas censé être une utopie.
Avoir la possibilité ne nous oblige pas à l'imposer à tous.
Ça l'imposerait aux bébés fabriqués pour le plaisir de leurs parents, et je ne pense pas que le rapport soit le même entre une mère et un enfant qu'elle a porté, qu'entre une mère et un enfant qu'elle a acheté. C'est proche de l'adoption, sauf que ces enfants n'auraient pas du tout de vraie mère, et que l'adoption est conçue comme un palliatif à une situation anormale, et non un but en tant que tel — ce serait mieux s'il n'y avait aucun enfant à adopter.
Prendre un cas particulier dont le scénario a été spécialement écrit pour en faire un thriller pour une généralité, c'est assez beau...
On peut dire ça de toute dystopie : toutes sont de la fiction. Ça n'empêche pas de les utiliser comme avertissements, en sachant que même en faisant de très mauvais choix, tout ne se passera évidemment pas pareil.
Beau sophisme. Mais passons. Je serais moi même très intéressée si je pouvais manger des pilules à la place de repas si cela coutait moins cher (ce qui est bien évidement sous-entendu pour remplacer la nourriture normale) et si cela est aussi bon pour la santé (ce qui, je te l'accorde, risque de ne jamais être vraiment prouvé...). Tous les repas ne sont pas forcement des repas "plaisir" (même si personnellement, j'essaie que ce soit le cas). Il y a, en effet de nombreux cas où cela pourrait être utilisé : voyages où le transport de nourriture pose de grosse problématique, dès fois le repas au boulot ;), vie dans certaines contrés reculées, voyage dans l'espace (bon, pas tous les repas ;) ),...
Pour les cas extrêmes, pas de problème, on peut se nourrir quelques jours d'eau et de barres énergétiques protéinées, vitaminées et tout ce qu'il faut. Ça existe, ça ne rend pas malade à moins de ne manger que ça pendant des jours et des jours. En revanche, je suis content que ce ne soit pas trop répandu, parce que je suis faible : si on me donnait un moyen de passer très peu de temps à manger, et donc à me poser et à apprécier ce que j'ai, je risquerais de m'y mettre exclusivement.
C'est comme des téléphériques pour atteindre les sommets des montagnes : heureusement qu'on n'en a pas mis partout, sinon on serait nombreux à les utiliser au lieu de faire de la randonnée.
[^] # Re: Transhumanisme
Posté par 🚲 Tanguy Ortolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Revue de presse de l'April pour la semaine 36 de l'année 2013. Évalué à 4.
C'est mieux, mais appliqué systématiquement plutôt qu'en traitement pour les gens effectivement malades, ça constituerait une intrusion de la science dans quelque chose d'assez intime — l'humeur, donc —, qui me ferait froid dans le dos.
Quant à diminuer les sautes d'humeurs, quand celles-ci ne sont pas pathologiques, ou essayer de supprimer toute tristesse, ça me semble intrinsèquement une mauvaise idée, parce qu'il me semble qu'il est nécessaire de faire l'expérience de la tristesse pour pouvoir apprécier le bonheur qu'on peut avoir. Prenons l'exemple de la mort d'un proche : dans un tel cas, proposer un médicament qui supprime la tristesse me semblerait inhumain, le deuil est triste par nature, mais est malgré tout nécessaire.
Ça l'imposerait aux bébés fabriqués pour le plaisir de leurs parents, et je ne pense pas que le rapport soit le même entre une mère et un enfant qu'elle a porté, qu'entre une mère et un enfant qu'elle a acheté. C'est proche de l'adoption, sauf que ces enfants n'auraient pas du tout de vraie mère, et que l'adoption est conçue comme un palliatif à une situation anormale, et non un but en tant que tel — ce serait mieux s'il n'y avait aucun enfant à adopter.
On peut dire ça de toute dystopie : toutes sont de la fiction. Ça n'empêche pas de les utiliser comme avertissements, en sachant que même en faisant de très mauvais choix, tout ne se passera évidemment pas pareil.
Pour les cas extrêmes, pas de problème, on peut se nourrir quelques jours d'eau et de barres énergétiques protéinées, vitaminées et tout ce qu'il faut. Ça existe, ça ne rend pas malade à moins de ne manger que ça pendant des jours et des jours. En revanche, je suis content que ce ne soit pas trop répandu, parce que je suis faible : si on me donnait un moyen de passer très peu de temps à manger, et donc à me poser et à apprécier ce que j'ai, je risquerais de m'y mettre exclusivement.
C'est comme des téléphériques pour atteindre les sommets des montagnes : heureusement qu'on n'en a pas mis partout, sinon on serait nombreux à les utiliser au lieu de faire de la randonnée.