Si c'est ce que tu penses, c'est effectivement un malentendu.
Non, ce que je dirais pas contre c'est que si je devais prendre le problème du chômage à bras le corps, je placerais cette catégorie en priorité inférieure aux chômeurs désespérés et prêts à tout. Ces derniers sont en effet bien plus susceptibles de sortir complètement du système et du coup on n'en parlera plus, faute de gros chiffre pas beau à voir garantis et mesurables. Parce que les SDF c'est pas assez bons: le débat pourrait rapidement se porter sur la pertinence des chiffres. Trop compliqué ça. Faut pas le sortir trop souvent. Et puis ça semble tellement loin pour l'électeur, la rue dehors.
Par contre le chômage, ça peut être n'importe qui la semaine prochaine, alors ça c'est vraiment trop grave!
De même, nous avons une fois sur linuxfr débattu du "seuil de pauvreté" et on a eu le même problème: si j'écris (et je ne suis pas le seul) que le calcul est absurde et rentre le SDF qui crève de froid dehors dans la même case que des gens qui ont un toit et un boulot, même s'ils galèrent, on voit immédiatement une grosse levée de boucliers qui vont m'expliquer qu'il y a des gens qui ont un toit, un boulot et qui souffrent, que je ne peux pas les balayer d'un revers de la main, qu'on voit que moi j'ai pas de problème dans la vie, quel cruauté etc. etc.
Bilan: on va s'extasier devant les nouvelles aides proposées sans vouloir voir que le système à la Française fait que les gens à la rue ne pourront toujours pas en profiter pour de multiples raisons (absence d'info, d'adresse administrative, sentiment d'exclusion, etc.)
Ben vu de ma fenêtre, on n'attaque pas le problème par le bon bout! Mais pour la politique spectacle et soulager sa conscience, ça c'est bon, on est au top.
Pour aborder les problèmes par le bon bout, il faut les définir clairement. Ce n'est pas bon pour le spectacle qui joue sur l'émotionnel de dire que parmi les N millions de chômeurs, certains souffrent plus que d'autres, parce que du coup on va travailler avec des nombres plus petits, de façon pragmatique, et ça casserait un peu la dynamique à vues électoralistes.
On reproche à la droite d'avoir réduit artificiellement les chiffres en retirant des gens des listes. Je peux faire le même reproche à l'extrême-gauche de vouloir gonfler la note à tout prix sans aucun discernement.
[^] # Re: Tu peux développer?
Posté par Maclag . En réponse au journal Quitter la sécurité sociale. Évalué à 5.
Si c'est ce que tu penses, c'est effectivement un malentendu.
Non, ce que je dirais pas contre c'est que si je devais prendre le problème du chômage à bras le corps, je placerais cette catégorie en priorité inférieure aux chômeurs désespérés et prêts à tout. Ces derniers sont en effet bien plus susceptibles de sortir complètement du système et du coup on n'en parlera plus, faute de gros chiffre pas beau à voir garantis et mesurables. Parce que les SDF c'est pas assez bons: le débat pourrait rapidement se porter sur la pertinence des chiffres. Trop compliqué ça. Faut pas le sortir trop souvent. Et puis ça semble tellement loin pour l'électeur, la rue dehors.
Par contre le chômage, ça peut être n'importe qui la semaine prochaine, alors ça c'est vraiment trop grave!
De même, nous avons une fois sur linuxfr débattu du "seuil de pauvreté" et on a eu le même problème: si j'écris (et je ne suis pas le seul) que le calcul est absurde et rentre le SDF qui crève de froid dehors dans la même case que des gens qui ont un toit et un boulot, même s'ils galèrent, on voit immédiatement une grosse levée de boucliers qui vont m'expliquer qu'il y a des gens qui ont un toit, un boulot et qui souffrent, que je ne peux pas les balayer d'un revers de la main, qu'on voit que moi j'ai pas de problème dans la vie, quel cruauté etc. etc.
Bilan: on va s'extasier devant les nouvelles aides proposées sans vouloir voir que le système à la Française fait que les gens à la rue ne pourront toujours pas en profiter pour de multiples raisons (absence d'info, d'adresse administrative, sentiment d'exclusion, etc.)
Ben vu de ma fenêtre, on n'attaque pas le problème par le bon bout! Mais pour la politique spectacle et soulager sa conscience, ça c'est bon, on est au top.
Pour aborder les problèmes par le bon bout, il faut les définir clairement. Ce n'est pas bon pour le spectacle qui joue sur l'émotionnel de dire que parmi les N millions de chômeurs, certains souffrent plus que d'autres, parce que du coup on va travailler avec des nombres plus petits, de façon pragmatique, et ça casserait un peu la dynamique à vues électoralistes.
On reproche à la droite d'avoir réduit artificiellement les chiffres en retirant des gens des listes. Je peux faire le même reproche à l'extrême-gauche de vouloir gonfler la note à tout prix sans aucun discernement.