• [^] # Re: Qu'est ce qu'on y gagne ?

    Posté par . En réponse au journal Quitter la sécurité sociale. Évalué à 5.

    Bon faut arrêter deux secondes. Si je suis célibataire, à Paris, me contenter d'un 25m2, pourquoi pas (et encore, ça va les 5-10 premières années, mais au bout d'un moment on risque la déprime). Si j'ai quelqu'un dans ma vie, 25m2 ça devient petit, mais on peut espérer qu'en combinant les revenus on puisse arriver à un 40m2 sans se ruiner (un deux pièces, quoi). Si on désire fonder une famille, un deux pièces va vite être trop limité. Alors oui, quand on est ultra pauvre comme l'a été mon père (par exemple), on peut dormir à 3 ou 4 dans le même lit, manger une fois par jour de temps en temps lorsque les revenus sont un peu limites, mais je n'appelle pas ça « vivre ».

    Bref : faire des sacrifices au début est une chose, mais si cela ne se solde pas par une sorte d'équilibre après un certain temps, quelque chose ne va pas, et ce n'est pas juste « le beurre et l'argent du beurre ».

    Là où ça devient rigolo je trouve, c'est que tout le monde n'a pas la même relation avec l'espace et les gens. Tu ne peux pas demander à un claustrophobe de vivre dans un 9m2 (pour prendre un cas extrême). Je suis plutôt sociable, pas spécialement timide, mais lorsque je suis chez moi, il me faut un espace et une capacité de mouvement « corrects » : si à chaque fois que je sort de ma chambre, je tombe sur le/la colloc, je vais me sentir « contraint » spatialement (je ne sais pas si c'est clair). Ça ne veut pas dire que je ne vais pas le supporter (si j'en suis là, c'est que je n'ai pas le choix), mais je vais clairement vivre moins bien, et potentiellement cela va influer sur la vie en colloc elle-même (pour avoir vécu cette situation, cela se soldait en moi qui préférait lire sur un banc public en bas de mon immeuble plutôt que rentrer à l'appart).

    La différence c'est que je bosse dans un domaine qui paie bien et qui, au bout d'un moment va me permettre d'avoir le choix de comment je veux vivre niveau hébergement. Ce n'est pas le cas de la plupart des gens, qui doivent faire un ou plusieurs choix : changer de métier pour trouver quelque chose qui paie mieux que ce qu'ils ont actuellement, ou bien déménager là où leur métier paie mieux, etc. Un célibataire qui déménage, pas de problème. Une famille qui déménage, c'est déjà bien plus compliqué. Un célibataire qui se reconvertit en autre chose, c'est relativement compliqué (comment va-t-il se former ? ANPE ? employeur ?), avec une famille c'est encore plus compliqué.