• [^] # Re: Tu peux développer?

    Posté par . En réponse au journal Quitter la sécurité sociale. Évalué à 9.

    Bon, tout d'abord j'ai l'habitude de tutoyer les gens ici. Apparemment pas vous. Donc à partir de maintenant, je vouvoie. Au cas où: ce n'était pas par manque de respect.

    Cf. salaire net vs. salaire brut. Le revenu moyen que je propose est à comparer au SMIC net, vu que je le divise par deux (donc en l’occurrence tout ce qui est cotisations&co). Soit vous regarder le revenu brut et le comparez au PIB/hab. (mais perso. ça ne me parle pas et c’est trompeur je trouve), soit vous regarder le PIB/hab., grossièrement divisé par deux pour enlever tout ce qui est cotisations et impôts, avec le salaire net et en considérant de bon services publics (il faudrait aussi compenser l’usure du capital existant à vrai dire). J’ai dit que si ça n’était le loyer, et je sais que je ne suis pas le seul dans la situation ou le logement représente une grande part de mon budget, on vivrait bien même à 1000 €/individu. Après ce n’est qu’une moyenne, suivant la situation de chacun, il est clair que les niveaux de vie ne seront pas les mêmes.

    Je vous répète que vous ne pouvez pas d'un coup de baguette magique utiliser 100% du PIB pour le distribuer à la population. Le PIB ce n'est pas l'ensemble de ce que les dirigeants d'entreprises se mettent dans la poche ou reversent aux actionnaires en temps normal.

    C’est vous qui avez cité le DRH ? Donc vous avez eu la version du DRH. Une version des faits. Pardon, mais ce n’est pas ma façon de réfléchir en politique. Franchement le DRH, tout ce qu’il voit ce sont des refus : il ne connait rien de la situation de chômeurs à part quelques vagues préjugés. Ça a beau être votre ami, vous avez le droit d’avoir un regard critique sur ce qu’il dit. En fait vos sources sont à l’image de la télévision : des DRH, des cadres, des gens qui gagnent bien leur vie, on en voit souvent. Des gens sur le fil... beaucoup, beaucoup, beaucoup moins.

    Je ne sais pas s'il y a eu plusieurs citations, mais sinon oui, c'est moi.
    Et la "DRH" est passée par les recrutements des agences d'intérim et avant ça elle a enchaîné les petits boulots: vendeuse d'un magasin de jardinerie, hotliner, etc.
    Alors oui, quand un entretient commence par un mec qui est là uniquement parce que "je dois faire ça pour l'ANPE" et qui visiblement ne veut pas savoir de quoi il s'agit, des conditions de travail ni même du site, ça laisse des traces (ça en laisserait déjà moins si ça arrivait moins souvent).

    Vu que je ne suis pas si jeune, des chômeurs, j'en ai connu. Des gens qui sortent ingénieurs et qui sont caissiers au supermarché, j'en ai vus aussi (merci la bulle télécom). C'est pas drôle. Je suis au courant. Mais à vous lire, ils auraient peut-être dû ne pas prendre ces petits boulots et hurler contre ce monde injuste à la place.

    Vous faites par ailleurs un bel amalgame: je vous dis que des chômeurs qui acceptent de l'être existent et pourraient être plus nombreux que vous le croyez, et vous me répondez que beaucoup de chômeurs souffrent. Où ai-je dit que les chômeurs qui souffrent n'existent pas?

    Encore une fois, on nous sort des chiffres spectacles sur le chômage. On nous fait du spectacle à la télé. Aucune solution valable ne va en sortir tant qu'on n'acceptera pas de regarder le problème sous tous les angles.

    C'est le même problème que le "seuil de pauvreté" qui met des gens qui vivent sous un toit et mangent à leur faim au même rang que les exclus dont on ne fait que ramasser les cadavres dehors en hiver.

    1/ L’investisseur institutionnel ou celui qui brasse des millions, il diversifie ses investissements : il minimise de manière drastique les risques.
    2/ Moi je met mes petites économies. Si ça coule (c’est même pas mon projet), je n’aurai que mes yeux pour pleurer.
    3/ Avec mes petites économies, je ne serai qu’associé minoritaire, pas majoritaire. Si je sens que la boite se plante (et d’or et déjà il y a plein de trucs sur lesquels je ne suis pas d’accord), je n’aurai absolument aucun moyen de faire changer de direction à la boite : in fine c’est le majoritaire qui décide.

    1. Méconnaissance du monde de la création d'entreprise? L'investisseur institutionnel met très rarement quoi que ce soit pour créer l'entreprise. Il juge le potentiel de développement de l'entreprise. Il faut donc qu'elle existe et qu'elle ait quelque chose à montrer. En attendant qu'il daigne s'intéresser à celle-ci, le(s) fondateur(s) rame sur ses propres deniers (et souvent sur un empreint aussi en passant).

    2. Oui, tout comme le fondateur de la boite.

    3. Non, tout dépend de la boite et de son développement au moment où vous arrivez. Après c'est au cas par cas, et je ne dirais certainement pas que vous avez pris une mauvaise décision. Juste que dire qu'on vous demande de payer pour travailler est une énormité: on vous demande d'être co-"propriétaire" de la boite.
      (Je pense que beaucoup auraient bien voulu payer pour une petite part aux débuts d'Instagram).

    Oui, c’est là où c’est drôle. Vous avez avalez tout le bullshit sur la prise de risque&co et n’acceptez pas que des gens aient d’autres buts dans la vie et d’autres aspirations que de risquer se ruiner. Oui, la plupart des boites coulent, le PDG aurait dû le savoir et être super prudent, s’il se retrouve ruiné, il n’a pas à entrainer du monde dans sa chute. Mais évidemment, à force de propagande sur les "entrepreneurs", les "investisseurs" et j’en passe, on finit par faire croire à quelques couillons que c’est facile de monter une boite. Et ces mêmes couillons en veulent après à la terre entière (et notamment les salariés) d’avoir assurer leurs arrières, eux.

    J'accepte totalement que des gens puissent avoir d'autres buts dans la vie. Mais visiblement vous beaucoup moins. Du coup moi je reconnais le droit aux gens qui ont tout risqué et réussi de recevoir beaucoup plus que ceux qui ne veulent pas prendre de risque à la fin. Et je leur donne volontiers aussi le droit de garantir cette richesse qu'ils ont acquise. Comme vous le sous-entendez, c'es très difficile de monter une boite!!

    Dans votre discours, je lis qu'il faut taxer le capital, répartir pour tout le monde à égalité. C'est bien trop extrême à mes yeux.
    Souvent, je lis que si la boite marche bien, il faut immédiatement récompenser les salariés.
    Pourquoi? Ils ont fait le boulot pour lequel ils ont été payés, non? Ils n'ont accepté aucun des risques dont nous parlons jusqu'alors.
    Pour eux c'est soit ça marche et leur boulot est sûr, soit ça ne marche pas et c'est le chômage.
    Alors pourquoi donc dès que quelqu'un accumule un peu plus que les autres en travaillant, on crie à l'injustice et on demande qu'il redistribue??

    Quant à croire que tout le monde deviendrait PDG si les gens prenaient des risques et j’en passe et des meilleurs : c’est vous qui êtes dans l’utopie. En effet...

    Je n'ai jamais dit ça. Je n'ai d'ailleurs jamais essayé de monter une entreprise. C'est très difficile, et ça nécessite un investissement personnel bien trop important (et je ne parle pas de pognon). Comme vous dites: choix de vie. Par contre je ne vous cache pas que j'ai beaucoup de respect pour ceux qui se lancent.

    Je dirais juste que la plupart des emplois en France sont dans des PME, et que la plupart des PME ont démarré avec un mec qui a décidé de se lancer et s'est investi à fond. Si tous les "couillons" disparaissent, c'est pas 10% de chômage que vous allez avoir, c'est bien plus!!

    Et quelques années plus tard, s'il cartonne, pour le remercier d'avoir créé 200 emplois et d'entraîner des répercussions économiques locales positives, on le mettra au pilori pour être un salaud de patron trop riche et de pas redistribuer sa fortune.

    Globalement c’est bien simple : pour un mec qui réussit y’en a 100 qui coulent (chiffres bidons). Et ce quel que soit le mérite des uns et des autres : y’aura pas 101 PDG, parce que ce n’est économiquement pas viable. C’est le principe. Alors oui, ce n’est pas juste et les 100 qui ont été ruiné ont des raisons d’en vouloir à celui qui a réussi, malheureusement ces couillons préfèrent jeter la pierre à leurs salariés : couillon un jour, couillon toujours.

    En vrai, ça semble plutôt être 1:10. Et je ne me souviens pas avoir jamais entendu quelqu'un dire qu'il a échoué à cause des salariés.
    À cause de la crise, concurrence déloyale, bureaucratie, etc. Des excuses à la con, on en voit. Mais "c'est la faute aux employés qui se sont pas donnés assez", je ne l'ai pas encore entendue. Et pour cause: "est-ce que ça veut dire que vous ne savez pas recruter vos collaborateurs et que vous avez créé les conditions du désastre?". Voilà.

    Enfin, la plupart des gens qui se lancent n'imaginent pas devenir milliardaires. Souvent, c'est une bonne idée de business, l'envie de ne pas avoir de patron, l'envie d'accomplir quelque chose, et oui, disons-le: beaucoup de courage. L'appât du gain vient souvent après (et c'est tant mieux parce que les pâtes au beurre pendant un an en bossant 80h/semaine, ça fait pas rêver).

    Alors, perso. je n’ai pas envie de prendre de risques avec mes maigres économies. C’est mon droit, ma liberté. Je ne suis pas là pour jouer à la loterie avec des investissement qui ont neuf chances sur dix de couler, et accessoirement mes revenus, donc ma vie. Je rappelle à ce sujet que le jeu est une addiction est que ceux qui gobent toute cette histoire "d’investissements" et de "risques" sont de grands malades qui feraient mieux d’aller se faire soigner.

    Laissez-moi vous reciter un autre passage de vous:

    Vous avez avalez tout le bullshit sur la prise de risque&co et n’acceptez pas que des gens aient d’autres buts dans la vie et d’autres aspirations que de risquer se ruiner.

    Vous semblez par contre être un modèle de tolérance: "grands malades", "couillons", etc.

    Franchement, faites ce que vous voulez de votre vie, mais n'imposez pas votre mode aux autres. Il y a des gens qui veulent se donner beaucoup et être récompensés pour ça. Laissez-leur ça!

    Ben ça c’est une réalité. Vous n’allez faire croire à personne que le surplus de chômage ces dernières années est une décision simultanée de millions de chômeurs de ne plus vouloir travailler. C’est complètement débile comme thèse. C’est donc bien qu’il y a une cause extérieure, une contrainte qui les conduit au chômage et à y rester.

    Non. Par contre je vais vous affirmer que courir après le "capital" ou toute autre chimère ne changera rien au chômage, et que tous les chômeurs ne sont pas des malheureux au bout du rouleau qui ne savent pas quoi faire pour s'en sortir. (par contre je serais prêt à parier que c'est malheureusement cette catégorie là qui augmente).

    Tant qu'on restera braqué sur des chiffres spectacles et qu'on continuera à courir après des chimères, on ne résoudra rien.
    Comme je le disais avant: pour certains, c'est l'immigration, pour vous, c'est le "capitalisme" et ses contours tellement flous...