Je pense qu'un des passages les plus importants est celui-là :
nous ne sommes plus dans une société de surveillance a posteriori, mais dans une société de contrôle a priori : il est inutile de surveiller les individus dans une société démocratique libérale, puisque les consommateurs agissent en fonction des messages que les pouvoirs économiques et idéologiques leur distillent : achetez nos nouvelles technologies, nos smartphones, tablettes, consoles de jeu, achetez les tuyaux, on vous a préparé des contenus qui vous plairont, même si vous les critiquez.
Je trouve ce journal intéressant dans la mesure où il montre que les mêmes personnes qui sont complètement non libres et sous contrôle "volontaire" du sens du vent (qui par exemple passent leur temps à se masturber devant les derniers gadgets technologiques produits au prix d'une exploitation sans pitié, et en même temps répondent au sujet du milliard de personnes qu'on laisse mourir de faim "ouais, on sait, c'est vraiment pas bien..", avant de repasser à des occupations plus importantes), sont les mêmes qui crient à la liberté, s'indignent d'être surveillés etc.
Ils ne sont tout simplement pas assez intelligents (ou plutôt pas assez libres dans leur tête pour se permettre de penser par eux mêmes) pour se rendre compte que vu leur utilisation de leur liberté, il ne leur arrivera jamais rien même dans une société complètement sous contrôle de personnes plus riches, comme c'est ce qui est en train d'arriver. Ils resteront dans le sens du vent et rentreront dans les combines qui leur sont destinés, et seront très heureux.
Bien sûr j'aimerais croire moi aussi que comme le dit Benjamin Bayart, la simple existence d'internet permettra l'avènement d'une vraie démocratie, mais ça me paraît peu probable, un peu utopique. Les êtres humains vont forcément dans le sens du vent, et si le vent consiste à dire que "la liberté c'est bien" tout en n'osant jamais penser différemment de la pensée dominante (ce qui est le cas), alors c'est ce qui sera fait par la majorité.
En fait pour que les humains soient vraiment libres, il faudrait qu'au lieu de les matraquer d'idéologie somnifère, on les matraque avec le fait de devoir penser par eux mêmes, qu'on mette ça dans la tête des enfants dès l'école et qu'on les matraque avec ça dans les médias. Mais ça impliquerait que les riches perdent leur influence donc ça n'arrivera pas tout seul.
Tant que nous serons dans une économie capitaliste, les gens ne pourront pas être libres et exercer cette liberté (à une échelle "sociologique" bien entendu, à l'échelle d'un seul individu on pourra toujours en trouver qui exercent leur liberté mais là on s'en fout puisque ça ne changera rien au niveau global), tout simplement pare que si jamais ils l'exerçaient massivement, ils arrêteraient de se faire exploiter par d'autres et le capitalisme disparaîtrait. Je trouve que c'est un bon indicateur assez objectif si jamais on a un doute sur l'état de la société.
Est-ce que je suis contre internet pour autant ? Bien sûr que non, pas plut que je en suis pour le rétablissement de la royauté ou de l'esclavage. Mais ça n'empêche que, non, les gens ne sont pas libres juste parce qu'internet le permet. Et je trouve ça sain de se moquer d'eux, de leur mettre le nez devant leurs ... contradictions.
# Intéressant
Posté par namor . En réponse au journal La liberté d'internet est en danger.... Mais, au fait, de quelle liberté parle-t-on ?. Évalué à 1.
Je pense qu'un des passages les plus importants est celui-là :
Je trouve ce journal intéressant dans la mesure où il montre que les mêmes personnes qui sont complètement non libres et sous contrôle "volontaire" du sens du vent (qui par exemple passent leur temps à se masturber devant les derniers gadgets technologiques produits au prix d'une exploitation sans pitié, et en même temps répondent au sujet du milliard de personnes qu'on laisse mourir de faim "ouais, on sait, c'est vraiment pas bien..", avant de repasser à des occupations plus importantes), sont les mêmes qui crient à la liberté, s'indignent d'être surveillés etc.
Ils ne sont tout simplement pas assez intelligents (ou plutôt pas assez libres dans leur tête pour se permettre de penser par eux mêmes) pour se rendre compte que vu leur utilisation de leur liberté, il ne leur arrivera jamais rien même dans une société complètement sous contrôle de personnes plus riches, comme c'est ce qui est en train d'arriver. Ils resteront dans le sens du vent et rentreront dans les combines qui leur sont destinés, et seront très heureux.
Bien sûr j'aimerais croire moi aussi que comme le dit Benjamin Bayart, la simple existence d'internet permettra l'avènement d'une vraie démocratie, mais ça me paraît peu probable, un peu utopique. Les êtres humains vont forcément dans le sens du vent, et si le vent consiste à dire que "la liberté c'est bien" tout en n'osant jamais penser différemment de la pensée dominante (ce qui est le cas), alors c'est ce qui sera fait par la majorité.
En fait pour que les humains soient vraiment libres, il faudrait qu'au lieu de les matraquer d'idéologie somnifère, on les matraque avec le fait de devoir penser par eux mêmes, qu'on mette ça dans la tête des enfants dès l'école et qu'on les matraque avec ça dans les médias. Mais ça impliquerait que les riches perdent leur influence donc ça n'arrivera pas tout seul.
Tant que nous serons dans une économie capitaliste, les gens ne pourront pas être libres et exercer cette liberté (à une échelle "sociologique" bien entendu, à l'échelle d'un seul individu on pourra toujours en trouver qui exercent leur liberté mais là on s'en fout puisque ça ne changera rien au niveau global), tout simplement pare que si jamais ils l'exerçaient massivement, ils arrêteraient de se faire exploiter par d'autres et le capitalisme disparaîtrait. Je trouve que c'est un bon indicateur assez objectif si jamais on a un doute sur l'état de la société.
Est-ce que je suis contre internet pour autant ? Bien sûr que non, pas plut que je en suis pour le rétablissement de la royauté ou de l'esclavage. Mais ça n'empêche que, non, les gens ne sont pas libres juste parce qu'internet le permet. Et je trouve ça sain de se moquer d'eux, de leur mettre le nez devant leurs ... contradictions.