• [^] # Re: Joyeuse fête... ou pas

    Posté par . En réponse au journal Happy Bastille Day !. Évalué à 1.

    Je suis tout-à-fait d'accord sur le problème de l'enseignement de l'Anglais, qui favorise ceux qui ont les moyens de progresser hors système scolaire (séjours linguistiques, etc.: c'est pas gratuit!).

    Mais je doute que ce problème soit magiquement résolu avec l'Esperanto: comme tu dis, une langue, il faut la pratiquer tous les jours, sinon elle s'oublie.
    L'Anglais a au moins le mérite de pouvoir être pratiqué à l'écoute et la lecture grâce à la culture anglo-saxonne. Je doute de voir un jour quelque chose d'aussi prolifique dans une langue qui n'est la langue maternelle de personne.
    A cela, on ajoutera que les séjours linguistiques ne seront que de peu de secours, voire de recours pour l'Esperanto.

    Finalement, la solution Esperanto repose toujours sur le concept miraculeux qu'on va tous maîtriser la langue très rapidement et avec un minimum de ressources.
    Je pense que tu seras bien placée pour dire qu'une langue qui n'est apprise que dans une salle de classe ne peut, en fait, pas être acquise. Aussi facile soit-il, je reste sceptique sur l'exception Esperanto qui serait maîtrisé depuis une chaise en écoutant un prof et en lisant un peu. Mais avec l'Esperanto, on ajoute d'autres handicaps: on élimine d'entrée de jeu les possibilités d'immersion, et on restreint les possibilités de pratique via supports d'autres cultures.
    On enlève donc ce privilège de riche de pouvoir procurer un meilleur enseignement à leur progéniture. Mais je ne suis pas favorable au nivellement par le bas.

    Bref, le principal problème est l'enseignement des langues étrangères. On propose ici une mauvaise solution à une vraie problématique.

    Enfin, concernant le Mandarin, c'est vrai que c'est une langue très difficile d'accès. Mais au début du XXème siècle, le Français était la langue internationale, et on ne peut pas dire que c'était la plus simple.
    Et c'est bien là-dessus que je veux insister: l'Anglais ne s'est pas imposé parce qu'il est plus simple que le Français, mais par un changement dans l'équilibre des puissances. Si la majorité du commerce international finit par se faire avec la Chine, de plus en plus de gens apprendront la langue par souci d'efficacité personnelle, ou de compétitivité sur le marché de l'emploi. Petit-à-petit, on verra de plus en plus de gens pratiquer le Chinois à la place de l'Anglais, apprendre le Chinois en première langue étrangère (ça commence à venir en Asie du sud-est), et ensuite, ça se propagera naturellement.

    La langue internationale est affaire de puissance et rayonnement, pas de raison.