• [^] # Re: Prononciation

    Posté par . En réponse au journal Happy Bastille Day !. Évalué à 0.

    Tu pourrais avoir un bien meilleur résultat que la situation actuelle où si tu parles anglais personne ne te comprends. Très peu de personnes sont capable d'avoir une vraie conversation en anglais car c'est une langue vraiment difficile, quoi qu'on en dise. L'espéranto étant incommensurablement plus simple, cela n'a rien à voir. C'est pas parce que tu ne sais pas piloter un avion que tu peux pas faire du vélo (j'exagère un peu, mais c'est l'idée). Dans tout les cas ça améliorerai la situation de manière non négligeable.

    Donc la situation serai meilleur que celle d'aujourd'hui. Ce ne sera pas parfait, certes, mais est-ce que la situation actuelle l'est ?

    Projection:

    Je veux pratiquer l'Esperanto pour passer du stade de "je me démerde" au stade de "je suis un expert". Il faut pratiquer régulièrement, sinon, la langue ne rentre jamais, et pire: elle s'oublie. Comment faire?
    Tiens, je vais m'abonner à une chaine de films en Esperanto... ah zut! Il en existe 20 au total, presque tous co-financés par l'UE, parce que faire un film dans une langue que personne ne parle tous les jours, c'est un peu la misère intellectuelle, et en plus, je les connais déjà. Comme ennui profond, on ne risque pas de faire mieux, et le but c'est pas que je m'ennuie.
    Allons bon! Il est temps de faire un séjour linguistique. Où donc aller? Ah, problème: vu que personne n'est natif esperantiste, ça veut dire qu'en voyageant au hasard, je ne vais trouver que des locuteurs qui ont mon niveau: ils font des fautes et ne savent pas me corriger. Raté, à moins d'accepter l'idée qu'on parle tous très mal l'Esperanto.
    Il ne reste qu'une solution: trouver un professeur d'Esperanto. Ah oui, mais encore une fois, l'idée c'est que ce soit agréable. Passer une partie de sa vie en salle de cours juste pour perfectionner la maitrise d'une langue que personne ne maitrise vraiment nulle part, c'est tout de même moyen.
    Conclusion:
    si je veux perfectionner mon Anglais, je peux aller:
    -aux USA
    -au Canada
    -au Royaume-Uni
    -en Australie
    -peut-être même à Singapour, mais leur Anglais est allègrement mélangé avec des tournures de phrase traduites littéralement du Mandarin.
    si je veux perfectionner mon Esperanto, je peux aller:
    ... ben, nulle part!

    Alors soit effectivement l'Esperantro est tellement extraordinairement simplissime qu'on le parlera comme notre langue maternelle après quelques heures de cours par semaine, soit comme je le disais, on va faire un grand pas en avant vers la médiocrité.

    Est-ce que ce sera moins bien qu'avec l'Anglais? Et bien avec l'Anglais, la plupart des gens ont un niveau médiocre et quelques-uns un bon niveau. Avec l'Esperanto, tout le monde aura un niveau moyen sans plus.

    Les gens restent attaché à leur langue. L'espéranto ne va pas remplacer les langues maternelles, de la même façons que l'anglais ne le remplace pas.

    Singapour: 78% de Chinois (langue maternelle: Mandarin), 20% d'Indiens (langue maternelle: Hindi), 2% de Malais (langue maternelle: Malais). Langue nationale: Anglais
    Chine: des centaines, voire des milliers de dialectes à travers tout le pays. Un jour les dirigeants centraux ont tapé du poing sur la table et décrété que la seule langue nationale à partir d'aujourd'hui, c'est le Mandarin. Tu trouves encore beaucoup de personnes âgées qui n'en parlent pas un mot. Les dialectes sont encore enseignés de génération en génération, parce que oui, les gens restent attachés à leur langue, mais il en faut bien une commune à la fin.

    Pourquoi les Suisses se priveraient-ils de ce formidable outil de communication si facile à apprendre par tous au lieu de devoir tout traduire dans 4 langues? Ah mais non, c'est inimaginable, pas une question de réalisme, juste que ça mettrait par terre une partie des arguments en faveur de l'Esperanto.
    Fait: ce n'est pas parce que certaines choses ne sont pas souhaitables ou qu'elles ont une faible probabilité d'arriver qu'elles ne peuvent pas arriver

    Ces deux exemples-là (Chine & Singapour), je les connais pour avoir vécu dans ces pays, et j'aurais du mal à croire que ce sont les 2 seuls au monde dans ce cas et que le fait que j'y sois passé est une pure coincidence.

    Mains renseigne toi avant de dire cela. Des étude ont été faîte avec des enfants (qui n'était pas volontaire) et on a remarqué qu'ils avaient bien plus de simplicité pour apprendre l'espéranto que le français par exemple. Ça ne te viens pas à l'idée que c'est le fait que cette langue n'ai aucune exception, aucune règle inutile (pas de conjugaison, pas de déclinaison, pas de genre, pas d'idiome) et ça faculté impressionnante à combiner les mots qui permet d'avoir un vocabulaire extrêmement riche avec peu d'effort (comparé à l'anglais) qui rend la langue facile et très intuitive ?

    Tu as raison, je ne suis pas au courant de toutes les expériences pas biaisées faites avec l'Esperanto par des gens totalement neutres. Je ne savais donc pas que des enfants avaient eu une matière appelée Esperanto avec exercices et examens exactement comme on le fait pour l'Anglais aujourd'hui.
    Ah! Attends voir...

    on a remarqué qu'ils avaient bien plus de simplicité pour apprendre l'espéranto que le français par exemple.

    Je ne me souviens pas avoir jamais fait la promotion du Français comme langue commune internationale. C'est une langue compliquée à la grammaire très piégeuse. Pourquoi d'un coup on compare l'Esperanto avec le Français et pas l'Anglais?

    ça faculté impressionnante à combiner les mots qui permet d'avoir un vocabulaire extrêmement riche avec peu d'effort (comparé à l'anglais) qui rend la langue facile et très intuitive ?

    Ça c'est un argument pour être capable de parler, pas de comprendre. Quand on laisse la possibilité d'inventer des mots, on ouvre grand la porte à l'insertion de références culturelles locales!

    Ordinateur, ça se dit "komputero" ou "komputilo"? Ah ben ça fait déjà 2 mots que j'ai intérêt à retenir pour ordinateur, à moins que je décide d'en créer un moi-même, parce que je peux le faire. Si je dis "ordigilo", les Esperantistes du monde entier savent instantanément de quoi je parle, n'est-ce pas?

    (Note: j'espère que c'est une grosse blague: http://fr.wiktionary.org/wiki/komputilo, ça laisse rêveur!
    Étymologie du mot "komputilo": de l'Anglais computer et de ilo: outil!)

    Demande à un Chinois qui ne connait pas le mot, il ne comprendra aucun de ces mots. Un ordinateur, pour lui, intuitivement, c'est "cerveau électronique" (rien à voir avec intelligence artificielle).

    Alors oui, c'est vrai: on ne parle ici que de l'Europe, mais je ne connais pas toutes les langues d'Europe. Je parle de ce que je connais: les mots "créés" le sont toujours dans un certain contexte, et ce contexte est propre à une culture. C'est certain qu'en parlant Esperanto avec un Espagnol ou un Belge, le gap culturel sera raisonnable.

    On va bien se marrer quand l'Esperanto sera largement enseigné en cours en Europe avec chaque pays dont la langue maternelle locale est suffisamment différente pour aborder la création des mots avec des logiques différentes des nôtres.

    Et pour apprendre l'anglais, tu regardes des films Allemands, Hongrois ou Anglo-saxon ? Tu vas en Russie et en Chine pour l'immersion ou en Angleterre et au USA ? La culture associé à la langue anglaise est celle des pays anglo-saxon. Apprendre un langue c'est s'imprégner de cette culture. C'est non neutre. En sois c'est bien, sauf que là on est tous tourné vers une seule culture, et ça c'est moins bien.

    C'est vrai. Bannissons donc cette tendance abjecte à regarder chez les autres pour éviter d'en faire des privilégiés. Grâce à l'Esperanto, je pourrai totalement m'imprégner de la culture de n'importe quel autre pays... ou pas.
    Aujourd'hui, l'immersion en Anglais, c'est dans les pays Anglo-saxons. Demain, l'immersion en Esperanto, c'est nulle part. Faudrait pas privilégier un pays en allant à sa rencontre, chacun chez soi c'est mieux pour tout le monde.

    As-tu entendu parler de l'expression "nivellement par le bas"? Aujourd'hui, une partie de la population européenne parle la langue de références des communications internationales. C'est tout simplement inadmissible. Il faut faire une langue dont on est sûr qu'ils devront l'apprendre comme tout le monde, histoire qu'ils soient aussi emmerdés que les-autres. Ça renforcera certainement leur attachement à l'identité européenne. Ah oui, c'est vrai: vu qu'ils ne sont pas attachés à l'Euope aujourd'hui, priorité est faite de les en dégoûter le plus possible pour qu'ils se cassent le plus vite possible. C'est ça la "construction" européenne: tous ensembles, trouvons-nous un bouc-émissaire commun.

    Si. Ça change l'image que les citoyens ont de l'Europe. Et donc ça influence la politique. Si on renforce le sentiment européen, la politique peut devenir plus solidaire. Bon c'est des grosses spéculations, je l'admet. Mais comme l'euro, ce serait une manière de donner une forme plus concrète à l'Europe.

    Effectivement, pure spéculation teintée de beaucoup d'optimisme que je ne partage pas.