Il a par exemple été affirmé que l'ajout de debian-multimedia.org dans le /etc/apt/sources.list pouvait provoquer des conflits avec les paquets officiels et causer de graves dysfonctionnement.
Ce fut bien le cas à une époque, et je vais détailler ce que j'en avais compris. VLC resta pendant longtemps en version 0.8.4 — il me semble —, utilisant une version précise des libav{codec,format} de FFmpeg. Or pendant ce temps, ces bibliothèques reçurent une mise à jour incompatible sans changer leur SONAME, c'est à dire pour faire simple leur identifiant de version. Avec ces mises à jour, VLC compilait, se lançait, mais ne pouvait plus rien lire, ou plus lire grand chose en tout cas. Debian patcha donc ces bibliothèques pour maintenir la compatibilité avec les logiciels qui n'avaient pas encore contourné cette incompatibilité, notamment le VLC.
Là-dessus, Christian Marillat maintenait sa propre version des bibliothèques libav*, compilées pour prendre en charge des formats désactivés dans les versions de Debian pour des raisons de brevets logiciels de mairde. Or il n'appliqua pas les patchs de compatibilité introduits par Debian. Résultat : pour les utilisateurs de ses versions des libav*, VLC ne fonctionnait plus.
Le problème était même un peu plus subtil : pour s'assurer que les utilisateurs de son dépôt debian-multimedia utilisaient bien ses versions des paquets, Christian avait artificiellement augmenté leur numéro de version — par l'utilisation d'un numéro « super-majeur » appelé /l'epoch/, spécifique aux numérotations Debian, je vous laisse regarder la Charte Debian si vous voulez plus de détails. Cette mesure extrême fonctionnait très bien : utiliser le dépôt Marillat amenait automatiquement les versions Marillat à la place des versions Debian des paquets déjà installés ! Par conséquent, activer le dépôt Marillat cassait automatiquement le VLC…
Pour info, je crois que cette augmentation artificielle du numéro de version, avec les conséquences que je viens de décrire, a fait l'objet d'une guerre entre les Christian Marillat et les mainteneurs des paquets Debian officiels, chacun incrémentant le numéro de façon à reprendre le pas pour s'installer en priorité, ce qui explique le numéro relativement élevé de cet /epoch/ pour le paquet libavformat53 par exemple : 6:0.8.6-1.
# Problèmes de deb-multimedia
Posté par 🚲 Tanguy Ortolo (site web personnel) . En réponse au journal Attention au dépôt debian-multimedia.org !. Évalué à 10.
Ce fut bien le cas à une époque, et je vais détailler ce que j'en avais compris. VLC resta pendant longtemps en version 0.8.4 — il me semble —, utilisant une version précise des libav{codec,format} de FFmpeg. Or pendant ce temps, ces bibliothèques reçurent une mise à jour incompatible sans changer leur SONAME, c'est à dire pour faire simple leur identifiant de version. Avec ces mises à jour, VLC compilait, se lançait, mais ne pouvait plus rien lire, ou plus lire grand chose en tout cas. Debian patcha donc ces bibliothèques pour maintenir la compatibilité avec les logiciels qui n'avaient pas encore contourné cette incompatibilité, notamment le VLC.
Là-dessus, Christian Marillat maintenait sa propre version des bibliothèques libav*, compilées pour prendre en charge des formats désactivés dans les versions de Debian pour des raisons de brevets logiciels de mairde. Or il n'appliqua pas les patchs de compatibilité introduits par Debian. Résultat : pour les utilisateurs de ses versions des libav*, VLC ne fonctionnait plus.
Le problème était même un peu plus subtil : pour s'assurer que les utilisateurs de son dépôt debian-multimedia utilisaient bien ses versions des paquets, Christian avait artificiellement augmenté leur numéro de version — par l'utilisation d'un numéro « super-majeur » appelé /l'epoch/, spécifique aux numérotations Debian, je vous laisse regarder la Charte Debian si vous voulez plus de détails. Cette mesure extrême fonctionnait très bien : utiliser le dépôt Marillat amenait automatiquement les versions Marillat à la place des versions Debian des paquets déjà installés ! Par conséquent, activer le dépôt Marillat cassait automatiquement le VLC…
Pour info, je crois que cette augmentation artificielle du numéro de version, avec les conséquences que je viens de décrire, a fait l'objet d'une guerre entre les Christian Marillat et les mainteneurs des paquets Debian officiels, chacun incrémentant le numéro de façon à reprendre le pas pour s'installer en priorité, ce qui explique le numéro relativement élevé de cet /epoch/ pour le paquet libavformat53 par exemple : 6:0.8.6-1.