• [^] # Re: Supaire

    Posté par . En réponse au journal Faut-il arrêter l'Euro ?. Évalué à 3.

    Et à travers l’État, on peut en faire profiter un tas de gens (plus ou moins directement via les augmentations de salaires et cotisations qui s’ensuivent, ou encore les services publics)

    Encore une fois, le gros problème de l’inflation est qu’elle se dirige très mal. C’est bien beau de dire « le but n’est pas d’enrichir le CAC40 », mais en pratique ce sera un effet inévitable tant que « CAC40 » et « très gros fournisseur de l’État » seront fortement corrélés (Bouygues serait certainement ravi qu’une telle chose soit mise en place). Et dire « que l’inflation touche les plus faibles c’est pas grave parce qu’on peut les aider derrière » ne me convainc que moyennement, parce que si on fait le calcul :

    • Bouygues profite de l’inflation (gros fournisseur de l’état)
    • Les pauvres profitent de l’inflation (parce qu’on les aide)
    • L’état profite de l’inflation (si c’est lui qui imprime les billets)

    il manque dans l’image globale « qui paye » (l’inflation n’augmentant pas la richesse réelle globale, seulement la nominale)

    Par ailleurs, je vois mal l’intérêt de prendre d’une main aux pauvres (avec l’inflation) pour leur en redonner de l’autre (augmentation des dépenses) en se prenant un peu d’argent au passage (bah oui, il faut bien payer les fonctionnaires et politiciens, même en les supposant désintéressés et se contentant du minimum ils doivent bien manger…)

    Ce sera un impôt qui touchera principalement le rentier. C’est le but.

    Le rentier, tu le surprend la première année (et encore…). Par la suite il demande simplement un intérêt plus élevé, ou bien il mange son capital. En pratique, tu auras une partie des rentiers qui mangeront leur capital, diminuant l’offre de capital, et en supposant la demande constante (en pratique en période d’inflation la demande de capital augmente géneralement, principalement par des effets fiscaux sur la comptabilité des entreprises qui rendent l’emprunt plus attractif), ce qui autorise les autres rentier à augmenter les taux demandés.

    De fait, si le but est simplement de faire payer les rentiers, la proposition de faire une taxe spécifique me semble infiniment plus simple.

    Notamment celui qui possède de la dette d’État

    Ce qui fera mécaniquement baisser la demande, donc augmenter les taux. Mais de toute façon il me semblait qu’il n’y avait plus de marché d’obligations souveraines dans ton système, donc plus personne ne possèdera de dette d’État (il n’y en a plus), donc j’ai du mal à comprendre.

    (Et non, ça ne concerne pas la majorité des Français avec leur petite épargne – LA qui suivrait le taux d’inflation –, c’est le fait d’une minorité, la plus riche, car la répartition du capital est très inégale en fonction de la richesse.)

    24 millions de personne en France possèdent une assurance-vie. Alors certes c’est pas la majorité mais on est loin des 1% hein. Et à supposer qu’un foyer ne prenne qu’un contrat d’assurance-vie, c’est pas impossible que tu tombes sur la moitié des foyers…

    Le choix de son taux influe sur l’économie et la façon dont les agents se comportent

    Comme tout impôt.

    Le but étant de réduire le chômage

    Je t’arrête tout de suite, ça fait des décennies que cette théorie a été démentie par les faits (Staglflation). Ça marche tant que la plupart des agents économiques ne s’y attendent pas, mais à notre époque où même ma grand mère est sensibilisée à ce genre de sujet, inflation et chômage sont assez décorrelés (à moins de vouloir faire comme en Belgique et de fixer les salaires nominaux, mais dans ce cas ça revient juste à une baisse des salaires réels, et ça a au final assez peu de rapport avec les effets de l’inflation en elle-même).