Bizarrement, je n'ai pas du tout la même impression. Est-ce lié à la personnalité des collègues que je(tu) fréquente(s) ? À la matière enseignée ? Au type d'établissement ? À l'énergie dépensée pour promouvoir l'idée du libre ? Aussi je me garderai de généraliser, tant les biais statistiques possibles sont nombreux…
Quelques commentaires (plus sur la dépêche que sur ton commentaire en fait - chacun y reconnaitra les siens) : les travers que tu décris existent, je ne le nie pas. Tu les présente comme majoritaire. Je ne le pense pas. Ce qui est sûr, c'est qu'il est très minoritaire parmi les collègues que je fréquente. C'est évidement non représentatif, j'ai fait le tri dans mes collègues ;-)
Cupidité est un terme que je n'aime pas. Une relation marchande ne me choque pas plus que ça. J'ai eu l'occasion de travailler et d'être rémunéré par un de ces éditeurs de matériel pédagogique. Ils gagnent de l'agent avec l'éducation, oui. Ils apportent une plus-value à l'enseignement aussi. Ils font appels à des enseignants parce que ce sont eux qui sont les plus à même de les conseiller. Des gens que j'ai pu rencontrer chez eux, très peu avait enseigné. Que l'enseignant en retire un (petit) revenu n'est pas scandaleux. Pour ma part, il m'est arrivé, certaines années de faire ainsi un treizième mois, pas plus.
Les élèves qui participent à l'élaboration du matériel didactique sont souvent ignorés lors de la signature d'un contrat d'auteur.
Effectivement, avec deux bémols :
- une comparaison : lors d'un essai clinique le patient qui peu tirer un bénéfice direct du traitement expérimental n'est pas rémunéré au contraire des cobayes sains. Les élèves, eux aussi, en tirent un bénéfice direct. Bon, on ne leur demande pas leur avis et comparaison n'est pas raison…
- sur mes contrats d'auteur, j'ai systématiquement fait rajouter une clause pour étendre le droit d'utilisation gracieux à l'ensemble des enseignants de mon établissement. Clause jamais refusée mais jamais présente par défaut.
Les inspecteurs (…) préconisent l'achat de leur matériel
Je n'ai jamais rencontré ce cas. Peut-être que ça arrive, peut-être plus en lycée qu'en collège. Les enseignants sont les prescripteurs et font en général un choix éclairé (d'autant que les crédits pédagogiques fondent à vue d'œil) Il y a eu quelques couacs dans ce système relativement équilibrés, j'ai le souvenir d'UNE dotation en matériel particulièrement inapproprié qui traine dans un placard depuis plus de 10 ans, à peine déballée. Je me suis par contre beaucoup plus souvent planté en faisant de mauvais choix. Les problèmes ont plus été des problèmes de compétences ou de commandes trop précipitée, de choix de matériel bas de gamme que de la malveillance ou de intéressement.
Ce système favorise la conception et la vente de produits propriétaires et empêche les standards et les licences libres d'émerger.
Est-ce vraiment un effet pernicieux du système ou une ignorance du monde du libre ?
Sur le modèle des fab-lab, si je suis d'accord sur l'idée et le principe, j'y vois quand même un frein. Le matériel utilisé répond normalement à un certain nombre de normes de sécurité (que je connais très mal) et c'est le constructeur qui garantie le respect de ces normes. Que se passera-t-il en cas d'accident suite à un matériel défectueux ? Une chose est sûre : ma chef actuelle ne me couvrira pas pour du matériel DIY, c'est le lampiste qui prendra.
Je ne vois dons pas les choses de façon aussi noire mais au contraire je me réjouis de voir ces problèmes soulevé et débattus…
[^] # Re: Excellent diagnostic
Posté par Professeur Méphisto . En réponse à la dépêche Pourquoi les logiciels et le matériel pédagogique ne sont-ils pas libres en France ?. Évalué à 4.
Bizarrement, je n'ai pas du tout la même impression. Est-ce lié à la personnalité des collègues que je(tu) fréquente(s) ? À la matière enseignée ? Au type d'établissement ? À l'énergie dépensée pour promouvoir l'idée du libre ? Aussi je me garderai de généraliser, tant les biais statistiques possibles sont nombreux…
Quelques commentaires (plus sur la dépêche que sur ton commentaire en fait - chacun y reconnaitra les siens) : les travers que tu décris existent, je ne le nie pas. Tu les présente comme majoritaire. Je ne le pense pas. Ce qui est sûr, c'est qu'il est très minoritaire parmi les collègues que je fréquente. C'est évidement non représentatif, j'ai fait le tri dans mes collègues ;-)
Cupidité est un terme que je n'aime pas. Une relation marchande ne me choque pas plus que ça. J'ai eu l'occasion de travailler et d'être rémunéré par un de ces éditeurs de matériel pédagogique. Ils gagnent de l'agent avec l'éducation, oui. Ils apportent une plus-value à l'enseignement aussi. Ils font appels à des enseignants parce que ce sont eux qui sont les plus à même de les conseiller. Des gens que j'ai pu rencontrer chez eux, très peu avait enseigné. Que l'enseignant en retire un (petit) revenu n'est pas scandaleux. Pour ma part, il m'est arrivé, certaines années de faire ainsi un treizième mois, pas plus.
Effectivement, avec deux bémols :
- une comparaison : lors d'un essai clinique le patient qui peu tirer un bénéfice direct du traitement expérimental n'est pas rémunéré au contraire des cobayes sains. Les élèves, eux aussi, en tirent un bénéfice direct. Bon, on ne leur demande pas leur avis et comparaison n'est pas raison…
- sur mes contrats d'auteur, j'ai systématiquement fait rajouter une clause pour étendre le droit d'utilisation gracieux à l'ensemble des enseignants de mon établissement. Clause jamais refusée mais jamais présente par défaut.
Je n'ai jamais rencontré ce cas. Peut-être que ça arrive, peut-être plus en lycée qu'en collège. Les enseignants sont les prescripteurs et font en général un choix éclairé (d'autant que les crédits pédagogiques fondent à vue d'œil) Il y a eu quelques couacs dans ce système relativement équilibrés, j'ai le souvenir d'UNE dotation en matériel particulièrement inapproprié qui traine dans un placard depuis plus de 10 ans, à peine déballée. Je me suis par contre beaucoup plus souvent planté en faisant de mauvais choix. Les problèmes ont plus été des problèmes de compétences ou de commandes trop précipitée, de choix de matériel bas de gamme que de la malveillance ou de intéressement.
Est-ce vraiment un effet pernicieux du système ou une ignorance du monde du libre ?
Sur le modèle des fab-lab, si je suis d'accord sur l'idée et le principe, j'y vois quand même un frein. Le matériel utilisé répond normalement à un certain nombre de normes de sécurité (que je connais très mal) et c'est le constructeur qui garantie le respect de ces normes. Que se passera-t-il en cas d'accident suite à un matériel défectueux ? Une chose est sûre : ma chef actuelle ne me couvrira pas pour du matériel DIY, c'est le lampiste qui prendra.
Je ne vois dons pas les choses de façon aussi noire mais au contraire je me réjouis de voir ces problèmes soulevé et débattus…