ton pays qui ne répond pas à ta demande de taf, c'est de l'émigration professionnelle et la seule entité à condamner moralement est la France qui ne sait pas valoriser ses citoyens.
Mouais, gros mouais. Comme dit plus haut, l'état t'a quand même payé une bonne formation (… bon en informatique il y a aussi des auto-didactes qui ont aussi appris chez eux, mais le jeune formé a quand même eu de bonnes conditions de vies payées par tes concitoyens qui eux sont restés bosser en France), et c'est investissement qui a été fait dans l'idée que les gens restent travailler en France, apportent de la richesse et aident à financer le système social au sens large. Il me semble qu'il est quand même plus moral d'essayer de rétribuer de cette sorte—tout comme on essaie d'avoir un "reshare ratio" supérieur à 1 quand on récupère des fichiers sur un réseau P2P.
Bien sûr il s'agit d'une propriété "statistique" et il est normal que des gens partent, par exemple parce qu'ils ne trouvent pas de boulot sur place. (Ou aussi fassent des séjours à l'étranger pour voir comment ça se passe ailleurs et découvrir le monde.) Mais dans le discours des expatriés, sur LinuxFR par exemple, j'entends quand même souvent un opportunisme certain. Je caricature mais si l'URSS avait payé des couilles en or aux informaticiens pour développer sur place des logiciels de surveillance de goulags, on entendrait dire par ici que "ben quoi, je bosse en Sibérie, pas de ma faute si la France ne sait pas valoriser ses citoyens". (Certes, aujourd'hui les gens développent le goulag depuis la France et le vendent aux utilisateurs avec la bénédiction de l'état et de son crédit impôt-recherche. Mais on s'écarte, on s'écarte.)
Pour moi il y a un problème de l'œuf et la poule. On a de très raisonnables formations d'ingénieur, mais pas la Silicon Valley qui les fait rêver (à raison ou à tort), donc les gens partent aux US en expliquant que "pas de ma faute, ici il n'y a rien". Mais de quoi a-t-on besoin pour mettre en place de l'informatique de pointe trop intéressante et Inventer le Monde du Numérique ici en France ? Bah d'ingénieurs bien formés et prêts à se lancer sur des projets vraiments intéressants, au lieu de se casser en Californie ou à la BNP.
Alors certes on ne peut pas demander à tout le monde de prendre sur soi pour changer l'état du monde, de donner de sa personne en faisant des compromis pour que ce soit mieux après. Certains vont le faire et c'est très bien, d'autres vont privilégier leur intérêt personnel immédiat et bonne chance à eux. Mais on pourrait quand même attendre un peu plus qu'un simple, commode, et fort déresponsabilisant, "la France ne sait pas me valoriser".
[^] # Re: (ouhhhh le vilain exilé fiscal)
Posté par gasche . En réponse au journal Thèse or not thèse, that is the question.... Évalué à 5.
Mouais, gros mouais. Comme dit plus haut, l'état t'a quand même payé une bonne formation (… bon en informatique il y a aussi des auto-didactes qui ont aussi appris chez eux, mais le jeune formé a quand même eu de bonnes conditions de vies payées par tes concitoyens qui eux sont restés bosser en France), et c'est investissement qui a été fait dans l'idée que les gens restent travailler en France, apportent de la richesse et aident à financer le système social au sens large. Il me semble qu'il est quand même plus moral d'essayer de rétribuer de cette sorte—tout comme on essaie d'avoir un "reshare ratio" supérieur à 1 quand on récupère des fichiers sur un réseau P2P.
Bien sûr il s'agit d'une propriété "statistique" et il est normal que des gens partent, par exemple parce qu'ils ne trouvent pas de boulot sur place. (Ou aussi fassent des séjours à l'étranger pour voir comment ça se passe ailleurs et découvrir le monde.) Mais dans le discours des expatriés, sur LinuxFR par exemple, j'entends quand même souvent un opportunisme certain. Je caricature mais si l'URSS avait payé des couilles en or aux informaticiens pour développer sur place des logiciels de surveillance de goulags, on entendrait dire par ici que "ben quoi, je bosse en Sibérie, pas de ma faute si la France ne sait pas valoriser ses citoyens". (Certes, aujourd'hui les gens développent le goulag depuis la France et le vendent aux utilisateurs avec la bénédiction de l'état et de son crédit impôt-recherche. Mais on s'écarte, on s'écarte.)
Pour moi il y a un problème de l'œuf et la poule. On a de très raisonnables formations d'ingénieur, mais pas la Silicon Valley qui les fait rêver (à raison ou à tort), donc les gens partent aux US en expliquant que "pas de ma faute, ici il n'y a rien". Mais de quoi a-t-on besoin pour mettre en place de l'informatique de pointe trop intéressante et Inventer le Monde du Numérique ici en France ? Bah d'ingénieurs bien formés et prêts à se lancer sur des projets vraiments intéressants, au lieu de se casser en Californie ou à la BNP.
Alors certes on ne peut pas demander à tout le monde de prendre sur soi pour changer l'état du monde, de donner de sa personne en faisant des compromis pour que ce soit mieux après. Certains vont le faire et c'est très bien, d'autres vont privilégier leur intérêt personnel immédiat et bonne chance à eux. Mais on pourrait quand même attendre un peu plus qu'un simple, commode, et fort déresponsabilisant, "la France ne sait pas me valoriser".