• [^] # Re: Pourquoi un logiciel spécifique ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Logiciel de bible (pape toussa), Tanguy Ortolo est demandé!. Évalué à 3.

    Quoique votre opinion puisse parfaitement être soutenue, permettez-moi de me faire l'avocat d'une vision totalement antagoniste.

    Personne ne niera que la bible est surtout un livre religieux (même s'il s'y trouve quantité d'informations historiques). Tout le monde convient aisément de la difficulté de traduire la Bible. Pour le faire, il est indispensable de procéder à des choix interprétatifs. Et nous le savons tous, seules les journalistes savent adopter des points de vue parfaitement neutre sur les sujets qu'ils traitent (ironie). Donc le lecteur d'une traduction subira nécessairement les choix des traducteurs.

    Choisir de lire la TOB, c'est en apparence faire le choix d'une certaine forme d'œcuménisme et de neutralité. Mais n'est-ce pas qu'une apparence ?

    À l'opposée, je conseillerai plutôt de choisir une version clairement marquée d'un point de vue doctrinale. Avec deux avantages pour ce choix : premièrement savoir où l'on met les pieds ; les intentions des traducteurs sont clairement établies. Deuxièmement la cohérence. Que pourrait bien signifier un livre religieux adoptant un point de vue neutre en matière de religion ? Ne serait-ce pas un peu comme de lire un discours politique duquel on aurait soigneusement ôté des éléments assurant la cohérence afin de ne pas risquer d'emporter l'adhésion du lecteur.

    Du coup, quant à lire la bible pour une première approche je recommanderai plutôt :
    1) Une version à équivalence fonctionnelle. Les versions littérales sont trop difficile d'accès pour une lecture de plus de deux milles pages. Quiconque a lu la bible vous dira que même dans une traduction limpide, ce n'est pas une sinécure. Sauf à ne pas s'interroger sur ce que l'on lit.
    2) De choisir une version clairement marquée théologiquement. Celui qui se sent plutôt proche du catholicisme romain, qu'il prenne une « Jérusalem » ; pour ceux qui auraient plutôt des accointance avec le protestantisme une « semeur » ; et si l'on cherche vraiment l'accessibilité à tout prix, pourquoi pas une « parole de vie ».

    Juste un dernier mot de controverse quant à la TOB :-) le leitmotiv de cette traduction : « ne fâcher personne ». Quel dommage pour un texte se décrivant lui-même en objet de scandale. Si un tel projet a des côtés séduisants indéniable ; exposé ainsi, l'on en perçoit également une faille.

    « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace