• [^] # Re: Moi, ce qui me gène, est l'hypocrisie

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal [Attention, journal bookmark ET féministe] Tiens, prends ça, tu le mérites !. Évalué à 7.

    Déjà, la traduction du reportage me parait un peu douteuse. Le fait d'utiliser des guillemets pour traduire le terme "genre" ( qui pour moi dénote surtout une remise en question subtile de son existence ), le fait parfois d'employer le masculin quand on parle d'une femme ( genre l'étude de l'université d'Oslo, genre "elle est chercheur" pour Anne Campbell ), etc.

    Et le reportage est aussi émaillé de détails assez louches. Par exemple, la façon dont il dit "oui, les panneaux influencent les gens, suffit de voir ce panneau, ça montre un homme en train de creuser alors ça donne le sentiment que les femmes peuvent pas le faire", sans se rendre compte que l'ouvrier sur le panneau n'a rien de masculin, et que c'est surtout le fait de voir principalement des hommes faire ce genre de travail qui fait qu'on voit un homme dans le pictogramme.

    Ou le début, ou il interroge les gens qui vont dire "je crois qu'il y a des différences biologiques", et fait donc tout une partie du reportage sur ça ( et se fait même contredire 2 fois, donc il décide d'aller dans un autre pays pour trouver un autre scientifique qui va pas le contredire ). On voit qu'il commence par montrer que son argument est populaire car partagé par le publique ( en prenant même bien soit de respecter des quotas de femmes, d'étrangers, etc ).

    Ensuite, il va justement chercher un scientifique pour le mettre en situation conflictuel, et à aucun moment il ne précise de quels études il parle. Donc forcément, le docteur est coincé, va pas dire "je suis un rigolo, ce mec a raison". Une bonne manipulation classique.

    Je ne m'attarderais pas sur les stats sur internet sur 53 pays ( sachant que l'ONU reconnait 195 pays ) qui souffrent d'un biais évident sur le fait que c'est fait sur internet. À aucun moment le reporter n'en parle, et même si le scientifique dit "non, il faut plus d'études", c'est pas un point sur lequel on s'attarde.

    Ou l'argument d'autorité à l'échelle de tout Cambridge, tandis que le journaliste applique une maneuvre de "non mais je suis pas assez bon pour aller la bas", histoire que tout le monde puisse dire "nan mais c'est pas le journaliste biasé, c'est ce que les scientifiques disent, lui, il est comme toi et moi, il est pas assez malin". Ou "je vais passer par l'entrée de mr tout le monde", puis de remettre une couche sur "oui, ils sont aussi bon en comédie dans sa famille".

    Et ensuite sans surprise, il termine sur une conclusion sur l'effet de la testostérone à "ça explique pas mal de comportement", sur la base d'une seule étude ( car bon, ça suffit, pas besoin d'en faire plus, et pas grave si l'étude montre que la testostérone rends autiste, ça peut aussi servir pour montrer le reste )

    On noteras quand même qu'il va interroger des gens en dehors de leur domaine de compétence quand ça l'arrange. Par exemple, il va demander à quelqu'un qui bosse sur l'évolution de parler de l'éducation des enfants et sur la sociologie.

    Il refait d'ailleurs le coup de montrer le reportage à Anne Campbell, qui ne contredit pas le scientifique mais qui ne l'approuve pas, et le reporter dit "tout ces scientifiques anglais contredisent les norvégiens" ( notons qu'il y a 3 scientifiques anglais au total ).

    Puis il retourne discuter avec la scientifique norvégienne, pose une question dont on a pas la teneur mais juste la réponse ( donc de la à dire qu'il a retiré tout un tas de trucs, il y a un pas que je vais franchir sans souci au vue du reste du reportage ), puis remets en cause les bases scientifiques de son travail ( alors qu'il a totalement pas fait ça pour les autres ), sur base de rivalité entre science classique et sociologie.

    Rivalité bien sur entretenu par le journaliste via des vidéos, on noteras que les premiers ont juste droit à un enregistrement basse résolution avec un mauvais son, et que les norvégiens ont droit au macbook avec une vidéo potable, au passage, sans doute pour que les norvégiens puissent voir en face la personne qui les contredit, afin de les braquer bien correctement pour la suite. Braquage qui arrive bien sur.

    Et la conclusion est magique, le reporter ressort le prof anglais ( celui qui a été totalement encensé ) comme voie du milieu, histoire de dire "je suis pas partial du tout au final". Alors que non, il est clairement dans l'attaque du camp "rien n'est biologique".

    Je passerais sur la description youtube :
    "Ce documentaire d'Harald Eia montre comment les réseaux LGBT ont noyauté l'université pour lui donner un niveau des plus médiocres. Le ménage a commencé chez eux. Et chez nous ?"

    qui me laisse sans voix, et sur la fin du reportage avec les sous titres français qui incite à arrêter tout type de recherche sur le genre.

    D'ailleurs, l'émission a aussi abordé la questions des races, du sexe, etc :
    http://en.wikipedia.org/wiki/Brainwashing_(TV-program)

    et en effet, semble avoir causé la fermeture des études d'un centre de recherche :
    http://en.wikipedia.org/wiki/Nordic_Gender_Institute

    Bien sur, en aucun cas on ne peut lier ça à d'autres raisons comme rivalité entre laboratoires, réduction des budgets ou une forme de populisme à peine caché du reportage. Et même si je suis plus d'accord sur le fait que les gènes influencent aussi en partie le comportement ( et pas que la testostérone, si tu te fait vanner car tu es roux et que tu deviens un 2eme hitler à cause de ça, ça reste une origine génétique comme social ).Et bien sur, comme c'était le premier reportage, en aucun cas le journaliste a voulu une émission trollifére afin de booster son audience, bien sur que ce non.

    Et au final, si ce que le reportage dit que la testostérone défavorise le fait d'être sociable, pourquoi est ce que le logiciel libre, qui est basé sur justement la collaboration, est une activité vu comme étant male si on considére que la testostérone défavorise ce trait ?