• [^] # La construction de l'identité

    Posté par . En réponse au journal [Attention, journal bookmark ET féministe] Tiens, prends ça, tu le mérites !. Évalué à 10.

    «Et le féminisme est une des causes» je ne m'attarderai pas sur ton troll.

    non, notre "communauté" (c'est à la mode) n'est pas malade, c'est notre société qui est malade.

    Soit.
    Et en dehors de la définition ici présente de «geek», qui ne me sied guère parceque je lui trouve un aspect consumériste, et de passivité, qui n'a rien à voir avec les «geeks» du LL. Faisons avec, et prenons la définition de «geek» telle que «personne technophile». En dehors également des divers abus dénonciateurs, car il me semble bien être des abus. Il y a un paradoxe.

    Celui du «geek», dont l'identité s'est forgée contre l'image de l'homme "beau, sportif et social" véhiculée comme référentiel pour les garçons depuis le début de l'ère industrielle. Le beau n'étant plus subjectif, ces canons sont devenus une norme. L'identité geek s'est forgé malgré cela, regroupant de jeunes hommes plutôt timides, pas taillés pour le marathon et plutôt portés sur les sciences et la logique, pour reprendre le définition courante (revoir ce reportage si la mémoire faibli). Les jeunes filles n'ont pas été épargnées, elles aussi victimes de cette transformation d'une subjectivité en norme physique et intellectuelle. Doublement, car en plus d'être abreuvées par cette même image d'homme idéal, elles subissaient dans le même temps celle qui leur était destinée : pas seulement des canons de beauté pour elles, mais aussi la passivité au service de cet homme.

    Il y a donc un paradoxe a constater aujourd'hui que les «geeks» ont un problème avec la gente féminine, et que par réaction la gente féminine n'est toujours intégrée aux «geeks». Mais quelle en est l'origine exactement ? Le «geek», intellectuel, réfléchi, cultivé, s'est il laissé dominé par l'image que la société de consommation lui a offerte ? A l'heure où «ils en forment la classe dominante» ne sont ils plus capables d'être ce qu'ils ont été ? C'est finalement pourquoi je réfute totalement cette définition fourre-tout de «geek» : je n'y vois que des consommateurs abreuvés de télé et de jeux vidéos, pas des geeks. Mais cela n'enlève rien au problème : la technophilie est aujourd'hui porteuse d'une bien piètre image de la femme. Un retour arrière de 40 ans.

    La construction de l'identité ne se fait plus sur l'entourage direct, mais aussi (voir essentiellement) sur une mondialisation du référentiel culturel et social.

    La honte, finalement, ce n'est pas que des féministes s'en pré-occupent… La honte c'est que seules des féministes s'en pré-occupent.