Ah, en fait, je comprends mieux : «recherche» c'est les œufs brouillés, «mettre en forme» c'est cuire, «glissement sémantique» c'est la ciboulette, et «opération de composition» c'est le mélange. Du coup, «cette recherche est mise en forme par un glissement sémantique, opération de composition», ça veut dire «je vais me faire une omelette à la ciboulette».
Tu ne peux pas te construire un jargon pseudo-artistique sur des concepts qui n'ont aucune réalité ni aucune définition. C'est exactement l'histoire du canular de Sokal en 1996 : il y a une communauté de gens qui ont l'air de se comprendre à l'aide d'un jargon abcons, et qui donnent, vu de l'extérieur, l'impression qu'ils partagent des concepts et un vocbulaire commun. Mais c'est juste une coquille vide et superficielle, puisqu'il suffit de parler comme eux, avec le même vocabulaire, mais sans aucun fond, pour faire partie de leur communauté. Si tu dis à un biologiste "Ce qui m'intéresse, c'est la recombinaison cellulaire des protéines ectopiques", il va rigoler. Si tu dis à un acousmaticien (?) "Ma démarche est de juxtaposer les concepts narratifs et symboliques de manière pragmatique", j'ai l'impression qu'il va répondre "ah oui? Ça a l'air intéressant". Tu sembles penser le contraire, on ne va pas faire l'expérience (parce que dans le fond, je m'en fous un peu beaucoup), mais je pense que c'est une bonne chose d'apporter au lecteur un point de vue critique sur la possibilité de l'existence de communautés de gens qui se gargarisent à jargonner dans le vent.
Ça ne remet d'ailleurs pas en cause l'intérêt éventuel de l'acousmatique, qui semble être une sorte de musique moderne faite avec des bruits. Et comme je l'ai déja dit plus haut, certaines pages liées dans le journal sont jargonnantes, mais sensées.
[^] # Re: Plop
Posté par arnaudus . En réponse au journal Une pratique acousmatique sous logiciels libres. Évalué à 9.
Ah, en fait, je comprends mieux : «recherche» c'est les œufs brouillés, «mettre en forme» c'est cuire, «glissement sémantique» c'est la ciboulette, et «opération de composition» c'est le mélange. Du coup, «cette recherche est mise en forme par un glissement sémantique, opération de composition», ça veut dire «je vais me faire une omelette à la ciboulette».
Tu ne peux pas te construire un jargon pseudo-artistique sur des concepts qui n'ont aucune réalité ni aucune définition. C'est exactement l'histoire du canular de Sokal en 1996 : il y a une communauté de gens qui ont l'air de se comprendre à l'aide d'un jargon abcons, et qui donnent, vu de l'extérieur, l'impression qu'ils partagent des concepts et un vocbulaire commun. Mais c'est juste une coquille vide et superficielle, puisqu'il suffit de parler comme eux, avec le même vocabulaire, mais sans aucun fond, pour faire partie de leur communauté. Si tu dis à un biologiste "Ce qui m'intéresse, c'est la recombinaison cellulaire des protéines ectopiques", il va rigoler. Si tu dis à un acousmaticien (?) "Ma démarche est de juxtaposer les concepts narratifs et symboliques de manière pragmatique", j'ai l'impression qu'il va répondre "ah oui? Ça a l'air intéressant". Tu sembles penser le contraire, on ne va pas faire l'expérience (parce que dans le fond, je m'en fous un peu beaucoup), mais je pense que c'est une bonne chose d'apporter au lecteur un point de vue critique sur la possibilité de l'existence de communautés de gens qui se gargarisent à jargonner dans le vent.
Ça ne remet d'ailleurs pas en cause l'intérêt éventuel de l'acousmatique, qui semble être une sorte de musique moderne faite avec des bruits. Et comme je l'ai déja dit plus haut, certaines pages liées dans le journal sont jargonnantes, mais sensées.