• # L'Éthique hacker et l'esprit de l'ère de l'information

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Pourquoi les programmeurs sont grognons. Évalué à 9.

    La lecture de cet article (qui était pas mal repris sur twitter par exemple, il y a presque 2 mois) m'a fait pensé à un bouquin que j'ai adoré : « L'Éthique hacker et l'esprit de l'ère de l'information » de Pekka Himanen.

    Je reprends ce que j'avais écris à l'époque.


    Je conseil réellement ce livre à tous les développeurs, tous les ingénieurs, toutes les personnes qui sont intéressées de près ou de loin par les hackers (ou qui pensent en être un).

    Pour vous parler de ce livre, je vais déjà vous citer un passage de l'article sur les ingénieurs grincheux qui m'a vraiment fait penser à celui-ci :

    Revoyons un instant ce qui fait avancer les ingénieurs :

    • Être créatif
    • Résoudre des problèmes
    • Avoir une incidence sur la vie des gens

    Notez une absente dans cette liste. L'argent. Donner bêtement de l'argent à un ingénieur ne le satisfera que rarement. Cela fait cliché, mais ça n'a rien à voir avec l'argent. L'argent permet de s'amuser, mais ce qui nous intéresse vraiment c'est le code et la création. Lorsque nous pouvons le faire dans un environnement sain, nous sommes heureux, et pour très longtemps.

    Ce livre est en réalité un livre de philosophie. Si vous désirez un livre technique, passez votre chemin. Par contre, mine de rien il a une préface intéressante, par un certain Linus Torvalds

    Ce livre oppose l'éthique hacker à l'éthique protestante du travail. D'ailleurs le titre de l'ouvrage est une sorte de clin d'œil au premier livre dans lequel le terme d'éthique protestante du travail est apparu. Il s'agit d'un livre de Max Weber intitulé « L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme ». Et cette opposition cadre parfaitement avec le passage cité.


    Tant qu'à faire, voici la quatrième de couverture :

    « Il y avait la rock'n'roll attitude, il y a désormais la “hacker attitude“, un modèle social pour l'ère post-industrielle », expliquait Libération lors de la parution de ce libre au début de l'année 2001 aux Etats-Unis. On considérait jusqu'à présent le « hacker » comme un voyou d'internet, responsable d'actes de piratage et de vols de numéros de cartes bancaires. L'essor du Net a contribué à cette mauvaise réputation, certes tronquée et trompeuse, des flibustiers de la grande toile.

    Le philosophe Pekka Himanen voit au contraire les hackers comme des citoyens modèles de l'ère de l'information. Il les considère comme les véritables moteurs d'une profonde mutation sociale. Leur éthique, leur rapport au travail, au temps ou à l'argent, sont fondés sur la passion, le plaisir ou le partage. Cette éthique est radicalement opposée à l'éthique protestante, telle qu'elle est définie par Max Weber, du travail comme devoir, comme valeur en soi, une morale qui domine encore le monde aujourd'hui.

    Cet essai de Himanen - déjà salué par la critique aux Etats-Unis et au Japon - ouvre de nouvelles voies pour penser l'avenir des sociétés post-industrielles et la transformation en cours du capitalisme.

    Pekka Himanen, né en 1973, docteur en philosophie, enseigne à l'université d'Helsinki, ainsi qu'à l'université de Berkley en Californie.

    Linus Torvalds, illustre hacker, est à l'origine du système d'exploitation Linux.

    Manuel Castells, professeur de sociologie à l'université de Berkley, est notamment l'auteur de L'ère de l'information (Fayard).


    Sinon vous pouvez aussi aller lire cette intéressante interview de Roberto Di Cosmo.