J'en profite pour consulter l'opinion générale quant à un sujet qui m'interroge : les discours fallacieux sur le droit d'auteur.
Pour ceux qui n'auraient pas lu, l'EFF pointe du doigt un certain nombre d'assertions trompeuses fournies par le Center for Copyright Information ou CCI. En fait d'information, il semble s'agir de désinformation subtilement distillée.
Force est de constater qu'en la matière le discours de l'internaute moyen comme du citoyen lambda est souvent emprunt d'erreurs, de lieux communs confus voire faux, et autres paralogismes. Personnellement, je ne peux que constater l'évolution radicale de ma propre pensée et de mes connaissances en la matière, au fur de la fréquentation virtuelle du monde du logiciel libre.
Candidement, j'attribuais ces faits — l'ignorance collective et les errements passés de mes préjugés — à la simple absence d'information en une matière qui ne préoccupe guère. Mais le constat des errements de la communication des spécialistes — c'est le cas ici avec le site du CCI, mais de telles bévues systématiquement orientées ont également été relevées à bien d'autres occasions dans les communications institutionnelles — pousse à s'interroger. l'état de désinformation du grand public sur le droit d'auteur ne relèverait-il pas d'un politique consciente de désinformation plutôt que de la somme des divagations individuelles ?
À la décharge des lobbyistes communicants du droit d'auteur industriel, on pourrait relever qu'étant donné l'état effarant de la culture populaire sur le sujet, il est fort naturel que leurs employés commettent ainsi nombre de contre vérités et autres travestissements détournant le droit à leur profit. C'est un peu le serpent qui se mord la queue. Autre exemple, à la décharge de l'industrie de l'avoir-droit, leur capacité outrageante à s'approprier toute forme de production de l'esprit et à considérer qu'en tant que bénéficiaires et défendeurs de ce droit exclusif, tout leur est permis. Ainsi trouve-t-on aisément nombre d'anecdotes affligeantes. Comme le centre français du droit de la copie piratant allègrement les articles d'un chercheur, ou cette députée piratant sans vergogne tout en se faisant le pourfendeur des pratiques illégales d'autrui. Tous éléments accréditant plutôt la thèse des pieds nickelés du droit.
Alors, à votre avis : complot machiavélique, ou tartufferie scurrile ?
# Grand cru & questionnement
Posté par ǝpɐןƃu∀ nǝıɥʇʇɐW-ǝɹɹǝıԀ (site web personnel) . En réponse à la dépêche Revue de presse de l'April pour la semaine 9 de l'année 2013. Évalué à 5.
Excellente version de la revue de presse. Merci.
J'en profite pour consulter l'opinion générale quant à un sujet qui m'interroge : les discours fallacieux sur le droit d'auteur.
Pour ceux qui n'auraient pas lu, l'EFF pointe du doigt un certain nombre d'assertions trompeuses fournies par le Center for Copyright Information ou CCI. En fait d'information, il semble s'agir de désinformation subtilement distillée.
Force est de constater qu'en la matière le discours de l'internaute moyen comme du citoyen lambda est souvent emprunt d'erreurs, de lieux communs confus voire faux, et autres paralogismes. Personnellement, je ne peux que constater l'évolution radicale de ma propre pensée et de mes connaissances en la matière, au fur de la fréquentation virtuelle du monde du logiciel libre.
Candidement, j'attribuais ces faits — l'ignorance collective et les errements passés de mes préjugés — à la simple absence d'information en une matière qui ne préoccupe guère. Mais le constat des errements de la communication des spécialistes — c'est le cas ici avec le site du CCI, mais de telles bévues systématiquement orientées ont également été relevées à bien d'autres occasions dans les communications institutionnelles — pousse à s'interroger. l'état de désinformation du grand public sur le droit d'auteur ne relèverait-il pas d'un politique consciente de désinformation plutôt que de la somme des divagations individuelles ?
À la décharge des lobbyistes communicants du droit d'auteur industriel, on pourrait relever qu'étant donné l'état effarant de la culture populaire sur le sujet, il est fort naturel que leurs employés commettent ainsi nombre de contre vérités et autres travestissements détournant le droit à leur profit. C'est un peu le serpent qui se mord la queue. Autre exemple, à la décharge de l'industrie de l'avoir-droit, leur capacité outrageante à s'approprier toute forme de production de l'esprit et à considérer qu'en tant que bénéficiaires et défendeurs de ce droit exclusif, tout leur est permis. Ainsi trouve-t-on aisément nombre d'anecdotes affligeantes. Comme le centre français du droit de la copie piratant allègrement les articles d'un chercheur, ou cette députée piratant sans vergogne tout en se faisant le pourfendeur des pratiques illégales d'autrui. Tous éléments accréditant plutôt la thèse des pieds nickelés du droit.
Alors, à votre avis : complot machiavélique, ou tartufferie scurrile ?
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace