Cela ne me gêne pas du tout de tuer des plantes, ou des microbes, ça ne souffrent pas. Ils n’ont ni système nerveux, ni cerveau. Ils n’ont donc aucune sensation, aucun plaisir, aucune souffrance, et donc ils n’ont pas d’intérêts à prendre en compte.
Tu introduis de drôles de notions… je ne pense pas que le fait de tuer ou non un être vivant soit vraiment lié à la souffrance provoquée chez cet être vivant. La souffrance est connue de l'homme et l'homme a cette faculté à faire des projections mentales, ainsi que de penser rétrospectivement, c'est pourquoi la souffrance de l'être tué sera parfois accompagnée, parfois atténuée, parfois ignorée, parfois recherchée, seront mis-en-place divers modes opératoires, méthodes, rites… La douleur de l'être tué est prise en compte, mais n'est pas du tout un empêchement. Elle n'est un empêchement que pour le novice qui tient le couteau pour la première fois, et le citadin qui ne connaît que le poisson carré et les lasagnes au minerai, et qui n'a jamais approché la souffrance animale parce qu'il n'a jamais approché l'animal.
Pour terminer sur le thème de la souffrance, dire qu'un être vivant ne souffre pas parce qu'il n'a pas de système nerveux est comme dire qu'un être n'est pas vivant parce qu'il ne respire pas, pourtant il existe des êtres vivants anaérobies.
Pour rebondir sur l'idée qui a surgit ça et là dans la conversation, comme quoi ne pourrait manger de la viande que celui qui n'a jamais vu un animal souffrir, je réponds que l'homme a mangé de la viande avant de vivre en ville, et que le fait de tuer l'animal de ses mains n'a jamais rebuté l'humanité. Il a fallu inventer la ville puis l'abattoir pour être dégoutté de la mort de l'animal. M'est avis que le végétarisme est donc surtout un phénomène citadin et lié à une certain degré de civilisation, et que si le végétarisme est assez ancien. Quand le végétarisme est motivée par le refuse de la mort de l'animal (il y a d'autres raisons), m'est avis que le problème n'est pas de ne pas supporter de voir mourir un animal, mais de ne pas supporter l'idée même de la mort de l'animal chez celui à qui n'a jamais été initié à la mort de l'animal, quand bien même il ne la verrai jamais.
Souvent des végétariens disent que « si tous les hommes visitaient un abattoir, l'humanité serait végétarienne » ou qu'« il suffit de voir un animal mourir pour être mangé pour ne pas vouloir manger [de] l'animal ». Cette idée part du principe que la consommation de viande n'est possible que lorsque la mort de l'animal est rendu artificiellement très éloignée du quotidien et des préoccupations de l'homme, par exemple par l'invention de l'abattoir et de la longue chaîne qui sépare l'animal de l'assiette du consommateur, distance à la fois géographique et temporelle grâce à l'invention récente de diverses méthodes de conservation.
Cette idée d'un homme ne pouvant manger de l'animal que par ignorance ne tient pas. Cette ignorance est très récente dans l'histoire humaine, une exception. De tout temps l'homme a mangé l'animal, juste après l'avoir tué, surtout qu'il ne pouvait pas vraiment le conserver. Quand (pour faire de l'histoire de France) la politique de redressement productif fut symbolisée par la volonté « qu’il n’y aura point de laboureur en mon Royaume qui n’ait moyen d’avoir une poule dans son pot », il est attendu que le laboureur tue ladite poule, qu'il a lui-même élevé ou bien achetée vivante à son voisin.
Je pense que beaucoup de lecteurs de DLFP ont dans leur famille quelqu'un (si ce n'est lui-même) qui a tué un animal pour le manger. Ma propre mère pourtant née dans les banlieues grises parisiennes a décapité les canards dans son enfance… Ça ne l'a jamais empêché de manger du canard !
Si l'homme qui voit la mort de l'animal ne mange pas d'animal, l'homme ne serait pas omnivore. Ça peut sembler étonnant.
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes
[^] # Re: Poisson
Posté par Thomas Debesse (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Variations sur un thème culinaire. Évalué à 6.
Tu introduis de drôles de notions… je ne pense pas que le fait de tuer ou non un être vivant soit vraiment lié à la souffrance provoquée chez cet être vivant. La souffrance est connue de l'homme et l'homme a cette faculté à faire des projections mentales, ainsi que de penser rétrospectivement, c'est pourquoi la souffrance de l'être tué sera parfois accompagnée, parfois atténuée, parfois ignorée, parfois recherchée, seront mis-en-place divers modes opératoires, méthodes, rites… La douleur de l'être tué est prise en compte, mais n'est pas du tout un empêchement. Elle n'est un empêchement que pour le novice qui tient le couteau pour la première fois, et le citadin qui ne connaît que le poisson carré et les lasagnes au minerai, et qui n'a jamais approché la souffrance animale parce qu'il n'a jamais approché l'animal.
Pour terminer sur le thème de la souffrance, dire qu'un être vivant ne souffre pas parce qu'il n'a pas de système nerveux est comme dire qu'un être n'est pas vivant parce qu'il ne respire pas, pourtant il existe des êtres vivants anaérobies.
Pour rebondir sur l'idée qui a surgit ça et là dans la conversation, comme quoi ne pourrait manger de la viande que celui qui n'a jamais vu un animal souffrir, je réponds que l'homme a mangé de la viande avant de vivre en ville, et que le fait de tuer l'animal de ses mains n'a jamais rebuté l'humanité. Il a fallu inventer la ville puis l'abattoir pour être dégoutté de la mort de l'animal. M'est avis que le végétarisme est donc surtout un phénomène citadin et lié à une certain degré de civilisation, et que si le végétarisme est assez ancien. Quand le végétarisme est motivée par le refuse de la mort de l'animal (il y a d'autres raisons), m'est avis que le problème n'est pas de ne pas supporter de voir mourir un animal, mais de ne pas supporter l'idée même de la mort de l'animal chez celui à qui n'a jamais été initié à la mort de l'animal, quand bien même il ne la verrai jamais.
Souvent des végétariens disent que « si tous les hommes visitaient un abattoir, l'humanité serait végétarienne » ou qu'« il suffit de voir un animal mourir pour être mangé pour ne pas vouloir manger [de] l'animal ». Cette idée part du principe que la consommation de viande n'est possible que lorsque la mort de l'animal est rendu artificiellement très éloignée du quotidien et des préoccupations de l'homme, par exemple par l'invention de l'abattoir et de la longue chaîne qui sépare l'animal de l'assiette du consommateur, distance à la fois géographique et temporelle grâce à l'invention récente de diverses méthodes de conservation.
Cette idée d'un homme ne pouvant manger de l'animal que par ignorance ne tient pas. Cette ignorance est très récente dans l'histoire humaine, une exception. De tout temps l'homme a mangé l'animal, juste après l'avoir tué, surtout qu'il ne pouvait pas vraiment le conserver. Quand (pour faire de l'histoire de France) la politique de redressement productif fut symbolisée par la volonté « qu’il n’y aura point de laboureur en mon Royaume qui n’ait moyen d’avoir une poule dans son pot », il est attendu que le laboureur tue ladite poule, qu'il a lui-même élevé ou bien achetée vivante à son voisin.
Je pense que beaucoup de lecteurs de DLFP ont dans leur famille quelqu'un (si ce n'est lui-même) qui a tué un animal pour le manger. Ma propre mère pourtant née dans les banlieues grises parisiennes a décapité les canards dans son enfance… Ça ne l'a jamais empêché de manger du canard !
Si l'homme qui voit la mort de l'animal ne mange pas d'animal, l'homme ne serait pas omnivore. Ça peut sembler étonnant.
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