• [^] # Re: Courir sur le haricot !

    Posté par . En réponse au journal Non à la privatisation du domaine public par la Bibliothèque nationale de France !. Évalué à 1.

    Je pense que ce post à lui tout seul n'est pas suffisant pour comprendre l'état d'esprit de Nina Paley. Dans ses écrits et ses conférences elle affirme clairement son dégoût du copyright d'une part, son dégoût du système judiciaire d'autre part (qui transparaissent aussi dans ses strips de Mimi and Eunice). D'une part elle pense qu'une œuvre n'est jamais originale, qu'elle est toujours dérivée de plein d'autres œuvres qui l'ont précédée, de façon plus ou moins flagrante, et qu'ainsi la paternité sur une œuvre ne devrait pas pour autant donner à l'auteur le droit de contrôler ce que le reste de la société en fera. D'autre part elle voit les magistrats comme les grands profiteurs de ce système : le copyright est tellement complexe et rempli de pièges qu'on ne peut pas se passer des services de personnes qui ont passé des années à étudier les moindres recoins de ce labyrinthe, et que ces derniers ont tout intérêt à ce que personne ne remette jamais en cause les principes moraux biaisés(*) qui en sont à l'origine.

    (*) Rappelons que le copyright et le droit d'auteur ont été créés d'abord pour des questions d'argent, dans des contextes où ils répondaient à une nécessité économique. Ce n'est qu'après qu'une morale s'est développée pour appuyer le copyright et le droit d'auteur sur le plan théorique.

    (ce qui gène les diffuseurs n'est pas BY, c'est SA!)

    Tu remarqueras sous son post un commentaire disant que la clause BY peut aussi être un problème pratique. Mais quoi qu'il en soit, je pense que Nina Paley a fait ce choix avant tout pas souci d'intégrité idéologique, pas par pragmatisme (c'était plutôt le choix de la CC-BY-SA qui était pragmatique).