• [^] # Re: Lucas se plaint du P2P

    Posté par . En réponse à la dépêche Lucas se plaint du P2P. Évalué à 2.

    Pour être plus clair, il y autant de différences entre le vol et la contrefaçon qu'entre un braquage de banque et de la fausse monnaie.

    La condamnation (morale et, par suite, juridique) de la contrefaçon sous-entend une revente de la part du contrefaiseur : il tire un profit financier de la contrefaçon, ce qui est immoral, et de plus il met en péril les revenus de l'auteur véritable, ce qui est injuste.

    Les lois sur la protection du droit d'auteur et la contrefaçon ont été écrites à une époque où l'économie de la reproduction des oeuvres était fondamentalement différente. Il n'était pas concevable, il y a un siècle ou même cinquante ans, de préférer faire une copie unique et à usage privé d'une oeuvre, sans que cela implique le remplacement d'une acquisition désirée mais dispendieuse. La production d'une copie unique était trop chère pour que ce soit un acte simplement dilettante ; la loi n'avait pas à faire de distinction. Aujourd'hui les choses ont changé, et la justification morale de la condamnation de la contrefaçon s'effondre dans de nombreux cas concernant une utilisation privée et dilettante.

    La question, replacée sur un plan moral, est : va-t-on empêcher les gens de profiter gratuitement d'un fonds culturel commun pour lequel ils ne sont de toute façon pas disposés à payer le prix fort ? Si l'on considère l'antécédent des bibliothèques municipales, l'Etat a déjà répondu : "Non".