• [^] # Re: Flexisécurité et SSII de merde

    Posté par . En réponse au journal Le CDI doit disparaître. Évalué à 4. Dernière modification le 07 janvier 2013 à 14:05.

    Justement.

    Auparavant, les entreprises embauchaient directement, en CDI si le besoin le justifiait, en CDD si c'était ponctuel. Et puis lorsque la situation l'exigeait, elles licenciaient. La main d'œuvre était qualifiée, formée aux besoins de l'entreprise, et profitait de ses bons résultats.

    Aujourd'hui, elles exploitent de la main d'œuvre mise à disposition à prix d'or par les SSII, main d'œuvre pas forcément très qualifiée (le coup de mettre quelqu'un en expert alors qu'une semaine avant il n'a aucune connaissance particulière d'un sujet pointu), peu formée aux besoins, et qui n'est pas intéressée aux bons résultats de l'entreprise.

    Alors certes, elle peut s'en débarrasser du jour au lendemain si ça lui chante ou si la situation le lui impose, mais où est la logique à hypothéquer son avenir en obérant sa productivité en surtaxant une main d'œuvre moins en adéquation avec les besoins et moins intéressée aux résultats ? En gros, la logique est de se foutre assurément en l'air à petit feu pour ne pas risquer de se foutre peut-être en l'air d'un coup au cas où les choses tourneraient mal ? Pourquoi ne pas considérer qu'elles vont majoritairement bien se passer, comme auparavant ?

    Et puis, n'est-ce pas justement depuis que les entreprises ont décidé de précariser toujours plus l'emploi qu'il est devenu aussi difficile de mettre un terme à un CDI sans avoir à menacer, faire pression ou passer par les Prud'hommes, les salariés craignant la précarité et cherchant naturellement à l'éviter ?

    Je me souviens personnellement d'il y a 15~20 ans, et bien que la situation soit déjà plus mauvaise qu'il y a 30 ou 40 ans, on trouvait encore facilement du travail et on ne faisait pas tout un flan d'une rupture de contrat parce que la facilité qu'on avait à retrouver un emploi faisait qu'on ne craignait pas une précarité bien moins existante à l'époque. Les entreprises payaient mieux, on ne faisait bien moins pression sur les salariés, on demandait moins de rendement, et on ne ne produisait pas moins pour autant.

    L'engrenage de la précarité n'a-t-il justement pas été mis en route par ces entreprises, ces patrons et ces politiques, qui ont voulu soumettre la main d'œuvre à tout prix, en réduire le coût, la mettre en concurrence quitte à en faire venir toujours plus, de sorte à forcer le taux de chômage pour qu'il réponde au NAIRU édicté par l'OCDE à l'unique détriment des salariés ?

    Ne serait-il pas temps d'arrêter cette course à la précarisation injustifiée ? Ce qui n'empêche pas d'assouplir le CDI pour permettre une rupture plus simple et justement rémunérée, mais avant cela, il faut déjà faire en sorte de régler le problème de précarisation, de sorte qu'une rupture de CDI ne conduise pas – comme c'est quasi-systématiquement le cas aujourd'hui – à une précarisation excessive et pour certains insurmontable, et que certains intérêts jugent « utile ».