• [^] # Re: Brevets à la source ?

    Posté par . En réponse au journal L'avantage farfelu du brevet des coins arrondis. Évalué à 4.

    Bah évidemment, le ver était dans le fruit dès le début. C'est inimaginable de mettre un organisme tel qu'il soit devant un tel conflit d'intéret. Ceci dit, la plupart s'en sortent un peu plus honorablement. Par exemple, les revues scientifiques sur le modèle "open access" sont dans le même dilemme (seuls les articles acceptés sont publiés), mais aucune ou presque n'est tombée aussi bas. Il y a certes un problème de conception initial, mais au-dessus de ça, il y a quand même une dose de cynisme et d'incompétence totalement incompatible avec le fonctionnement d'une démocratie moderne. Les gens de l'office des brevets sont partis totalement en live, ont cessé de faire leur boulot (vérification du prior art, de la non-trivialité du brevet, de son utilisation effective, de son potentiel industriel…) pour devenir une chambre d'enregistrement de tout ce qui leur arrive en échange de pognon.

    La première solution serait de mettre dans ces institutions des vrais professionnels qui seraient encouragés à rejeter les brevets, pas à les accepter. Il pourrait également être possible de prélever une taxe au moment du dépot du brevet, qu'il soit acceptable ou non. Le dépot pourrait également être accompagné d'une étude de marché sérieuse, listant les brevets existant les plus proches, et détaillant les raisons pour lesquelles la nouvelle invention diffère significativement. Les brevets pourraient également tomber dans le domaine public tous les 5 ans, sauf si le détenteur du brevet fait la preuve d'une application industrielle réelle. Bref, il y aurait des dizaines de moyens de réduire drastiquement le nombre de brevets déposés de manière à s'assurer que les brevets existants sont réels, originaux, exploitables et exploités. Mais il faut garder à l'esprit que ce n'est pas parce qu'on est dans une situation de conflit d'intérêt potentiel qu'il est naturel de céder : rien ne peut justifier le comportement suicidaire des offices de brevets.