Je suis assez d’accord. J’ai l’impression que seule la forme a été « embellie » mais le fond reste le même. Or pour moi, la vraie difficulté en programmation, elle est dans le fond. Qu’est-ce vraiment qu’un programme, une instruction, une expression, une variable, un type, une boucle, une fonction etc. ? Ça paraît évident aux programmeurs mais les débutants n’en savent strictement rien. Et surtout : comment traduire ce que je veux que mon programme fasse en une liste d’instructions qui marche ? Je doute un peu que l’usage du français aide à tout cela.
Après, je peux concevoir que pour certains l’anglais pourrait peut-être être un frein au tout début, mais franchement, apprendre une vingtaine de mots-clés ça représente quoi à côté du travail qu’est l’apprentissage des concepts de la programmation ? Et puis de toute façon, j’imagine que les personnes qui ne connaissent pas ces mot-clés les apprendront bien un jour, vu que l’anglais est quasiment enseigné à tous les élèves francophones, alors autant les apprendre tout de suite.
Pour moi, apprendre la programmation dans un français verbeux, ça me semble mal se préparer à l’ensemble des autres langages de programmation qui non seulement utilisent l’anglais mais aussi partagent pas mal d’éléments syntaxiques communs, genre fonction(), =, [ ], ==… C’est un peu comme démarrer l’enseignement des mathématiques en faisant écrire aux élèves « 3 fois 4 égalent 12 » au lieu de « 3 x 4 = 12 ». Ça peut paraître sympa pour celui qui ne connait pas les symboles x et =, mais au final ça rend les choses plus compliquées et ça ne prépare pas à la réalité du domaine. Les débutants se retrouvent face à des concepts nouveaux, alors autant utiliser des mots et symboles nouveaux pour les désigner. Donner à un concept nouveau un nom qui lui est propre ne peut qu’aider à mieux le fixer dans sa tête.
Je pense que si on en est venu aux syntaxes qu’on a aujourd’hui en programmation, c’est qu’il y a des raisons, et elle ne sont pas qu’historiques. Y a qu’à voir Python, c’est ce qu’il se fait de plus clair dans le genre à mon avis. Le français est adapté à la communication entre francophones, et les langages de programmation sont adaptés à la communication avec les machines. Je déplore souvent l’omniprésence de l’anglais en informatique, mais pour le coup, je pense qu’avoir les mot-clés dans une langue différente de sa langue maternelle est plus une chance qu’un défaut. Ça permet de les distinguer du reste et de leur donner cette signification toute particulière qu’ils ont dans un code source. Quand je parle d’un « if » ou d’un « while » à un ami programmeur, il voit tout de suite de quoi je veux parler, même hors contexte. Alors que si je lui dis que j’ai un problème avec mon « vaut » il risque de se demander si je me suis lancé dans l’élevage… ;-)
Voilà, désolé de te descendre ton projet, ça doit pas faire plaisir à lire. Mais surtout ne te décourage pas et continue quand même. L’apprentissage aux débutants reste un objectif on ne peut plus louable.
[^] # Re: Hmmhmm
Posté par gillux . En réponse à la dépêche Linotte 2.0. Évalué à 1.
Je suis assez d’accord. J’ai l’impression que seule la forme a été « embellie » mais le fond reste le même. Or pour moi, la vraie difficulté en programmation, elle est dans le fond. Qu’est-ce vraiment qu’un programme, une instruction, une expression, une variable, un type, une boucle, une fonction etc. ? Ça paraît évident aux programmeurs mais les débutants n’en savent strictement rien. Et surtout : comment traduire ce que je veux que mon programme fasse en une liste d’instructions qui marche ? Je doute un peu que l’usage du français aide à tout cela.
Après, je peux concevoir que pour certains l’anglais pourrait peut-être être un frein au tout début, mais franchement, apprendre une vingtaine de mots-clés ça représente quoi à côté du travail qu’est l’apprentissage des concepts de la programmation ? Et puis de toute façon, j’imagine que les personnes qui ne connaissent pas ces mot-clés les apprendront bien un jour, vu que l’anglais est quasiment enseigné à tous les élèves francophones, alors autant les apprendre tout de suite.
Pour moi, apprendre la programmation dans un français verbeux, ça me semble mal se préparer à l’ensemble des autres langages de programmation qui non seulement utilisent l’anglais mais aussi partagent pas mal d’éléments syntaxiques communs, genre fonction(), =, [ ], ==… C’est un peu comme démarrer l’enseignement des mathématiques en faisant écrire aux élèves « 3 fois 4 égalent 12 » au lieu de « 3 x 4 = 12 ». Ça peut paraître sympa pour celui qui ne connait pas les symboles x et =, mais au final ça rend les choses plus compliquées et ça ne prépare pas à la réalité du domaine. Les débutants se retrouvent face à des concepts nouveaux, alors autant utiliser des mots et symboles nouveaux pour les désigner. Donner à un concept nouveau un nom qui lui est propre ne peut qu’aider à mieux le fixer dans sa tête.
Je pense que si on en est venu aux syntaxes qu’on a aujourd’hui en programmation, c’est qu’il y a des raisons, et elle ne sont pas qu’historiques. Y a qu’à voir Python, c’est ce qu’il se fait de plus clair dans le genre à mon avis. Le français est adapté à la communication entre francophones, et les langages de programmation sont adaptés à la communication avec les machines. Je déplore souvent l’omniprésence de l’anglais en informatique, mais pour le coup, je pense qu’avoir les mot-clés dans une langue différente de sa langue maternelle est plus une chance qu’un défaut. Ça permet de les distinguer du reste et de leur donner cette signification toute particulière qu’ils ont dans un code source. Quand je parle d’un « if » ou d’un « while » à un ami programmeur, il voit tout de suite de quoi je veux parler, même hors contexte. Alors que si je lui dis que j’ai un problème avec mon « vaut » il risque de se demander si je me suis lancé dans l’élevage… ;-)
Voilà, désolé de te descendre ton projet, ça doit pas faire plaisir à lire. Mais surtout ne te décourage pas et continue quand même. L’apprentissage aux débutants reste un objectif on ne peut plus louable.