du contenu sous licence libre et interdisant la vente (je dis libre parce que ça maximise la liberté en ce qui concerne ce contenu et ses dérivés)
La vache, toi quand tu veux pas, tu veux pas. Tu sais ce que ça veut dire "liberté" ? La liberté c'est la possibilité d'action ou de mouvement sans contrainte. Définition d'origine, on peut pas faire plus basique. Ce n'est pas la limitation de l'individu aux droits qu'il faudrait lui accorder selon la définition Communiste du Bien et du Mal.
Quand on t'accorde un droit supplémentaire, tu es plus libre. Quand on te retire un droit, tu es moins libre.
Wikipedia te donne la liberté de vendre des Wikireaders aux gens qui trouvent ça pratique. Debian te donne la liberté de fournir des sets de CDs aux gens qui n'ont pas d'accès à Internet en amortissant les coûts du support pour éviter que ça te coûte un bras de distribuer un OS. Le logiciel libre te donne le droit de vendre des ordinateurs équipés de GNU/Linux aux populations des pays défavorisés.
Interdire la vente ne permet pas tout ça, ça ne maximise pas la liberté, au contraire, puisque tu as moins de libertés. C'est quand même pas compliqué à comprendre misère de grenouille.
Donc il faudrait plutôt quelque chose interdisant la vente mais pas forcément la "levée de fond" autour du projet.
Tu sais à quoi ça me fait penser ce délire des licences anti-commerciales ? À la licence eGPL. La fameuse "Ethical GPL", qui n'était ni éthique, ni GPL-compatible. Des gens s'étaient rendus compte un jour que le libre, on peut tout faire avec, y compris l'utiliser pour fabriquer des bombes et tuer des bébés chats. Ils ont donc inventé cette licence qui interdit tout usage qui n'est pas "moral". C'est quand ils ont essayé de définir finement ce que ça voulait dire "moral" qu'on a rigolé. Au final ces clowns qui prétendaient avoir la science infuse du Bien et du Mal, une notion objective de ce qui était éthique et de ce qui ne l'était pas, se sont disputés après s'être rendus compte qu'ils avaient tous une morale différente dans le détail (ça alors !) et le projet a capoté. Mais ils nous ont bien fait rire pendant quelques semaines, c'est toujours ça de pris.
J'ai l'impression que la NC, c'est un peu la même idée. Sauf que là on a une masse très importante de gens pour qui le commerce, c'est Mal. C'est quand on en vient à débattre sur des points de détails (autoriser le don ou pas ? autoriser la pub ou pas ? autoriser l'amortissement des coûts matériels ou pas ?) que ça se complique. Et c'est normal, parce qu'il n'existe pas de "mal" en matière d'usage de logiciel libre. Personne ne peut dire si un usage d'un logiciel libre est mauvais ou non, pas même le développeur. Et de toute façon, ce ne serait pas au développeur de décider : c'est à la population de le faire, justement parce que l'éthique n'est pas quelque chose d'absolu et d'universel. Mais mélanger "usage éthique" et libre, "usage non-commercial" et libre, c'est idiot : ce sont des questions qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre.
Il faudrait selon moi déjà avoir un droit à satisfaire ses besoin vitaux pour tous les humains (manger, boire, avoir un logement etc.)
Ça c'est l'idée du revenu de base. Le dividende universel partage l'argent issu de la création monétaire, rien ne garantit que celui-ci sera suffisant pour assurer la satisfaction des besoins de chacun (en fait, en toute logique, il devrait rester toujours légèrement en-dessous de cette limite, en considérant la moyenne des besoins de la population, si j'ai bien compris).
et ensuite pour savoir qui fait quoi, il faudrait un temps minimal obligatoire pour des activités d'utilité commune
Ah bravo, l'économie planifiée maintenant. On s'intéresse au libre, au do-it-yourself, à l'esprit hacker, à la do-ocracy, on se rend compte que quand les gens ont de quoi vivre, le volontariat marche vachement bien, donc on décide de planifier le volontariat. Super. La logique communiste dans toute sa splendeur.
On a des micro-systèmes anarchiques qui marchent super bien tout seuls, des gens qui reçoivent selon leurs besoins et produisent selon leurs capacités, tout le monde est content, puis les communistes débarquent en disant que pour que ce soit parfait, il faudrait obliger tout le monde à faire pareil, mettre une autorité toute-puissante au-dessus pour vérifier que tout se passe bien et que tout le monde fait sa part de boulot et reçoit sa part de richesse. Bien entendu comme tout se passe déjà bien, cette autorité va s'emmerder comme un rat mort, mais elle ne cherchera pas du tout à mettre son nez partout, à abuser de son pouvoir et ça ne finira pas du tout par une perte totale de productivité et des travailleurs démotivés par le fait qu'ils sont traités comme des gamins, faites-nous confiance ! Et après ça s'étonne que tous les systèmes communistes dans le monde aient tournés en dictatures…
C'est quoi la prochaine étape de ton système ? Des mecs en uniforme venant s'assurer à grands coups de matraque que tout le monde a bien reçu sa dose de liberté ?
Une des solutions est d'y aller progressivement en égalisant de plus en plus le revenu de chacun pour faire en sorte que la différence de possession devienne un critère de moins en moins pertinent pour se distinguer des autres, et qu'il soit remplacé par le mérite direct et le don de plus en plus.
Ok pour la transition progressive (mais pas unifiée, toutes les communautés ne progressent pas à la même vitesse), mais j'ai des doutes sur le côté égalitariste. Disons que je me demande si cette course à la possession n'est pas tout simplement la résultante d'une obsession de l'argent (catalysée par la pub, les médias de masse, etc.) qui elle-même serait une résultante de l'amalgame argent = vie issu d'un contexte où l'argent est avant tout ce qui nous permet de vivre. Sachant cela, est-il nécessaire que tout le monde ait exactement le même pouvoir d'achat ? Je ne sais pas, mais je préfère ne pas jouer avec le feu.
Juste pour préciser un truc : des communautés basés sur des systèmes méritocratiques, ça existe. Pas de chef, pas de système pyramidal statique. Et ça fonctionne très bien. Pas besoin d'un politicien, pas besoin d'un gouvernement, encore moins besoin de "prendre le pouvoir sur un pays" pour voir émerger de tels systèmes. Pire : ce serait aller à dans la direction complètement opposée.
[^] # Re: chez Owni aussi :
Posté par gnuzer . En réponse au journal Calimaq : Défense et illustration de la clause non commerciale. Évalué à 4. Dernière modification le 22 octobre 2012 à 01:12.
La vache, toi quand tu veux pas, tu veux pas. Tu sais ce que ça veut dire "liberté" ? La liberté c'est la possibilité d'action ou de mouvement sans contrainte. Définition d'origine, on peut pas faire plus basique. Ce n'est pas la limitation de l'individu aux droits qu'il faudrait lui accorder selon la définition Communiste du Bien et du Mal.
Quand on t'accorde un droit supplémentaire, tu es plus libre. Quand on te retire un droit, tu es moins libre.
Wikipedia te donne la liberté de vendre des Wikireaders aux gens qui trouvent ça pratique. Debian te donne la liberté de fournir des sets de CDs aux gens qui n'ont pas d'accès à Internet en amortissant les coûts du support pour éviter que ça te coûte un bras de distribuer un OS. Le logiciel libre te donne le droit de vendre des ordinateurs équipés de GNU/Linux aux populations des pays défavorisés.
Interdire la vente ne permet pas tout ça, ça ne maximise pas la liberté, au contraire, puisque tu as moins de libertés. C'est quand même pas compliqué à comprendre misère de grenouille.
Tu sais à quoi ça me fait penser ce délire des licences anti-commerciales ? À la licence eGPL. La fameuse "Ethical GPL", qui n'était ni éthique, ni GPL-compatible. Des gens s'étaient rendus compte un jour que le libre, on peut tout faire avec, y compris l'utiliser pour fabriquer des bombes et tuer des bébés chats. Ils ont donc inventé cette licence qui interdit tout usage qui n'est pas "moral". C'est quand ils ont essayé de définir finement ce que ça voulait dire "moral" qu'on a rigolé. Au final ces clowns qui prétendaient avoir la science infuse du Bien et du Mal, une notion objective de ce qui était éthique et de ce qui ne l'était pas, se sont disputés après s'être rendus compte qu'ils avaient tous une morale différente dans le détail (ça alors !) et le projet a capoté. Mais ils nous ont bien fait rire pendant quelques semaines, c'est toujours ça de pris.
J'ai l'impression que la NC, c'est un peu la même idée. Sauf que là on a une masse très importante de gens pour qui le commerce, c'est Mal. C'est quand on en vient à débattre sur des points de détails (autoriser le don ou pas ? autoriser la pub ou pas ? autoriser l'amortissement des coûts matériels ou pas ?) que ça se complique. Et c'est normal, parce qu'il n'existe pas de "mal" en matière d'usage de logiciel libre. Personne ne peut dire si un usage d'un logiciel libre est mauvais ou non, pas même le développeur. Et de toute façon, ce ne serait pas au développeur de décider : c'est à la population de le faire, justement parce que l'éthique n'est pas quelque chose d'absolu et d'universel. Mais mélanger "usage éthique" et libre, "usage non-commercial" et libre, c'est idiot : ce sont des questions qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre.
Ça c'est l'idée du revenu de base. Le dividende universel partage l'argent issu de la création monétaire, rien ne garantit que celui-ci sera suffisant pour assurer la satisfaction des besoins de chacun (en fait, en toute logique, il devrait rester toujours légèrement en-dessous de cette limite, en considérant la moyenne des besoins de la population, si j'ai bien compris).
Ah bravo, l'économie planifiée maintenant. On s'intéresse au libre, au do-it-yourself, à l'esprit hacker, à la do-ocracy, on se rend compte que quand les gens ont de quoi vivre, le volontariat marche vachement bien, donc on décide de planifier le volontariat. Super. La logique communiste dans toute sa splendeur.
On a des micro-systèmes anarchiques qui marchent super bien tout seuls, des gens qui reçoivent selon leurs besoins et produisent selon leurs capacités, tout le monde est content, puis les communistes débarquent en disant que pour que ce soit parfait, il faudrait obliger tout le monde à faire pareil, mettre une autorité toute-puissante au-dessus pour vérifier que tout se passe bien et que tout le monde fait sa part de boulot et reçoit sa part de richesse. Bien entendu comme tout se passe déjà bien, cette autorité va s'emmerder comme un rat mort, mais elle ne cherchera pas du tout à mettre son nez partout, à abuser de son pouvoir et ça ne finira pas du tout par une perte totale de productivité et des travailleurs démotivés par le fait qu'ils sont traités comme des gamins, faites-nous confiance ! Et après ça s'étonne que tous les systèmes communistes dans le monde aient tournés en dictatures…
C'est quoi la prochaine étape de ton système ? Des mecs en uniforme venant s'assurer à grands coups de matraque que tout le monde a bien reçu sa dose de liberté ?
Ok pour la transition progressive (mais pas unifiée, toutes les communautés ne progressent pas à la même vitesse), mais j'ai des doutes sur le côté égalitariste. Disons que je me demande si cette course à la possession n'est pas tout simplement la résultante d'une obsession de l'argent (catalysée par la pub, les médias de masse, etc.) qui elle-même serait une résultante de l'amalgame argent = vie issu d'un contexte où l'argent est avant tout ce qui nous permet de vivre. Sachant cela, est-il nécessaire que tout le monde ait exactement le même pouvoir d'achat ? Je ne sais pas, mais je préfère ne pas jouer avec le feu.
Juste pour préciser un truc : des communautés basés sur des systèmes méritocratiques, ça existe. Pas de chef, pas de système pyramidal statique. Et ça fonctionne très bien. Pas besoin d'un politicien, pas besoin d'un gouvernement, encore moins besoin de "prendre le pouvoir sur un pays" pour voir émerger de tels systèmes. Pire : ce serait aller à dans la direction complètement opposée.