• # Un point curieux

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Calimaq : Défense et illustration de la clause non commerciale. Évalué à 9. Dernière modification le 19 octobre 2012 à 14:42.

    Il y a quelque chose de curieux dans une partie de son argumentation, « Toutes les oeuvres ne sont pas des logiciels » :

    Dans le domaine du logiciel libre, la clause de Partage à l’identique (SA) joue en effet un rôle important de régulation, dans la mesure où elle se déclenche fréquemment en cas de réutilisation de l’oeuvre. En effet, lorsqu’un réutilisateur modifie une oeuvre pour en produire une nouvelle, la clause SA s’applique et l’oblige à placer l’oeuvre dérivée sous la même licence (effet viral). Dans le cas d’un logiciel, la clause se déclenche fréquemment lors d’une réutilisation, car pour utiliser un logiciel dans un autre contexte que celui d’origine, il est souvent nécessaire d’adapter le code.

    Cet élément est tout simplement fallacieux, parce que les clauses de copyleft — c'est le nom du SA dans notre domaine — ne se déclenchent pas vraiment à la modification. Oui, les modifications doivent être publiées sous la même licence, mais pas seulement les modifications : les versions non modifiées aussi !

    Plus loin :

    Mais pour les oeuvres non-logicielles, les hypothèses de déclenchement de la clause SA sont plus rares. L’auteur d’un roman par exemple ne pourra pas empêcher que son oeuvre soit vendue, telle quelle par un éditeur s’il la place simplement sous licence BY-SA. Pour la photographie, c’est encore plus le cas.

    Eh bien justement, un programmeur non plus. Que je publie un texte, une photographie ou un logiciel sous une licence libre à copyleft, dans tous les cas n'importe qui pourra la vendre sans modification. Et avec modification aussi d'ailleurs, ça ne change rien du tout.

    Les photos peuvent facilement être réutilisées sans modification, comme illustrations. Dans cette hypothèse, le partage à l’identique ne se déclenche pas.

    Euh, si. Toute réutilisation d'une œuvre sous une licence libre à copyleft implique de la rendre disponible aux destinataire sous cette même licence.

    À part cette précision juridique — dommage de faire une telle erreur pour un blog traitant de droit et d'informatique — le reste est plus pratique ou philosophique et je n'y vois rien de bien choquant, à part le fait qu'il tienne à utiliser le terme « libre » pour ce qui ne l'est pas. S'il était utilisateur de ces licences, j'aurais dit qu'il s'agit toujours ce vieux complexe d'infériorité des semi-libristes.