Juste une petite remarque au passage. Dans un système de domination, le plus asservi, c’est le dominant. Cf. La Boétie Discours sur la servitude volontaire. Le dominant doit, s’il n’est qu’un intermédiaire, veiller à respecter les volontés de ceux qui le dominent lui-même, et doit dans le même temps veiller à conserver sa place, bien souvent convoitée. Finalement, le dominé, pourvu qu’il fasse le minimum de ce qu’on lui dit — les résistances passives et non violentes recommandées ;) —, s’en tire à bon compte.
Les classes moyennes sont éduquées, lisent le journal et suivent l’actualité, et sont donc plus sensibles aux idées qu’ils véhiculent, idées bien souvent compatibles avec la domination quand elles ne la légitime pas directement ; les classes moyennes sont plus conformistes aussi, ce faisant plus conservatrices, et constituent un poids mort dans une société, contre toute idée subversive et pour la perpétuation de la position dominante.
Parce qu’après tout, “il ne faut pas imposer les riches qui créent des emplois”, “la sécu et les alloc c’est pour les profiteurs”, et “les grèves pour les fainéants qui font qu’embêter les usagers”, “les fonctionnaires sont des privilégiés”, “exportons la démocratie dans le monde barbare” — à coup de missiles et toujours dans des régions aux sous-sols riches… très riches — plus récent “la dette, la dette, c’est la crise…” et enfin, “les ouvriers — faire jouer ici la phobie de déclassement — sont des nationalistes politiquement dangereux” très fine parce qu’immédiatement suivie de : “ne répondons pas à leurs attentes politiques”.
L’on peut multiplier les exemples à l’infini… ayant pris ici que les plus grossiers et pourtant toujours efficaces même (surtout) chez les plus éduqués.
[^] # Re: Il y a du bon et du moins bon dans l'article
Posté par Pierre Roc . En réponse au journal « On n’a plus le temps... ». Évalué à -1.
Juste une petite remarque au passage. Dans un système de domination, le plus asservi, c’est le dominant. Cf. La Boétie Discours sur la servitude volontaire. Le dominant doit, s’il n’est qu’un intermédiaire, veiller à respecter les volontés de ceux qui le dominent lui-même, et doit dans le même temps veiller à conserver sa place, bien souvent convoitée. Finalement, le dominé, pourvu qu’il fasse le minimum de ce qu’on lui dit — les résistances passives et non violentes recommandées ;) —, s’en tire à bon compte.
Les classes moyennes sont éduquées, lisent le journal et suivent l’actualité, et sont donc plus sensibles aux idées qu’ils véhiculent, idées bien souvent compatibles avec la domination quand elles ne la légitime pas directement ; les classes moyennes sont plus conformistes aussi, ce faisant plus conservatrices, et constituent un poids mort dans une société, contre toute idée subversive et pour la perpétuation de la position dominante.
Parce qu’après tout, “il ne faut pas imposer les riches qui créent des emplois”, “la sécu et les alloc c’est pour les profiteurs”, et “les grèves pour les fainéants qui font qu’embêter les usagers”, “les fonctionnaires sont des privilégiés”, “exportons la démocratie dans le monde barbare” — à coup de missiles et toujours dans des régions aux sous-sols riches… très riches — plus récent “la dette, la dette, c’est la crise…” et enfin, “les ouvriers — faire jouer ici la phobie de déclassement — sont des nationalistes politiquement dangereux” très fine parce qu’immédiatement suivie de : “ne répondons pas à leurs attentes politiques”.
L’on peut multiplier les exemples à l’infini… ayant pris ici que les plus grossiers et pourtant toujours efficaces même (surtout) chez les plus éduqués.