• [^] # Re: Inéluctable

    Posté par . En réponse au journal Do no evil qu'ils disaient. Évalué à 4. Dernière modification le 15 septembre 2012 à 23:00.

    Au plaisir de vous lire. S’exercer à l’écriture, varier le style et tenter d’enrichir son vocabulaire nécessite une pratique constante. Vous relevez le défi et c’est tout à votre honneur. Ce n’est malheureusement pas l’usage d’Internet qui préfère le ton court, et donc nécessairement péremptoire. Il est vrai qu’à ne rien tenter de saugrenu, on ne risque pas d’émailler nos commentaires de fautes.

    Saturne devorant son fils

    Quant à Google. Si la firme engrange du profit, nul doute qu’elle sera dévorée par ce qui l’a engendré. Car toute entreprise ne peut avoir qu’un seul but pour survivre : donner satisfaction à son capital. C’est d’autant plus vrai que le domaine des nouvelles technologies est toujours plus avare d’investissements. Et tout comme il y a un zeitgeist, il y a un esprit d’entreprise. Il disparaîtra avec ses fondateurs. Seul restera prépondérant le weltgeist de toute entreprise capitaliste, à savoir le retour sur investissement en dehors de toutes considérations éthiques & humaines.

    Ce jour là vous regretterez votre relative complaisance pour ce qui est déjà un monstre monopolistique. Eu égard à sa situation extrêmement puissante, Google s’impose indubitablement des limites. Mais la société peut d’ores et déjà se payer le luxe de procéder à des représailles afin de dissuader, pour quiconque se sentirait floué, d’avoir l’outrecuidance d’en faire appel à la justice. L’entreprise, d’une manière générale, prend quelques libertés avec le droit d’auteur. Le monopole privé incite en lui-même à des pratiques à l’opposé des intérêts du client, si tant est que la concurrence soit exempte de tout défaut et sans compter que le client est l’annonceur plus que l’internaute. Mais lorsqu’il s’agit du domaine culturel, il faut être tout bonnement fou pour concéder à Google son projet de bibliothèque numérique sans immédiatement lui imposer de très sérieuses restrictions et obligations.

    Voilà qu’après ce modeste lynchage d’improbables défenseurs nous rappelleront comment l’entreprise est bienfaitrice pour la société, que dis-je! l’humanité toute entière, par des arguments tout droit extraits des groupes de travail, sur la communication d’entreprise, que la firme n’a pas manqué d’instaurer.