• # version avec les accents

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Self serving. Évalué à 10.

    Une version accentuée par réacc ( http://rali.iro.umontreal.ca/Reacc/Reacc.fr.cgi ). Ce n'est pas parfait, mais déjà plus lisible.

    Je prend rarement le temps d'écrire un journal, mais cette fois-ci, j'ai un sujet qui me tiens à coeur, l'avenir de Linux sur le Desktop, voir au delà. La raison, c'est ce blog de Miguel de Icaza : http://tirania.org/blog/archive/2012/Aug-29.html qui est je pense complètement à côté de la plaque. Et une grande partie des commentateurs ne voient que le problème technique sans regarder plus loin et de plus haut. Donc je vais utiliser ce journal pour démarrer une discussion. On verra si plus tard ça vaut le coup de l'internationaliser en la mettant quelque part en Anglais. Désolé, ça va être long.

    Apple n'a pas gagné des parts de marché en assurant une API/ABI stable sur MacOS X. C'est juste oublié la partie la plus importante d'Apple. Leur stratégie a été d'attaque au début des années 2000 un domaine moribond, l'électronique grand publique avec l'iPod. Puis un autre domaine pas très innovant, voir complètement sclérose avec l'iPhone. Enfin ils ont créé leur propre niche avec l'iPad. Et tout ça, pour faire vendre par effet de bord des ordinateurs Apple au grand publique. On en est à un point ou pour avoir une expérience optimal, il faut utiliser du matériel Apple. Résultat des developpeurs Linux migrent en masse vers Mac OS X. Il suffit d'aller à n'importe quel événement libre et de compter le nombre d'ordinateur Apple pour voir à quel point le mouvement est massif et terrifiant. L'environnement Linux ne répond déjà même plus au besoin de ses propres developpeurs, alors pour le reste des utilisateurs ! Et le fait que l'un des créateurs de GNOME le dise, est la preuve d'un échec fondamental de mon point de vue…

    Google lui avait attaqué dans le domaine du "Cloud" et offre une expérience optimal quand on utilise tous ses services. Résultat la majorité du traffic émail mondial passé par ses serveurs. Un grand nombre de PME/PMI a migré à Google Doc et consort. Il place progressivement Chrome sur le desktop et Android est définitivement un succès de cette stratégie d'intégration. Ils font du Linux, mais pas du GNU/Linux, et un nombre très important de developpeurs préfèrent utiliser les services de Google plutôt que de faire du self hosting. Encore une fois, on arrive plus à se fournir une solution pour nous même.
    Microsoft quand à lui a perdu de la vitesse durant la dernière décade, mais clairement pas face à GNU/Linux, uniquement face à Google et Apple qui ont eu une stratégie de contournement sur la principale force de Microsoft, les grandes entreprises. Et Microsoft l'a compris en contre attaquant via son point fort pour faire venir ses tablettes dans les mains des départements informatique.

    Chacune de ces sociétés à une stratégie, dont j'ai volontairement forcé le trait, et Linux ? Et bien, je crois que au début des années 2000, l'idée était de copier Microsoft (surtout pour Miguel d'ailleur). Aujourd'hui, on fait pas mieux. Les buzz word qu'y pilote le développement, sont le "Cloud" et les réseaux sociaux. Et je pense vraiment pas qu'une attaque frontale sur Google ou Facebook pourra être une réussite. Je rajouterais aussi ici le cas de Jolla qui veut faire juste un smart phone, mais en utilisant mer/Qt/meego, ne part pas franchement avec une bonne stratégie.
    Ma conclusion est que si on continue à suivre le trend a juste créer ce qui existe déjà, alors on va à l'échec et dans quelques années, on n'interressera même plus les developpeurs et GNU/Linux sera juste mort. Il est crucial de tout d'abord fournir un environnement performant pour les developpeurs et ensuite d'avoir une stratégie a long terme.

    Mais je pense qu'il ne faut pas chercher à prévenir la fuite des developpeurs actuellement en cour, car le seul moyen de le faire a court terme consiste à suivre Google et Apple. C'est à dire perdre de l'énergie dans une direction qui ne nous permettra jamais de faire de GNU/Linux une plateforme reconnu. Il faut exposer un objectif clair, une vision a long terme et attirer des developpeurs qui sont prêt à faire l'effort d'être sur une plate forme en gestation.
    Maintenant quel peut être l'objectif a long terme pour les interfaces graphiques de GNU/Linux ? De mon point de vue, le monde se dirige de plus en plus vert une informatique mobile. Et il sera aussi difficile de se payer une nouvelle tv, un nouveau pc, une nouvelle console, un nouveau smartphone, une nouvelle tablette, une nouvelle voiture, des nouvelles lunettes, un nouveau frigo, un nouveau système domotique à tous les deux ans parce que tout d'abord on est dans une crise économique mondiale colossal et ensuite parce que économiquement ce n'est vraiment pas efficace. La raison "théorique" que les commerciaux veulent nous faire avaler pour faire une mise à jour aussi fréquenté, c'est que l'on a un CPU plus performant et plus de mémoire, et donc si l'on veut les nouveaux services, il faut tout upgrader. Joli plan commercial, mais va falloir être très riche.

    Quand on y réfléchit, la seule chose qui change, c'est la taille de l'écran, sa résolution et le périphérique d'entrée qui y est connecté. Et une fois qu'on a atteind une résolution "retina", il n'y a plus de raison de changer d'écran. Et tant que le périphérique d'input ne cassé pas ce n'est pas la peine non plus de le changer. Mais il est vrai que avoir une machine plus puissante tous les 2 ans, c'est quand même nécessaire. Pourquoi est-ce que l'on n'utilise pas le même CPU/GPU pour toutes les machines ? Aujourd'hui, c'est une limitation plutôt de facilité. Si il fallait débrancher puis rebrancher une "unité centrale" à chaque fois que je passe de mon PC à une tablette, ça serait vraiment pas drôle.

    Mais les technologies sans fil font de très gros progrès. Pour l'affichage on a Wireless Display, le Wifi pour le réseau, le bluetooth pour les périphériques d'input et diverse techno de rechargement sans fil. On peut donc aujourd'hui réaliser une tel "unité centrale". En fait, cette "unité centrale" à besoin d'un écran pour pouvoir poser quelques questions à l'utilisateur lors de l'appairage a un écran/périphérique d'input… Ça ressemble vaguement à un truc existant… Cette idée pose des contraintes :

    • il faut penser les applications pour qu'elle consomme le moins de ressource, donc les optimiser et avoir une architecture logiciel là plus optimal, car on ne sera pas toujours dans le champs d'un chargeur sans fil.

    • il faut penser les applications pour qu'elle soit utilisable sur des écrans et avec des périphériques d'input très différente.

    • il faut protéger le système en cas de vol, car toutes les données seront accessible depuis cette "unité centrale".

    • il faut un système de synchronisation/backup sécurise et efficace.
      Si on veut permettre à des entreprises externe de contribuer aux systèmes :

    • il faut augmenter la sécurité de Linux (pour commencer se débarrasser de X et passer à Wayland).

    • il faut garantir la stabilité des API/ABI pour plusieurs années (au minimum 5 ans).

    • il faut mettre en place un mécanisme de "store" permettant facilement à une société de déployer leur application sur de nombreuse distribution (je pense que pour l'instant, Valve avec Steam est là mieux placé pour cette tâche).
      Si on veut être innovant :

    • il faut être capable de permettre à toutes les applications de lié des informations de manière pertinente et leur permettre d'extraire des informations enrichit par d'autres applications (dans l'idéal sans compromettre la sécurité du système).

    • il faut penser le système pour être extensible et ouvert (contrairement à un certain nombre de standard freedesktop).
      Cela représente déjà beaucoup de travail et je pense qu'il y en a pour quelques années avant d'atteindre un tel objectif. Pour ce qui est du matériel, ça ressemble franchement à un smart phone. D'ailleur un Galaxy S3 est plus puissant qu'un netbook d'il y a un ou deux ans, et il a déjà un port hdmi et usb. C'est déjà juste une question logiciel aujourd'hui, même si il faudra sûrement attendre quelques années, probablement plus de 3 ou 5 ans, avant d'avoir des téléphones vraiment capable de tout faire. Mais c'est en s'y prenant aujourd'hui qu'on peut avoir une chance !