[1] Oui, il y aurait de quoi argumenter concernant les interfaces (notamment graphiques).
Pas que les interfaces. Regarde des trucs comme Lumberjack ou Systemd. C'est très subjectif. Ce terme d'amélioration, est, IMHO, inapproprié également pour du logiciel. On dirait que les rédacteurs de la définition n'ont pas voulu se contenter du mot "changement", de peur qu'il suscite d'abord la crainte ("Han, mais ça veut dire qu'on peut rajouter des fonctionnalités malveillantes !"), et se sont crus obligés de rajouter un terme à connotation positive pour apaiser le lecteur non-initié. C'est dommage, car une bonne définition devrait être un minimum neutre.
je veux dire, dans les faits tout plein de logiciels répondaient aux critères du LL, mais n'étaient pas « étiquetés » comme tels.
L'"esprit du libre" existait cependant. Pour les hackers, le partage sans conditions du code source était une évidence, il était impensable de faire autrement. La mésaventure de rms avec Xerox fut une sacré douche froide.
Que je sache, même si techniquement c'était possible, je ne serais pas libre de t'étudier, te décomposer, te cloner, et te distribuer à tout un chacun. Et pourtant, nous sommes considérés comme des hommes libres.
Ça c'est vicieux, tu joues sur les mots. (Tu n'es pas le premier sur linuxfr à jouer sur le double sens du mot "libre" ceci dit. Y'en a un autre qui m'a dit un jour que la WTFPL n'était pas libre parce qu'une version modifiée de la licence ne pouvait pas avoir le même nom.)
Quand on dit qu'un logiciel est libre, on ne se réfère pas à la liberté du logiciel, c'est idiot, ça ne veut rien dire; on se réfère à la liberté de l'utilisateur. On dit que le logiciel est libre pour aller plus vite, mais en fait, il permet à l'utilisateur d'être libre.
Quand on dit qu'un homme est libre, bien entendu, c'est de sa liberté à lui qu'on parle, pas de la liberté des autres d'en faire usage, de le cloner, de le partager, de le modifier… c'est absurde.
De ce côté, je préfère largement parler de CC-* qui permet de savoir exactement ce que l'on a droit de faire avec une œuvre, plutôt que m'échiner à parler « d'œuvres libres ».
Je crois que Zenitram en a surtout marre de voir certains termes employés à tort et à travers pour tromper des gens qui attendent des choses claires et précises. Ça énerve d'entendre dire que tel logiciel est "opensource" avant de constater que sa source est dispo sous licence propriétaire. Ça énerve d'entendre dire que tel soft est "libre" avant de constater que les sources ne sont pas dispo. Ça énerve d'entendre l'expression "libre de droits" employée à tort et à travers. Ça énerve d'entendre "hé, venez télécharger mon truc, c'est libre !" avant de se rendre compte que le truc est sous CC-BY-NC-ND. Marre également de voir des gens faire de la pub pour leurs contenus "en Creative Commons" en restant très vague sur la licence choisie.
Au moins, "libre", ça a une définition claire, précise, et qu'on préférerait ne pas voir entachée. Alors certes, elle a été faite par un informaticien. Mais les problèmes de droit d'auteur dans l'art et la culture sont bien plus ancien que dans le logiciel. Si les artistes voulaient définir le mot "libre" à leur sauce, ils n'avaient qu'à prendre les devants, au lieu de vendre leur cul aux majors pendant des décennies tout en cherchant à s'attirer la compassion des fans en écrivant des chansons kidénoncentgrave contre l'industrie du disque.
Mes définitions : CC-*, c'est partageable. S'il n'y a pas de NC, c'est de libre diffusion. S'il n'y a pas de ND, c'est partageable-modifiable (j'ai pas trouvé moins moche comme terme :/ ). Le reste (BY, BY-SA et CC0), c'est libre.
Dix ans, parce que ça laisse le temps aux auteurs de ces œuvres de rentrer dans leurs frais (ou pas, si le succès n'est pas au rendez-vous).
Loi de Copyfight : Plus une discussion sur la légitimité du copyright dure longtemps, plus la probabilité qu'un défenseur de l'existence d'un fondement moral au copyright finisse par ramener le copyright à un problème purement pécuniaire s'approche de 1.
T'es tombé dedans, mon ami. :P
Je pense qu'il faut laisser à une œuvre le temps de trouver ses marques […] avant que n'importe qui puisse commencer à jouer n'importe comment avec […]
Justement, si des individus commencent à ressentir le besoin de créer des dérivés culturels, c'est que l'œuvre s'est suffisamment ancré dans la culture, non ?
(ce qui n'enlève rien aux droits de citation, de parodie, etc., qui existent toujours que je sache).
Non, les exceptions au droit d'auteur n'existent pas toujours. Affirmer le contraire, c'est avoir un point de vue franco-français-du-21ème-siècle qui regarde son nombril.
Les exceptions au droit d'auteur n'ont pas toujours existé, n'ont pas toujours été les mêmes, n'existeront peut-être plus ou ne seront peut-être plus les mêmes demain. De plus, elles ne sont pas les mêmes selon les pays.
Un auteur consciencieux devrait indiquer explicitement dans une licence tous les usages qu'il autorise de son œuvre. Sans quoi cela revient à s'appuyer sur un contrat qui accorde des privilèges à certains individus et pas à d'autres, sur des critères comme le pays où ils vivent et l'époque à laquelle ils vivent.
Autre chose dérangeante dans les exceptions au droit d'auteur, c'est qu'elles ne sont pas claires. Nous, libristes, avons l'habitude d'accepter des licences claires et précises, si un droit est écrit dans des termes trop flous, on va considérer que ce droit n'est pas acquis (et accessoirement que l'auteur du logiciel se fout de notre gueule, lire la licence de Truecrypt pour avoir une idée).
Quand quelque chose n'est pas clair, on fait appel à un juge. Et c'est là que ça devient une histoire de fous : imaginons un auteur A qui publie une œuvre, un auteur B qui en fait une parodie assez controversée, et les deux se retrouvent devant un juge parce que A considère que B n'a pas le droit de faire une œuvre modifiée et B considère que son œuvre est une parodie, donc qu'elle est légale d'un point de vue copyright. Comme si le juge pouvait mieux savoir que A ce que A veut interdire sur son œuvre. Le juge accède à l'œuvre de B, et comme il a des talents d'analyse littéraire très poussés, il est capable de dire avec une précision et objectivité à toute épreuve que l'œuvre de B contient de l'humour et que celui-ci est effectivement parodique, ou pas. Et pendant ce temps B croise les doigts en se disant que si le juge se marre en lisant l'œuvre, c'est bon signe, si il ne se marre pas, c'est mauvais signe. Ça devient encore plus marrant quand l'un des deux protagonistes fait appel et que le deuxième juge dit le contraire du premier. Niveau clarté et objectivité on repassera.
Bref, si un auteur veut autoriser ou interdire un usage, qu'il le spécifie dans la licence. Qu'il ne sème pas l'ambiguïté en s'appuyant sur un droit d'auteur bancal ou en demandant à un magistrat de décider pour lui ce qu'il a envie qu'on fasse de son œuvre.
[^] # Re: Incohérant
Posté par gnuzer . En réponse au journal Warsow, le pragmatisme versus la liberté. Évalué à 2.
L'expression "jouir de" conviendrait peut-être mieux, effectivement.
Pas que les interfaces. Regarde des trucs comme Lumberjack ou Systemd. C'est très subjectif. Ce terme d'amélioration, est, IMHO, inapproprié également pour du logiciel. On dirait que les rédacteurs de la définition n'ont pas voulu se contenter du mot "changement", de peur qu'il suscite d'abord la crainte ("Han, mais ça veut dire qu'on peut rajouter des fonctionnalités malveillantes !"), et se sont crus obligés de rajouter un terme à connotation positive pour apaiser le lecteur non-initié. C'est dommage, car une bonne définition devrait être un minimum neutre.
L'"esprit du libre" existait cependant. Pour les hackers, le partage sans conditions du code source était une évidence, il était impensable de faire autrement. La mésaventure de rms avec Xerox fut une sacré douche froide.
Ça c'est vicieux, tu joues sur les mots. (Tu n'es pas le premier sur linuxfr à jouer sur le double sens du mot "libre" ceci dit. Y'en a un autre qui m'a dit un jour que la WTFPL n'était pas libre parce qu'une version modifiée de la licence ne pouvait pas avoir le même nom.)
Quand on dit qu'un logiciel est libre, on ne se réfère pas à la liberté du logiciel, c'est idiot, ça ne veut rien dire; on se réfère à la liberté de l'utilisateur. On dit que le logiciel est libre pour aller plus vite, mais en fait, il permet à l'utilisateur d'être libre.
Quand on dit qu'un homme est libre, bien entendu, c'est de sa liberté à lui qu'on parle, pas de la liberté des autres d'en faire usage, de le cloner, de le partager, de le modifier… c'est absurde.
Je crois que Zenitram en a surtout marre de voir certains termes employés à tort et à travers pour tromper des gens qui attendent des choses claires et précises. Ça énerve d'entendre dire que tel logiciel est "opensource" avant de constater que sa source est dispo sous licence propriétaire. Ça énerve d'entendre dire que tel soft est "libre" avant de constater que les sources ne sont pas dispo. Ça énerve d'entendre l'expression "libre de droits" employée à tort et à travers. Ça énerve d'entendre "hé, venez télécharger mon truc, c'est libre !" avant de se rendre compte que le truc est sous CC-BY-NC-ND. Marre également de voir des gens faire de la pub pour leurs contenus "en Creative Commons" en restant très vague sur la licence choisie.
Au moins, "libre", ça a une définition claire, précise, et qu'on préférerait ne pas voir entachée. Alors certes, elle a été faite par un informaticien. Mais les problèmes de droit d'auteur dans l'art et la culture sont bien plus ancien que dans le logiciel. Si les artistes voulaient définir le mot "libre" à leur sauce, ils n'avaient qu'à prendre les devants, au lieu de vendre leur cul aux majors pendant des décennies tout en cherchant à s'attirer la compassion des fans en écrivant des chansons kidénoncentgrave contre l'industrie du disque.
Mes définitions : CC-*, c'est partageable. S'il n'y a pas de NC, c'est de libre diffusion. S'il n'y a pas de ND, c'est partageable-modifiable (j'ai pas trouvé moins moche comme terme :/ ). Le reste (BY, BY-SA et CC0), c'est libre.
Loi de Copyfight : Plus une discussion sur la légitimité du copyright dure longtemps, plus la probabilité qu'un défenseur de l'existence d'un fondement moral au copyright finisse par ramener le copyright à un problème purement pécuniaire s'approche de 1.
T'es tombé dedans, mon ami. :P
Justement, si des individus commencent à ressentir le besoin de créer des dérivés culturels, c'est que l'œuvre s'est suffisamment ancré dans la culture, non ?
Non, les exceptions au droit d'auteur n'existent pas toujours. Affirmer le contraire, c'est avoir un point de vue franco-français-du-21ème-siècle qui regarde son nombril.
Les exceptions au droit d'auteur n'ont pas toujours existé, n'ont pas toujours été les mêmes, n'existeront peut-être plus ou ne seront peut-être plus les mêmes demain. De plus, elles ne sont pas les mêmes selon les pays.
Un auteur consciencieux devrait indiquer explicitement dans une licence tous les usages qu'il autorise de son œuvre. Sans quoi cela revient à s'appuyer sur un contrat qui accorde des privilèges à certains individus et pas à d'autres, sur des critères comme le pays où ils vivent et l'époque à laquelle ils vivent.
Autre chose dérangeante dans les exceptions au droit d'auteur, c'est qu'elles ne sont pas claires. Nous, libristes, avons l'habitude d'accepter des licences claires et précises, si un droit est écrit dans des termes trop flous, on va considérer que ce droit n'est pas acquis (et accessoirement que l'auteur du logiciel se fout de notre gueule, lire la licence de Truecrypt pour avoir une idée).
Quand quelque chose n'est pas clair, on fait appel à un juge. Et c'est là que ça devient une histoire de fous : imaginons un auteur A qui publie une œuvre, un auteur B qui en fait une parodie assez controversée, et les deux se retrouvent devant un juge parce que A considère que B n'a pas le droit de faire une œuvre modifiée et B considère que son œuvre est une parodie, donc qu'elle est légale d'un point de vue copyright. Comme si le juge pouvait mieux savoir que A ce que A veut interdire sur son œuvre. Le juge accède à l'œuvre de B, et comme il a des talents d'analyse littéraire très poussés, il est capable de dire avec une précision et objectivité à toute épreuve que l'œuvre de B contient de l'humour et que celui-ci est effectivement parodique, ou pas. Et pendant ce temps B croise les doigts en se disant que si le juge se marre en lisant l'œuvre, c'est bon signe, si il ne se marre pas, c'est mauvais signe. Ça devient encore plus marrant quand l'un des deux protagonistes fait appel et que le deuxième juge dit le contraire du premier. Niveau clarté et objectivité on repassera.
Bref, si un auteur veut autoriser ou interdire un usage, qu'il le spécifie dans la licence. Qu'il ne sème pas l'ambiguïté en s'appuyant sur un droit d'auteur bancal ou en demandant à un magistrat de décider pour lui ce qu'il a envie qu'on fasse de son œuvre.