• [^] # Re: option 1 : les critiques

    Posté par . En réponse au journal Warsow, le pragmatisme versus la liberté. Évalué à 4.

    Tu donnes 4 exemple de jeux dont ni l'artwork, ni le code ne sont libres pour montrer que l'artwork devrait être libre. Ou alors j'ai rien compris :p

    Pour les œuvres dérivées de ces jeux, je dirais - au pifomètre, en me basant sur ma propre observation de la culture geek - que dans 1 à 5% des cas elles ont pu être réalisées grâce à l'accord explicite des ayants-droit, dans 10 à 30% des cas il s'agit d'une exception au copyright (fair use, parodie, etc.), et que dans 65 à 89% des cas il s'agit d'œuvres complètement illégales.

    Donc mis à part les 1 à 5% des cas dans lesquels je mets les gros projets qui ont coûté cher et rapporté des sous et ont permis d'obtenir une licence privée de la part des ayants-droits, je dirais que la plupart des œuvres dérivées de ces jeux ne respectent a priori pas la volonté des auteurs.

    Si ton commentaire vise à me faire découvrir que les privilèges intellectuels sur l'art n'empêchent pas les gens de créer des œuvres dérivées et de générer une culture, tu ne m'apprends rien, je le savais déjà. ;)
    Quand les gens ont envie de créer, ils créent, tout simplement. Il ne mettent pas leur cerveau en mode "juriste" pour savoir si ils ont le droit de faire quelque chose avant de passer leur cerveau en mode "créatif" et de se mettre à l'ouvrage : il suivent leur inspiration, tout simplement. Quand l'inspiration vient, on n'a jamais envie de se mettre dans la tête des barrière artificielles pour essayer de limiter notre pensée au seul cadre légal (voir cette conférence de Nina Paley sur le concept d'intellectual disobedience), il faudrait être fou ou juriste pour penser le contraire.

    Faire des artworks libres, ça ne permettrait pas de faciliter l'émergence de cultures (relis mon commentaire, ce ne serait pas plus facile de créer une nouvelle culture, ce serait moins discriminatoire), ça permettrait juste de rendre légal ce qui ne le serait pas si les artworks étaient proprios, d'une part, et d'autre part ça permettrait à la minorité de la population qui respecte le copyright à la lettre de ne pas être discriminée par le reste de la population qui, par effet de troupeau, les pousserait à se conformer à une culture qui leur est verrouillée. (Note : je parle de "minorité" et de "troupeau" mais je ne juge pas le fait de respecter le copyright ou de ne pas le respecter, je constate, juste.)

    Si ton commentaire vise à déplorer le fait que les œuvres libres aient un impact culturel bien inférieur aux œuvres propriétaires, sache que je le déplore moi aussi. Mais changer la culture est quelque chose d'extrêmement difficile, c'est comme si on voulait "réparer son cerveau" : on doit changer ce qui nous permet de penser en groupe, de nous exprimer et de nous comprendre. Rien que sur linuxfr, une des plus grandes concentrations de libristes au mètre carré, on trouve bien plus de références culturelles à La Classe Américaine et aux sketches des Nuls qu'à Mimi & Eunice et au Geektionnerd. Mais on avance petit à petit dans la bonne direction.

    Bref, la route est longue, mais la voie est libre.